21/05/2011

La nature n'est pas à la fête

La biodiversité disparaîtrait moins vite qu'on ne le pensait.  De nouveaux savants calculs d'experts le prouvent et trouvent même que c'est une bonne nouvelle. A mon avis, que l'on fonce à 60 ou à 100 km/h, ne change pas grand-chose, on va quand même droit dans le mur.

Totalement déconnecté de la réalité, immergé dans son monde virtuel, l'homme moderne modélise par écrans interposés sa propre extinction et s'en réjouit.

Un tel exploit mérite d'être célébré, et ça tombe bien, c'est la fête à la nature !

DSC01271.JPG.jpgQuoiqu'en disent les experts, la nature, elle, disparaît, loin des yeux, loin du cœur... Rares sont en effet les espèces sauvages qui parviennent à s'adapter et à partager notre mode de vie qui leur est de plus en plus hostile. Quant à celles qui s'y aventurent, elles y succombent trop souvent sans qu'il n'y ait personne pour s'en apercevoir.

Avant de disparaître sur le terrain, c'est faute de l'avoir revue qu'on perd la nature. Alors, pour ne pas l'oublier, allez réapprendre ou apprendre la joie de l'observation de toutes ces espèces qui côtoient notre quotidien, malgré tout, c'est essentiel.

Moi, pour ce jour là, je vous offre quelques chroniques hérissonnes.

 

11/05/2011

Croître ou périr ? La réponse d'une pisse-froid de la décroissance

Croître ou périr  ?  Mark Muller, notre président du Conseil d'Etat, et les patrons genevois, de concert, nous prédisent le pire si nous ne choisissons pas "une croissance sans concession".  Et de désigner les coupables qui n'adhèrent pas à la doctrine :

  • Mark Muller dénonce les communes, et menace de redéfinir les compétences de celles-ci, histoire d'avoir une fois pour toutes les coudées franches.
  • Les patrons eux, désignent "les pisse-froid de la décroissance, une cohorte d'opposants aux motivations contradictoires"

Le futur ? C'est le plan directeur cantonal 2030 qui le dessine : + 100'000 habitants pour Genève (et + 100'000 pour la France voisine) d'ici 2030 à caser sur les petites maisons de la couronne suburbaine, sur la zone villas (des communes suburbaines aussi pas celles des riches communes où l'usage individuel de milliers de m2 n'est pas remis en cause) et sur la terre agricole.  Et le conseiller d'Etat Mark Muller de prétendre que c'est pour "permettre aux Genevois de rester à Genève". Or, ces fameux Genevois que Mark Muller veut conserver, ils habitent justement là où le canton veut densifier, urbaniser, bétonner !

Penser l'aménagement du territoire en trois dimensions*, voilà ce que devrait nous proposer le futur plan directeur cantonal, mais non, on planifie l'utilisation du sol en surfaces et non en verticalités, une fois de plus, une fois de trop.

Croître ou périr ? A vaincre sans bataille on triomphe sans gloire. Je ne laisserai pas ce plaisir à ceux qui prônent la croissance sans concession. En tant que Pic-Vert, conseillère municipale et députée, je me battrai 3 fois pour défendre ceux qui à l'évidence ne se retrouvent pas dans ce futur plan directeur cantonal.

*Aucun sous sol ou toit ne devrait rester sans usage dans les zone urbanisées. Plutôt que des parkings en surface, les mettre en sous-sol, plutôt que de remplir les zones industrielles de dépôts à 2 étages, permettre l'usage commercial des étages supérieurs, voir placer bureaux et industries au dessus des autoroutes plutôt que sur des terres agricoles. Utiliser les toits d'usine pour accueillir des cultures hors sol, au lieu d'être placées comme à Veyrier ou à la plaine de l'Aire sur de bonnes terres cultivables. Et pourquoi pas y mettre sur ces toits des terrains de foot aujourd'hui trop souvent en revêtement  synthétique. Pour le multi-usage les idées ne manquent pas !

 

10/05/2011

Cherpines, dire non pour que le gouvernement nous prenne en considération

Il y a 12 ans, j'approuvais dans le cadre de la commission d'aménagement du territoire, le plan directeur cantonal 2001 qui préconisait entre autres, le déclassement des Cherpines. A l'époque, on envisageait une croissance modérée et des déclassements ciblés pour y répondre.

Les dix années qui ont suivi l'adoption du plan directeur 2001 ont bouleversé toutes les prévisions. L'ouverture des frontières, l'attrait fiscal et l'effet « boule de neige » ont fait exploser le nombre de nouveaux venus. Dotés de moyens dépassant largement ceux des résidents, hedgefunds, traders en tous genre, multinationales, fondations, et bien d'autres entreprises plus discrètes mais non moins bien dotées, se sont précipités  à Genève et dans leur sillage, leurs employés venus d'ailleurs. Acculé par des prix prohibitifs, le genevois s'est retrouvé contraint à l'exil, expulsé par le congé-vente ou la vente contrainte.

Dire oui aujourd'hui au Cherpines, c'est accepter que cette situation discriminatoire perdure et empire. Car plus on construit, plus on attire du monde. La libre circulation nous asphyxie à coups de bouchons et nous expatrie à coups de béton. Exit le Genevois.

Les 3000 logements des Cherpines, ne suffiront même pas à couvrir les besoins des nouveaux arrivants annuels.  Déclassera-t-on 58 hectares annuellement ? Sous couvert de densification de tout ce qui est construit ou constructible, c'est exactement ce que prévoit de faire pour les 30 prochaines années le nouveau plan directeur cantonal. Mais au final, il y aura toujours un déficit de logement. Les flux migratoires se poursuivant de plus belle, il faudra encore déclasser pour le besoin des autres.

Alors que dire non aux Cherpines, c'est contraindre le gouvernement à mesurer l'ampleur du désarroi du genevois moyen, c'est le forcer à trouver des solutions privilégiant d'abord ceux qui durant des années ont construit Genève tout en contribuant à préserver la qualité de vie. Une qualité (de vie) qu'à force de vendre au plus offrant, le gouvernement actuel nous fera perdre à tout jamais.

Le 15 mai 2011, je dirai non aux Cherpines.

 

11 mai: Parce que la préservation des terres agricoles est vitale, mon collègue de l'UDC, Eric Leyvraz, votera lui aussi non au déclassement des Cherpines. Se nourrir ou se loger ? Croître ou périr  ? Telles sont les questions de base que ce déclassement devrait nous amener à débattre.