13/12/2017

Budget cantonal 2018

Ainsi, j’apprends que le vote du budget dépend du vote des indépendants dont je suis ! Eh bien, cette responsabilité je l’assumerai en votant le budget. Non pas qu’il soit bon, (il est déficitaire), non pas juste parce qu’ayant rejoint les rangs du PDC, je soutiens le ministre en charge des finances, lui aussi PDC mais surtout parce que ça n’est pas le jour du vote final que l’on peut changer quoi que ce soit. On s’attaque certes à une subvention ou à l’autre, on refuse telle ou telle politique publique soit disant trop gourmande, on lance des piques émoussées sur le dos d’un budget en ayant déjà connu d’autres en commission des finances, bref on s’acharne sur la marge lors de la dernière ligne droite. Mais tout au long de l’année, le parlement vote allègrement des lois qui alourdissent la charge totale et personne ne bat le rappel pour sonner l’addition.

Cela étant, force est de constater qu’à Genève rien n’est simple et pour cause. On reproche à l’administration  cantonale d’être obèse,  mais on oublie qu’ici, c’est le canton qui  endosse 80% des responsabilités, alors qu’ailleurs les communes en assument au moins la moitié.  Genève dépense davantage par habitant mais gagne aussi davantage et donc contribue davantage à la péréquation cantonale sur laquelle on ne se prononce pas.  Enfin, la situation de canton frontalier entraine une concurrence exacerbée. Certes les salaires sont plus élevés mais aussi les loyers et le coût de la vie en général, davantage de personnes se trouvent larguées et donc dans le besoin d’être aidées. L’attrait économique exercé et voulu par Genève a un prix.

Genève illustre à son échelle notre problématique planétaire. A vouloir toujours plus pour toujours plus de monde dans un territoire aux ressources limitées est insensé et nous condamne à nous quereller jusqu’au dernier franc, au dernier mètre carré, à la dernière carotte. Il nous faudrait avoir le courage de remettre en cause notre modèle de croissance infinie dans un monde fini.

Je voterai un budget qui me déplait comme il déplait certainement à notre ministre des finances tout en appelant le Conseil d’Etat et mes collègues députés (qui contrairement à moi siègent en commission), à travailler ensemble et tout au long de l’année, à la maîtrise des effets induits par leurs décisions dans tous les domaines et à leurs coûts. Un budget n’est rien d’autre qu’une autorisation de dépense, il n’empêche aucunement de faire preuve de responsabilité  et pas seulement pour obtenir des comptes équilibrés.

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06/12/2017

Marre des baignoires !

Il y a un an je déposais une motion M 2360 « Pas d’autorisation de construire sans baignoire, ça suffit ! ». Cette motion invitait le Conseil d’Etat à revoir et simplifier la règlementation relative au logement en vue de permettre plus de liberté d’action et plus de flexibilité pour l’émergence de typologies de logements répondant aux besoins actuels, et d’encourager l’émergence de nouvelles formes d’habiter. Auditionnée au mois de janvier 2017 par la commission du logement, il me semblait que mes collègues députés et le département (DALE) avaient reçus avec bienveillance le texte. Que s’est-il passé depuis ? Rien. Rien du côté parlementaire mais sur le terrain, l’Etat continue à imposer les baignoires pour tous les appartements de 3 pièces et plus. La loi générale sur le logement l’impose encore et toujours à l’envers de toute considération environnementale, sociale ou économique. Et tant pis pour l’environnement si prendre un bain consomme plus d’eau et d’énergie*, et tant pis si notre population vieillissante se retrouve incapable de se laver correctement ou pire coincée dans la baignoire faute de pouvoir en sortir, et tant pis pour les coûts du logement car les baignoires coûtent plus cher que les douches, et tant pis pour la perte de l’espace dans les salles de bains qui sont déjà bien trop exigües.

Bref, la persistance d’un tel non-sens me fait bondir, et l’inertie du système m’enrage.

*30 l pour une douche, 200 l pour un bain et le double d’énergie est nécessaire pour chauffer l’eau d’un bain. Le prix d’une baignoire simple est au moins le double d’une douche.

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14/11/2017

A ne pas respecter ses propres règles, l'Etat se fait tancer une fois de plus par la justice

Début  2016, je déposais la motion M2316  N’opposons pas la construction de logements pour les réfugiés et la préservation des espaces verts. A propos de la construction de logements provisoires pour les réfugiés (village pour migrants) dans le Parc Morillon à Onex et d'une manière générale. Rejetée en commission, voir rapport M2316 A , le Grand Conseil a refusé cette motion le 2 mars 2017 (voir la vidéo de la session). Je présidais la séance ce jour là...

