19/07/2010

Un cluster de medtech... les termes sont anglo saxons, les entreprises, appartements et jobs aussi !

Un francs suisse stable, une économie florissante, des conditions fiscales attractives, des charges sociales raisonnables, un cadre de vie agréable situé au centre le l’Europe et relié au monde entier. Notre magnifique région n’est pas prête de perdre l’immense popularité dont elle jouit. Quoi qu’on en dise, nos atermoiements sur les minarets, notre non adhésion à l’Europe, nos projets d’agglo et autres « genevoiseries », le monde s’en fout, seul le business compte.

Un cluster de medtech extrêmement performant, derrière ces mots tirés d’un article de la Julie du 19 juillet, se cache une région, la nôtre, devenue la référence mondiale en matière de technologies biomédicales innovantes. La liste d’attente des entreprises souhaitant s’installer se décline en dizaines, les emplois en centaines et le chiffre d’affaires en milliards. Idem pour les commodities , le trading, etc.

Il ne faut pas se leurrer, si les termes sont anglo-saxons, les entreprises, les appartements et les jobs le seront aussi ! Depuis le début de l’année, le nombre de permis frontaliers accordés a augmenté de 300% (440 au premier semestre 2009 contre 1’300 en 2010). Quant à la population résidente, elle a augmenté durant ce même premier semestre 2 x plus vite qu’en 2009, qui explosait déjà les records et pas à cause des naissances ! Alors, quand le gouvernement dit qu’il veut doubler le nombre de chômeurs placés par l’Etat et construire du logement pour les genevois, c’est un miroir aux alouettes où seuls quelques pigeons se verront plumés de leurs derniers deniers.

06/07/2010

Voulons-nous une armée de pros qui coûte plus cher?

Le GSSA vient de lancer une nouvelle initiative, remplacer l'armée de milice par une armée de professionnels. Idée relayée aujourd'hui par la Tribune mais sans qu'il ne soit à aucun moment fait mention du coût de cette armée de pro. Et pourtant tout est là:

Avec le budget actuel de l'armée de milice vous avez le matos et les hommes pour 3,7 milliards de francs.

Partant du principe qu'un professionnel coûte environ 150'000 CHF (charges sociales de l'employeur comprises) et qu'il faut bien réserver la moitié du budget pour équiper les troupes et en assurer le fonctionnement, l'armée de pros qu'on nous propose et composée d'environ 12'000 hommes, contre 200'000 aujourd'hui.

12'000 hommes, 200'000 hommes mais pour faire quoi ? On pose la question du modèle d'obligation de servir alors que la question à laquelle il faut répondre est : quelles sont les missions et les prestations que l'on  attend de l'armée pour faire face aux risques et dangers d'aujourd'hui. En fonction de ces réponses en découleront les moyens à mettre en oeuvre et donc les effectifs nécessaires et donc le modèle d'obligation de servir en découlera de fait.

Le choix de l'indépendance de la Suisse passe aussi par là. Une armée de 12'000 hommes n'a de sens que dans le cadre d'une alliance des forces qui dépasse largement nos frontières. Je ne suis pas sûre que nous soyons politiquement prêts à ce choix, d'ailleurs serait-il moins cher ? Le niveau d'exigence de dépenses militaires au sein de l'OTAN est de 2% du PIB, aujourd'hui, la Suisse n'en dépense que 0,9%  pour son armée.

Aux politiques de prendre leurs responsabilités et de répondre clairement à cette question. Pour ma part, l'armée de milice garde tout son sens.