28/05/2010

Planète Terre, j'en achèterais bien une deuxième

Jane Goodall a rappelé le 26 mai lors d'une conférence émouvante aux Nations Unies, qu'au rythme de notre consommation actuelle, ce serait bien plus que 2-3 planètes dont nous aurions bientôt besoin. Mais nous n'en avons qu'une seule que nous malmenons partout et continuellement, prêts à prendre le risque de ne plus en avoir du tout. Cette grande Dame nous a aussi rappelé, ce que nous savions tous déjà, chacun d'entre nous pouvait agir localement et réduire ce consumérisme effréné aux conséquences désastreuses. Intellectuellement, on est tous d'accord, ... et devant l'étal du marchand on fait tout le contraire ! Le shopping est devenu LE loisir universel. A Genève, se construit un nouvel énorme temple de la consommation, IKEA, et à deux pas de Genève, un village de 90 magasins s'étalant sur 150'000 m2, verra le jour à Bellegarde. On n'est pas sorti du shop(ping) !

Mais je n'ai rien compris et Dame Goodall non plus car c'est oublier l'urgence d'aujourd'hui:  sauver l'emploi, donc construire et ... consommer davantage. La planète attendra, le paradis aussi.

26/05/2010

Champ Dollon explose, moi aussi !

L’article sur Champ Dollon, conjugué à l’interview du directeur de l’office fédéral des migrations ou à celui du procureur du canton de Neuchâtel concentrent à eux seuls toutes les frustrations sur une situation qui s’empire de jour en jour en matière de sécurité. J’exprime ici mon ras le bol face à la naïveté dont nous faisons seuls preuve.

« 37% des détenus restent moins que 8 jours à Champ Dollon, 10% 1 seule nuit ».

Donc 47% des prisonniers restent 8 jours au maximum. Malgré cela, « Avec la chaleur et les beaux jours les frustrations augmentent » ,..« Les prisonniers refusent de remonter dans leur cellule » et ce n’est pas la première fois. Il paraît qu’ «un plan se met en place avec mobilisation et moyens supplémentaires». Réponse disproportionnée alors qu'une solution  simple consisterait en la suppression de la promenade pour au moins les fauteurs de trouble voire même pour le 47% des prisonniers, ceux là restant moins 8 jours à l’ombre. Pas dramatique comme mesure pour un lieu qui ne devrait pas être un lieu de villégiature.

«Les trafiquants de drogue Africains et Albanais constituent 50% des prisonniers.» Soit il y a une quantité énorme de délinquants en tout genre qui alimente ce turnover incroyable, soit ce sont les mêmes qui aiment tant nos prisons qu’ils reviennent plusieurs fois remplir à craquer les cellules.

Solution gouvernementale "Cento rapido": voter un crédit d’urgence pour construire 100 cellules de plus pour 24,9 millions. Soit 249'000 francs par cellule ! A vrai dire ce ne sont pas les cellules qui coûteront cher, mais les salles de sport, de détente, d’informatique que, paraît-il, le droit fédéral nous impose. Au rythme actuel (500 détenus en 2008, 600 à mi 2010), avec 100 places de plus, on devrait être bon pour 18 mois avant de revoter 25 millions de francs pour 100 cellules de plus…

Le problème, n’est pas le besoin de salle de sport, mais le nombre de détenus par cellule ! C’est donc bien des cellules qu’il faut construire pour que la majorité de prisonniers retrouve un peu de place dans les leurs et pour laisser les poches du contribuable souffler un peu.

A propos, combien coûte un prisonnier aux Genevois (qui attendent que l’on se préoccupe de construire pour eux aussi un logement, qui cherchent du travail, ont des enfants qui mériteraient de bonnes conditions d’enseignement, ou un parent malade sur un lit d’hôpital, ou en attente d’une place en EMS.) Ou sont nos priorités ?

Sur la sécurité bien sûr. « On a vu arriver 120 détenus de plus à Champ Dollon en 4 mois ». Et le travailleur de Champ Dollon de dire que l’opération menée actuellement par la police pour sécuriser nos rues est une erreur. Mais quel message passons-nous si l’on n'incarcère pas les trafiquants de drogue (qui constituent 50% des prisonniers) ?

La réponse se trouve un peu plus loin dans la Tribune, selon le directeur de l’office fédéral des migrations «95,5% des requérants nigérians utilisent la filière de l’asile pour s’adonner à des activités illégales, dont le trafic de drogue ».

