14/09/2010

Lier emplois et logements, la recette impossible

Un franc suisse stable, une économie florissante, des conditions fiscales attractives, des charges sociales raisonnables, un cadre de vie agréable situé au centre le l'Europe et relié au monde entier.

Notre région n'en finit pas d'attirer quantité d'entreprises et quantité de travailleurs.  Depuis le début de l'année, le nombre de permis frontaliers accordés a augmenté de 300% (440 au premier semestre 2009 contre 1'300 en 2010). Quant à la population résidente, avec près de 6'000 personnes de plus depuis le début de l'année, Genève a accueilli deux fois plus de personnes qu'en 2009 et ce n'est pas fini.

Forcément, la construction de logement (1200 en 2009) n'arrive pas à satisfaire la demande. Les prix des terrains grimpent et ceux du logement aussi.

Ce déséquilibre chronique entre emplois et logements, creuse l'écart entre riches et pauvres et laisse la classe moyenne est exsangue.

Pour financer le filet social de plus en plus nécessaire pour pallier la précarisation de la population, Genève accueille toujours plus (de riches entreprises ou personnes) et maintenir ainsi à flot un canton qui sombrerait autrement bien vite dans la pauvreté.

Le cercle est infernal ! On ne peut pas attendre qu'il s'arrête avec la disparition du dernier mètre carré vert ou la colère grandissante d'une population autochtone laissée pour compte.

En tant que genevoise soucieuse du bien être des habitants du canton et de la préservation de notre milieu naturel, la croissance démographique et ses corollaires : crise du logement et urbanisation, m'interpelle. En tant que députée au Grand Conseil,  je cherche depuis des mois, sans doute comme d'autres,  LA solution.

Au mois de juin, j'avais trouvé ! Lier l'emploi au logement. Ne pas construire d'avantage de bureaux mais davantage de logements. Et pour rattraper le retard faire en sorte que :

-      la moitié des nouveaux logements construits soit destinée aux résidents,  le nombre de nouveaux permis de travail accordés ne pouvant pas dépasser par année  la moitié du nombre de logements créés l'année précédente.

J'étais plutôt fière de mon projet, j'ai vite déchanté.

La législation en vigueur, qu'elle soit cantonale ou fédérale et les accords bilatéraux, ne laissent aucune marge de manœuvre : nous n'avons tout simplement pas le droit de restreindre les permis de travail en fonction de la disponibilité des logements sur notre territoire.

Les accords bilatéraux nous interdisent de lier l'emploi (permis de travail) au logement et nous obligent à accueillir toute personne qui obtiendrait un travail sans se préoccuper de savoir s'il a trouvé un toit et où ce toit se situe.

Dura lex, sed lex

 

Commentaires

Faisons le point du logement:
En laissant de côté :
-ceux qui sont propriétaires depuis plusieurs décénnies en zone villa ( harcelés par la Gauche et les Verts) ou dans des appartements
- ceux qui ont les moyens d'acheter rubis sur ongle
-ceux qui sont locataires de très longue date,
-ceux qui ont droit aux logements sociaux,
- ceux qui sont au bénéfice de logements acquis grâce aux coopératives ou associations donc collés au territoire et au bénéfice de réseaux spéciaux (architectes,construction ou parti politique)
Il nous reste une frange de la population pénalisée par cette crise du logement.
-Ce sont les nouveaux venus de la classe moyenne à moyenne supérieure sur le marché du logement,
-les jeunes qui n'ont pas droit à une aide,
-ceux qui veulent fonder une famille et doivent impérativement déménager
-ceux qui ont du partir à un moment ou l'autre du Canton pour des raisons professionnelles.
A cette crise du logement, s'ajoute celle de l'endettement des ménages sur le Canton.
En effet :
Le prix d'une villa avvoisine les 1.5à 2.5 millions selon la localisation, la grandeur et la qualité.
Le prix des appartements varie entre 800 000 Frs à 1.5 million. C'est une estimation.
Ceux qui n'ont pas assez de budget, sont partis sur France et Canton de Vaud.
A cette crise s'ajoute celle de la gestion de l'immobilier à Genève avec :
-une gestion calamiteuse de l'immobilier de la Ville de Genève qui n'indexe pas les loyers de manière correcte et fait payer des charges de surveillance au frais de la princesse
-les multinationales ou privés qui louent appartements avec un faible taux d'occupation
- les propriétaires qui hésitent à louer (l'ASLOCA a fini par miner le terrain) et préfèrent garder des
appartements vides
-des sous locations à prix d'or
- des procédures administratives lentes et dissuasives avec des délais de permis et autorisations de construite trop longues, des oppositions, des blocages de toute sorte......
-Et enfin les administrations cantonales et les Elus qui donnent le mauvais exemple en occupant le mètre carré le plus cher au lieu de le rentabiliser.
Une fois toutes ces constatations réunies, on comprend mieux la situation calamiteuse de Genève en matière de logements.

Écrit par : Sirène | 14/09/2010

Le diagnostic est effectivement pertinent : Genève attire plus de 10 000 nouveaux habitants à coup d'exonération quasi total d'impôt sur les sociétés. Mais ne construit que 1230 logements par an. Comme les expatriés ont les moyens de surenchérir ce sont les Genevois qui doivent s'exiler dans le Genevois français.

En premier lieu il faut que les politiques d'expansion économique et d'urbanisme soient cohérentes. Cessez donc d'offrir des conditions fiscales aux sociétés étrangères que vous ne proposez même pas aux entreprises genevoises. Genève peut très bien croitre en s'appuyant sur ces propres entreprises plutôt que de faire venir des entreprises et des salariés d'ailleurs. Genève peut créer des emplois qui correspondent aux qualifications des chômeurs Genevois plutôt que de faire venir des emplois à très forte valeur ajoutée qui nécessiteront de faire venir les personnes pour les occuper. Pour que les politiques économiques et d'urbanisme soient cohérente il suffit de maitriser un peu l'attractivité économique et fiscale de Genève.

Ensuite, il est parfaitement possible de le faire aussi au travers de l'aménagement : les surfaces destinées aux entreprises et les surfaces destinées aux logements doivent permettre qu'il y ait un logement pour un emploi. Cela est parfaitement possible et pourrait même être dans la future constitution.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 15/09/2010

... j'ajoute également une idée supplémentaire. La fiscalité locale et la péréquation entre les communes genevoises incitent tout particulièrement les communes à accueillir des entreprises et surtout pas de nouveaux habitants. Changez celà et du jour au lendemain les communes accepteront de construire des logements et ne seront plus autant volontaires pour accueillir de nouvelles entreprises.

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 15/09/2010

Genève dans le dernier classement international d'UBS se situe avec Zurich comme les villes les plus chère du monde juste après Sydney. Genève doit sa cherté spécialement à cause de ses loyers....

Écrit par : Suissitude | 15/09/2010

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