A la lecture des conclusions du tribunal administratif du 7 avril 2017,  je constate que les deux éléments qui ont prévalu à annuler l'autorisation de construire sont que les constructions prévues n'avaient pas un caractère provisoire et n'étaient pas de peu d'importance. Exactement ce que je disais dans ma motion :))) Je regrette qu'elle ait été rejetée aveuglément par le Grand Conseil à l'exception de l'UDC et du PLR qui, pour ce dernier, avait bien vu qu'il y avait un problème légal.
 
Nonobstant, l'Etat a recouru contre la décision du Tribunal du 7 avril 2017. Ce recours vient d'être rejeté à sont tour par le Tribunal administratif par décision du 31 octobre 2017. La justice a rejeté les arguments de l'Etat en soulignant une nouvelle fois que : La construction d'un village pour  migrants n'est pas une construction de peu d'importance, qu'elle n'est conforme ni au PLQ, ni à la zone, ni aux intentions de la commune telles qu'énoncées dans son plan directeur communal, etc. Résultat: toujours pas d'autorisation de construire pour le village de migrants.
 
Au lieu de s'obstiner à défendre l'indéfendable, l'Etat aurait dû se mettre au travail pour élaborer des plans en conformité (comme je le proposais dans ma motion). En suivant ainsi la procédure qu'il impose en matière de constructions aux autres requérants (pas d'asile mais d'autorisation de construire), il aurait permis au village de voir le jour et aux migrants d'avoir un toit....
 
A ne pas respecter ses propres règles, l'Etat se fait tancer par la justice,  ça devient une fâcheuse  habitude (voir mon blog précédent sur la gravière d'Avusy).

15:01 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

28/10/2017

Recyclage illégal de matériaux en zone agricole, est-ce au parlement d'assumer l'embarras du Conseil d'Etat ?

Telle est la véritable question que le Grand Conseil aura à se poser lors du traitement du projet de loi de déclassement PL11976A, comme le relate très justement la Tribune de Genève du 28 octobre 2017.

Au-delà du fait que je travaillais pour Pro Natura Genève qui s'était saisie du dossier au début des années nonante quand la commune d'Avusy et son maire de l'époque, André Castella, se battaient déjà pour faire respecter la loi et donc contre l'illégalité de l'activité de l'entreprise Maury à cet endroit;

Au-delà du fait que j'ai habité Athenaz et  que je connais très bien cette partie du canton appelée la Champagne, riche en biodiversité;

Quel que soit le dossier et les liens émotionnels que je pourrais avoir avec, en tant que députée, je me préoccupe avant tout du respect des lois.

Il s'avère que dans ce cas-là,

  • l'activité illégale a été constamment dénoncée (et confirmée par la justice) depuis les années nonante jusqu'à ce jour, 
  • le déménagement dans un site industriel, le Bois de Bay a été proposé par le Conseil d'Etat et validé en 2007 par le Grand Conseil, (Loi 8706)
  • les autres "recycleurs" de matériaux sont en zone industrielle et paient le prix pour y être (voir ci-dessous),
  • on créerait une zone industrielle en pleine zone agricole pour légaliser la présence d'une seule entreprise industrielle exerçant à cet endroit une activité illégale.
  • prétendre qu'il n'y a pas de place  pour que cette entreprise puisse exercer son activité ailleurs, alors  que cette même entreprise exploite l'immense périmètre de gravière ouvert entre Bernex et Aire la Ville... et qu'au Bois de Bay, précisément là où elle aurait du déménager depuis des années, la place pour l'accueillir est toujours vide...
  • etc. (je vous mets en pièce jointe la lettre de la commune d'Avusy transmise à tous les députés. Tout y est).

Que le Grand Conseil prenne, en validant la création de cette zone industrielle, toute la responsabilité de l'inaction du Conseil d'Etat "embarrassé par sa propre inaction", c'est tout de même un peu fort ! Mais  cette manière légiférer "a posteriori" n'est  hélas pas inhabituel de la part du Conseil d'Etat actuel.

Voyez  le cas de la prison de la Brenaz, la construction avait précédé le déclassement du terrain, déclassement que le Conseil d'Etat avait "oublié" de soumettre au Grand Conseil. Dans ce dossier, le Grand Conseil a refusé de cautionner les erreurs du Conseil d'Etat. Que fera-il pour la Sablière du Cannelet de l'entreprise Maury?

