09/06/2010

Brisons les idées reçues sur la zone villa

Entre le projet d’agglomération, la révision du plan directeur cantonal, les projets de  modification et de déclassement de zones, tout bouge sur le territoire genevois et la zone villa, objet de bien des convoitises, n’est pas épargnée.

A l’heure du « tout pour le logement », il est devenu politiquement incorrect de vivre dans une maison individuelle, pas n’importe laquelle, celle du petit propriétaire ayant investi la plupart de ses économies dans la pierre, vivant en général dans la zone urbaine ou suburbaine, sur une parcelle plus proche de 850 m2 que du 1750 m2. Des propriétaires qui habitent sur la rive droite soit des communes qui, en matière de construction d’immeubles locatifs, ont déjà donné (Onex, Vernier, Meyrin, Lancy, …). Des propriétaires qui vivent depuis longtemps à Genève, qui y travaillent et y paient leurs impôts. En somme, une classe  moyenne trop pauvre pour s’acheter un appartement à Genève et trop riche pour bénéficier des aides au logement. Rien à voir avec ceux de « l’autre zone villa », la plus importante en superficie, celle des bords du lac et des riches coteaux de la rive gauche (Cologny, Vandoeuvres, Collonge-Bellerive, …), qui ne risque pas le déclassement et dont les  habitants peuvent dormir tranquilles.
Alors d’accord pour assouplir les normes de construction en zone villa pour permettre aux enfants des propriétaires de rester auprès de leurs parents. Au-delà du gain d’espace, c’est aussi celui d’une économie de déplacements, d’une aide intergénérationnelle qui se passe du soutien de l’Etat et du maintien d’une qualité de vie familiale bienvenue.


Mais de grâce, avant de construire aux forceps par des moyens dignes du communisme la Genève d’1 millions d’habitants, merci de demander aux Genevois leur avis de manière démocratique !

 

PS Quelques précisions pour ceux qui ne verraient les choses que de l'extérieur ...oui j'habite en couple dans une villa, construite avec mes parents en 1969 à force de poignets et non de moyens. Travaillant à la maison, c'est aussi mon bureau. Etant une des seules à le faire Genève, c'est aussi un centre réhabilitation pour les hérissons. Enfin, c'est aussi le pied à terre d'un ami genevois qui partage sa vie entre Genève et l'étranger.

Commentaires

Entièrement d'accord avec vous, les zones villa ne concernent de loin pas que les nantis et sont pour Genève une zone de poumon vert, de tranquillité et surtout de mixité "urbaine" indispensables et vitales pour la diversité du paysage. Le lieu commun souvent véhiculé par les médias et les responsables de l'urbanisme du Canton de Genève est de dire que ce sont des privilégiés qui occupent un espace (pourtant privé) mais alors que penser des jardins collectifs qui ne sont jamais remis en cause par les Autorités, les urbanistes et qui occupent des espaces (publics) en ville notamment à Châtelaine parfois très importants et ne sont utilisés que par quelques familles. Ces zones pourraient se retrouver à la périphérie en zone agricole sans problème. Pourquoi à Genève admet-on des propriétaires par PPE et non pas des propriétaires de villa ? Pourquoi les services de construction et d'aménagement du territoire s'attaquent-ils systématiquement aux zones villa. L'élévation des immeubles et la construction d'immeubles neufs plus hauts pourraient être une sorte de densification urbaine. Pourquoi l'immense zone du PAV n'est-elle pas encore attribuée à des logements ? Que font tous ces fonctionnaires urbanistes et aménageurs du territoire pour simplifier les procédures afin que les investisseurs puissent revenir sur Genève et construire car c'est aussi cela la réalité de Genève. Pendant des décennies à cause de tracasseries et lenteurs administratives, de frein politique (ASLOCA) et de pensée idéologique (logement social contre logement tout court), le Canton a perdu la bataille de la construction de logements et a fait fuir les gros investisseurs. Genève n'a fait qu'externaliser son logement et maintenant s'attaque aux plus vulnérables. Les propriétaires de villas doivent s'insurger contre cette politique urbanistique qui passe par la simplification du problème. Qu'ils trouvent d'autres moyens et solutions ?

Écrit par : demain | 10/06/2010

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