23/06/2010

La belgitude nous guette

« On ne peut plus continuer comme ça. Le pays est bloqué depuis 3 ans. Les partis traditionnels ne se mettent d’accord sur rien…. Ce que nous voulons, c’est une Belgique qui fonctionne. » De tels propos, on peut les entendre aussi dans les rues de notre pays.

Les membres du Conseil fédéral parlent-ils encore ensemble ? Ont-ils encore une vision politique commune  ou une vision politique tout court ? Et les partis, savent-ils encore faire autre chose que d’attiser le feu ?  La victoire du N-VA, parti autonomiste flamand et les réflexions belges devraient nous faire réfléchir.

Au risque démenti de scission du pays qui depuis trop longtemps s’entredéchire et se cherche une identité nationale (mais qui croit encore aux démentis ?) d’autres opposent une opportunité de mettre enfin tous les politiques face à leurs obligations. Et d’imaginer même une coalition des extrêmes (N-VA et PS) rendue inévitable par le vote sanction du peuple. (mais qui croit encore à la coalition UDC et PS après le fiasco du vote sur l'UBS ?  Voir commentaire ci-dessous)

Ici aussi les politiques, trop occupés à se chercher des noises, oublient que le peuple les a élu afin qu’ils trouvent des solutions aux problèmes de logement, d’emploi, de transport, de sécurité, d’intégration, de qualité de vie, etc. Montrons-nous capables d’écouter l’autre, de communiquer et de travailler ensemble pour le meilleur et non pas pour le pire. Il est urgent d’éviter la belgitude.

 

Le fiasco du vote sur l'UBS

La Confédération se tient à disposition des autorités fiscales américaines pour examiner et traiter de demandes administratives complémentaires « si ces demandes se fondent sur un ensemble de circonstances et de faits équivalents à ceux de l’UBS. » Vous l'avez deviné, cet extrait est tiré de l’accord UBS/Etats-Unis signé par la Suisse. La suite est donc annoncée par les Etats-Unis. Inutile d’être devin pour s’imaginer que bien d’autres pays, ne manqueront pas de s’engouffrer dans la brèche ouverte et acceptée par le Conseil national la semaine passée. Les Etats Unis et l’UBS ont gagné à cause de l’abstention de l’UDC. Le parti du peuple s’inclinant devant la grande finance ? Le parti de l’indépendance de la Suisse, s’inclinant devant une puissance étrangère ? Où est la fière et insoumise UDC qui seule contre tous se battait contre l’adhésion à l’Europe ? On nous prédisait alors un avenir encore bien plus sombre qu’en cas de refus de l’accord avec les Etats-Unis. Mais l’UDC a cru en la Suisse et ne s’est pas laissé impressionner, le peuple l’a suivi et la Suisse a vécu depuis 1992 dans la prospérité.

Aujourd’hui, l’UDC a plié, face aux pressions et à la logique froide de la finance. Elle, le parti du peuple, ne l’a pas écouté et n’a même pas voulu que ce dernier s’exprime.

La droite portera la responsabilité de cet accord et l’UDC avec, à l’exception remarquable de quelques courageux collègues qui ne se sont pas laissés impressionner, qui ont refusé de retourner leur veste face au diktat zurichois, et qui ont voté non avec… les socialistes.

22/06/2010

Cétacé, le huis clos n’augure rien de bon

Le huis clos, au lieu de calmer les esprits ne fait que les échauffer. On l’a vu vendredi à Genève pour l’affaire Kadhafi. J’ai naïvement pensé que le huis clos avait été décidé par les chefs de groupe pour éviter de mettre de l’huile sur le feu en discutant ouvertement d’une motion MCG alors que l’affaire doit encore être jugée par un tribunal et que la partie peut avoir des conséquences très graves. Après avoir vécu ce huis clos et ses suites immédiates, force est de constater que l’objectif est loin d’être atteint. La discussion avortée en huis clos a laissé plus d’un parlementaire frustré et amer ; la déclaration du président, au nom de tous soi disant, mais dont nous n’étions pas au courant, nous a laissé pantois. La méthode n’a pas fait taire le MCG, bien au contraire, on n’a pas fini de laver notre linge sale sur la place publique. Vendredi, la démocratie directe à pris un sale coup, Kadhafi est bien le seul qui doit en rire.

Reste à espérer que les cétacés, dont la chasse se décide à huis clos aujourd’hui lors de la 62e session de la commission baleinière, aient pour les défendre des partisans aussi pugnaces que certains de nos politiques à Genève. Personnellement je leur enverrai bien notre « Stauffer », quitte à risquer la guerre de la baleine avec le Japon, la Norvège et l’Islande.

18/06/2010

Business as usual

La demande d’urgence pour la M1955 « Préservons la biodiversité dans l’espace urbain » a été refusée par le Grande Conseil.

Il fallait être naïf comme une novice pour croire un instant que demander l’urgence pour la préservation de la biodiversité dans notre espace urbain, passerait la rampe au parlement ce jeudi 17 juin. Face aux heures d’ouverture des magasins (LHOM), la nature n’avait aucune chance. En a-t-elle d’ailleurs encore une dans notre monde où la valeur se compte en espèces, celles qui sonnent et trébuchent. A l’instar des crevettes du golfe du Mexique, ou du thon rouge de Méditerranée, la nature à Genève attendra, priorité au commerce.

La Biodiversité peut attendre.pdf

09/06/2010

Brisons les idées reçues sur la zone villa

Entre le projet d’agglomération, la révision du plan directeur cantonal, les projets de  modification et de déclassement de zones, tout bouge sur le territoire genevois et la zone villa, objet de bien des convoitises, n’est pas épargnée.

A l’heure du « tout pour le logement », il est devenu politiquement incorrect de vivre dans une maison individuelle, pas n’importe laquelle, celle du petit propriétaire ayant investi la plupart de ses économies dans la pierre, vivant en général dans la zone urbaine ou suburbaine, sur une parcelle plus proche de 850 m2 que du 1750 m2. Des propriétaires qui habitent sur la rive droite soit des communes qui, en matière de construction d’immeubles locatifs, ont déjà donné (Onex, Vernier, Meyrin, Lancy, …). Des propriétaires qui vivent depuis longtemps à Genève, qui y travaillent et y paient leurs impôts. En somme, une classe  moyenne trop pauvre pour s’acheter un appartement à Genève et trop riche pour bénéficier des aides au logement. Rien à voir avec ceux de « l’autre zone villa », la plus importante en superficie, celle des bords du lac et des riches coteaux de la rive gauche (Cologny, Vandoeuvres, Collonge-Bellerive, …), qui ne risque pas le déclassement et dont les  habitants peuvent dormir tranquilles.
Alors d’accord pour assouplir les normes de construction en zone villa pour permettre aux enfants des propriétaires de rester auprès de leurs parents. Au-delà du gain d’espace, c’est aussi celui d’une économie de déplacements, d’une aide intergénérationnelle qui se passe du soutien de l’Etat et du maintien d’une qualité de vie familiale bienvenue.


Mais de grâce, avant de construire aux forceps par des moyens dignes du communisme la Genève d’1 millions d’habitants, merci de demander aux Genevois leur avis de manière démocratique !

 

PS Quelques précisions pour ceux qui ne verraient les choses que de l'extérieur ...oui j'habite en couple dans une villa, construite avec mes parents en 1969 à force de poignets et non de moyens. Travaillant à la maison, c'est aussi mon bureau. Etant une des seules à le faire Genève, c'est aussi un centre réhabilitation pour les hérissons. Enfin, c'est aussi le pied à terre d'un ami genevois qui partage sa vie entre Genève et l'étranger.