Il parait que la majorité de mes collègues députés sont prêts cette fois-ci à adosser la responsabilité du Conseil d'Etat, moi pas.

 

Voir l'article de la Tribune de Genève du 28 octobre 2017

Voir  le courrier envoyé par la commune d’Avusy le 29 septembre 2017 au Grand Conseil suite au dépôt par le Conseil d’Etat en 2016 du PL11976   déclassant le site de la Gravière Maury en zone industrielle:

Courrier complété par les informations ci-dessous reçues de la commune tout récemment:

"Par son refus de déménager au Bois-de-Bay, alors que le PL8706 le prévoyait, la Sablière du Cannelet et son propriétaire M. Maury ont économisé et économise chaque année CHF 255'200.- (25'520 m2  x CHF 10.-). Certains graviéristes/recycleurs paient en effet une location d'environ CHF 10.- le m2 par année et ont dû déposer des cautions de plusieurs millions auprès de l'Etat afin de garantir la conformité de leur travail et de leurs installations.

En cas de déclassement en zone industrielle, M. Maury réalisera une plus-value d'environ 3,6 millions de francs puisque ce PL11976 ne concerne qu'une seule personne / entreprise.

Monsieur Maury, propriétaire de la Sablière du Cannelet SA et propriétaire des parcelles visées par ce déclassement brandit fréquemment l’argument de l’emploi, arguant que quelque cinquante postes de travail devraient être supprimés si le PL11976 était refusé. Or il convient de relever que seules quatre ou cinq personnes travaillent sur le site occupé par la Sablière du Cannelet. Tous les autres employés dont il est fait mention sont des chauffeurs de l'entité "Maury Transport" et sont occupés également à d'autres tâches que celles accomplies uniquement sur le site de la Sablière du Cannelet SA.
En refusant de déménager au Bois-de-Bay, M. Maury a réalisé des économies substantielles pour son propre compte et ne s'est jamais préoccupé de la pérennité des emplois tout au long de ces années. Il est donc malvenu de sa part de mettre en avant l'argument du licenciement si le PL11976 devait être refusé.
Un déclassement dans de telles conditions pourrait créer un très dangereux précédent puisque tout propriétaire de zone agricole pourrait à terme revendiquer un déclassement en zone industrielle.

Je vous rappelle que la commune d’Avusy souhaite empêcher la pérennisation de l’exploitation industrielle de ce site agricole. Pour cela, la commune a toujours été ouverte à trouver une solution avec M. Maury allant même jusqu’à lui accorder une dérogation temporaire."

 

15:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6)

18/05/2017

Pardon

D’abord je n’ai pas voulu lire l’article qui s’étalait en une de notre Tribune. Je n’avais pas envie d’être confrontée à ce qui allait me faire mal. Alors j’ai pensé à vous qui n’aviez pas le choix de tourner la page et je me suis forcée à surmonter ma lâcheté. J’ai lu le compte rendu de ce deuxième jour du procès : préparation minutieuse de l’accusé, horreur absolue des faits, débats d’experts, paroles de pervers et diagnostic accroché à un mot, dont dépendra le verdict que l’on peut sans préméditation déjà annoncer s’éloigner d’un internement à vie aussi sûrement qu’Adeline ne reviendra jamais à la vie. Chère Famille, j’ai les yeux plein de larmes tandis que je vous écris, mais mon chagrin n’est rien face à votre souffrance. Si l’assassin a sa part de responsabilité, il n’est pas le seul. Nos trois pouvoirs se sont surpassés eux aussi pour remuer le couteau dans la plaie : lâcheté et absence totale d’autocritique de l’Etat ; double peine à laquelle vous a condamné la Justice en vous soumettant par deux fois à la douleur d’un procès ; mutisme du Parlement dont la commission d’enquête a jeté aux oubliettes son rapport sur l’assassinat de votre fille Adeline. Rien ne vous aura été épargné. Sans que je ne puisse rien y changer, je tenais néanmoins à vous présenter mes excuses en mon nom personnel, en tant que députée, citoyenne genevoise et ancienne habitante d’Avusy. Pardon.

Lettre  à la famille d'Adeline parue dans le courrier des lecteurs du 18 mai 2017

Courrier lecteurs Tribune_de_Genève__2017-05-18.pdf

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