26/01/2010

Des jeux c'est sûr, du pain peut-être

Devisés à 2 milliards de francs, les prochains Jeux olympiques qui auront lieu à Vancouver suscitent toujours un fort engouement. Quant au pain pour les Haïtiens, beaucoup moins. Avec les 334 millions de francs versés à ce jour, alors que 575 millions ne couvrent les besoins que de 3 millions d'habitants pendant 6 mois, on est même très loin du compte.

Malgré le nombre terrible de morts, il reste encore plus de 8,5 millions d'Haïtiens bien vivants. C'est eux qu'il faut aider à reconstruire leur vie, leur pays, leur terre nourricière : une tâche de longue haleine qu'il nous appartient à tous d'empoigner par solidarité pour la planète.

Pour ma part, je verserai l'équivalent financier de mes jetons de présence pour la prochaine séance du Grand Conseil à la Croix-Rouge. Je ne suis pas la seule mais j'aimerais tant que les 100 députés qui siègent avec moi fassent de même, et après eux ceux des parlements communaux, voire d'autres cantons, d'autres pays, du monde entier ! Cumulés ces sommes atteignent des centaines, puis des milliers, puis des millions... Un rêve ? Sans doute. Les jeux ont encore de beaux jours devant eux, on ne peut pas en dire autant des enfants d'Haïti.

François Mitterrand, sauf erreur, un jour a dit "Aider l'Afrique, c'est aider la France". Pensez-y, élus de tous les pays.

Christina Meissner, députée

08:06 Publié dans Politique | Tags : suisse, haiti, parlememt, aide | Lien permanent | Commentaires (1)

25/01/2010

Flirt du PS, un jeu dangereux pour les associations

Il y a toujours eu des politiciens proches voire même membres actifs d'associations, mais de là à ce que ce soit les associations qui fassent de la politique, il y a un fossé qu'il ne faudrait pas que ces dernières franchissent. Ce qui renforce la crédibilité des associations pour ceux qui soutiennent les causes qu'elles défendent, c'est justement d'être apolitiques. En flirtant avec le PS, les associations risquent de perdre des membres sans que le PS n'en gagne, sans compter le risque de perdre les subventions qu'elles touchent des collectivités publiques.

18/01/2010

Dérives bancaires : l'humain au centre ?

L'être humain est-il au centre des préoccupations du système bancaire américain ?

Oui, sans aucun doute à la lecture d'un article du Temps du 15 janvier 2010, mais probablement pas comme vous l'imaginez ...

Après la dérive des subprimes et autres joyeusetés, la dernière innovation du système bancaire américain est la spéculation sur les primes d'assurances vie. Elles sont rachetées de leur vivant aux bénéficiaires (en-dessous de la valeur d'assurance, mais au-dessus de la valeur de rachat auprès de l'assurance qui l'a émise). Ensuite, on minimise le risque en mélangeant le tout (un zeste de sidéens, quelques bons cancers, je vous rajoute un petit risque génétique pour diversifier le tout ...) et on peut proposer un produit dérivé aux investisseurs. Avec un risque mesuré de manière statistique parfaite, basé sur l'espérance de vie des patients ...

Ah, j'oubliais ... le risque, c'est que le patient vive trop longtemps et que le "pauvre" investisseur ne puisse pas maximiser son profit suffisamment vite ... et aussi que ce genre de produit financier devienne concurrent de la recherche et des progrès médicaux, ça pourrait sauver des patients et allonger l'espérance de vie ...

N'est-ce pas beau la déontologie bancaire ? Ah, pardon, excusez-moi, j'ai écrit un gros mot : "déontologie"

Je vous conseille la lecture de l'article complet sur le site du temps, c'est édifiant et choquant ! (attention l'article complet est sur trois pages)

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/4b8da798-0155-11df-85ae-714eb3841259|0

La sagesse populaire l'avait compris depuis longtemps : "l'argent n'a pas d'odeur ". On peut maintenant compléter par "pas même celle de la mort ..."

Par chance, cette pratique n'est pas autorisée chez nous. Mais pour combien de temps ? Une nouveauté américaine met toujours moins de 10 ans pour traverser l'Atlantique nord. Notre tour viendra donc bientôt, à moins que le mot déontologie existe dans le vocabulaire de notre continent, avec une vraie signification.