Toujours dans le même journal, décidémment très instructif, le procureur du canton de Neuchatel avoue que «jusqu’à une peine de 6 mois, le Code pénal nous force à infliger des jours-amendes. Inutile de dire que c’est de la rigolade pour les délinquants.» et que « les peines de travail ne peuvent être infligées que si la pesonne l’accepte.» L’accepte ?

Le problème est bien là :

Notre droit pénal n’est pas assez ferme, et cela se sait à l’Est comme au Sud.

Tant que l’on relâchera dans la rue les requérants d’asile en attendant de s’occuper d’eux, une part succombera à la tentation du deal, de l’argent facile et viendra remplir nos prisons, une fois, deux fois, trois fois. A ce jeu là, c’est fatalement l’arrêteur et non l’arrêté qui finit par se lasser, et cela se sait.

Tant que les prisons seront accueillantes et elles le sont encore, même dans des conditions de surpopulation carcérale chronique, elles ne feront pas peur à tous ceux pour qui «ailleurs c’est pire».

Le jour où nous aurons le courage d’accepter le principe même de centre de détention, l’eldorado helvétique et ce faisant genevois, en prendra un coup et deviendra subitement moins attirant.

Le jour où nous aurons renforcé notre droit pénal, allongé les peines pour les récidivistes et obligé véritablement les condamnés à payer leurs dettes envers la société par un travail concret au service de cette dernière, les délinquants réfléchiront à deux fois avant de recommencer leurs méfaits.

Soyons clair, il ne s’agit pas d’un message haineux contre les étrangers. J’ai toujours aimé le côté multiculturel de Genève, et jamais souhaité la fermeture des frontières (un contrôle à ces dernières, si). Genève a une tradition d’accueil mais elle s’adresse aux étrangers qui respectent nos lois.

Celui qui véritablement souhaite intégrer notre pays, qui aura dans son propre pays subi l’innommable, comprendra qu’il faille montrer patte blanche avant d’entrer, histoire qu’une fois dedans, il ne se retrouve pas à nouveau en enfer.

25/05/2010

Est qui rit, Ouest qui pleure

De retour d’un voyage en Pologne, au demeurant fort instructif, la lecture de rattrapage de la presse m’a écoeurée. L’image qui ressort de la Suisse et de Genève est effrayante. Hélas, il ne s’agit pas juste d’une peinture impressionniste, la réalité est là, sous nos yeux, chaque jour. Nous a-t-elle rendus aveugle ?

Gangs et bande sorganisées se défoulent sur nos biens et nos citoyens, l’incivisme souille les places publiques d’immondices, la mendicité s’organise, l’Islam progresse masquée, et la prison débordée menace d’imploser. En Pologne, on se marre de notre naïveté face à l’Europe, face aux mendiants, face aux profiteurs de tous bords. Les tourments de l’histoire (faut-il réellement en passer par là ?) ont fait comprendre à cet ancien pays de derrière le rideau de fer, qu’une alliance à l’Europe, pouvait rapporter gros. Classé pays pauvre, la Pologne bénéficie pour tout projet, qu’il s’agisse d’environnement, de culture ou d’infrastructures d’une manne européenne très, très, très généreuse. Et tout le monde en profite, à tel point qu’aujourd’hui, l’élève a dépassé le maître. La Pologne a pris 15 ans d’avance et son économie est l’une des plus dynamiques d’Europe : les routes neuves se multiplient, les sites naturels souffrent mais des ponts biologiques sont intégrés aux ouvrages (règlementation européenne aidant), gratte-ciels et architectures futuristes métamorphosent le ciel de Varsovie, les quartiers gris et insalubres disparaissent mais les sites historiques urbains sont préservés et restaurés avec goût et audace, la propriété individuelle connaît une nouvelle jeunesse, les magasins débordent de produits et sont ouverts 7/7 jusqu’à 21h au moins, les WC sont impeccables et modernes, les murs et les rues propres. Cette vision « touristique » n’est sans doute pas celle de toute la Pologne, mais à Genève, nous ne sommes même plus capables de donner le change au visiteur qui ferait d’ailleurs mieux de surveiller ses poches…

En prenant tout ce qui était bon à prendre de l’Europe de l’Ouest, la Pologne a agi en pensant d’abord à son intérêt national. Et elle a eu raison. L’adhésion à l’Europe lui offrait un gain économique net. Pour la Suisse, considérée comme riche, le résultat serait tout autre. Gardons-nous de venir alimenter les caisses sans fond de l’Europe.