21/02/2013

Genève envie, un plan mort-né ?

Intitulée Genève Envie, la nouvelle mouture du plan directeur cantonal était certes très attendue. Mais  davantage qu'un concept de communication visuel et textuel enviable, il aurait fallu que ce soit le projet lui-même donne envie. Or là, attention aux leurres.

En effet, les modifications du plan directeur cantonal se situent au niveau du choix de mots. L'objectif reste le même, 50'000 logements d'ici 2030, mais il s'agit dorénavant de "loger nos enfants" (une phrase chère à François Lonchamp) et non plus de répondre au solde migratoire positif que subit notre canton. Sauf que la moyenne d'âge des habitants de Genève est proche de celui de la ménopause et que les genevoises ont en moyenne 1,44 enfant. Dans ces conditions, NOS enfants auraient déjà largement de quoi se loger s'ils ne subissaient une concurrence de plus en plus dure de la part de ceux venus d'ailleurs. Et malheureusement pour eux, cette concurrence ne s'exerce pas que sur le logement mais dans tous les domaines (formation, emplois, etc).

On densifie toujours la zone villas mais seulement celle située à proximité des transports publics. Le maillage de dessertes en transports public étant déjà bien serré, le résultat est le même: toutes les zones villas seront densifiées. Les mots changent l'objectif reste le même.

La temporalité est plus nuancée dans le nouveau plan. On reporte dans le temps les projets qui fâchent les communes, on ne les abandonne pas.

Poursuivre le principe d'augmenter le nombre d'emplois et de logements sans que les infrastructures indispensables à la mobilité puissent être construites ou financées à la hauteur des besoins, c'est continuer à foncer droit dans le mur.

Enfin, on ne construira jamais bien si on n'implique pas davantage les habitants. Or la participation des habitants à l'élaboration du futur de leur environnement de vie est toujours aussi absente du plan.

Pour que Genève fasse envie, il faut changer la méthode et les outils, je l'ai dit et écrit maintes fois. Je persiste en proposant par le biais d'un projet de loi, d'une part une meilleure répartition des compétences entre communes et canton en matière de planification et d'autre part, la nécessaire participation des habitants à l'élaboration de leur quartier.


Voir mon PL 11112 déposé le 8 février 2013 et ouvert à la signature jusqu'au 26 février.

14:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

"Or là, attention aux leurres." comme vous dites!

Entre autres détournements, ce même sujet est traité - comme d'hab sur un mode populiste de critiques anti-suisses, par ce politicien français conseiller général à Annecy, également nommé au conseil d'administration des HUG

Écrit par : Pierre à feu | 21/02/2013

@ M. Pierre à feu. Je trouve quant à moi que "CE" politicien, comme vous dites, avance des arguments pertinents et sans langue de bois. Tout le contraire du populisme, dont vous semblez être un bon représentant vu la teneur habituelle de vos commentaires, courageusement signés d'un pseudo.

Écrit par : Jean-Charles Heritier | 21/02/2013

Si l'on crée beaucoup d'emplois on attire encore plus de monde qu'il faudra loger. Des logements pour nos enfants, oui, mais pas en expropriant les parents. Or c'est ce qui se passe maintenant de plus en plus. P.S. je suis locataire d'un studio dans une barre d'immeuble de 440 appartements à Onex. Je suis rattristée de voir que, à Onex, on est un train de nous supprimer les toutes dernières zones villas (propriétaires très modestes)qui sont d'autant de mini-poumons de verdure pour les habitants de la cité. Je pense notamment au projet du Nant-du-Cuard à Onex, en face de chez moi. J'ai encore une vue dégagée maintenant. Mais il y est prévue une tour de 30 étages. Ce sont les communes les plus urbanisées qui sont le plus sacrifiées sur l'autel du "progrès", notamment par le PDCn2030.

Écrit par : Zora Masé | 22/02/2013

@ Zora Masé:

Onex a au moins la chance de voir ses zones villas remplacées par des immeubles.
A Vernier, il est prévu de supprimer les villas pour laisser la place à des zones industrielles, sous prétexte que l'aéroport empêche de facto l'habitat... Or, tout le monde - à commencer par les résidants desdites villas - reconnaît que les avions font moins de bruit aujourd'hui qu'il y a encore 10 ans et que les zones OPB ne correspondent dès lors plus à la réalité. Or le DU rechigne à revoir ses chiffres, se basant sur ceux d'il y a dix ans pour imposer les zones industrielles à une commune qui compte déjà beaucoup de dépôts... à commencer par des cuves de pétroles qui approvisionnent notre cher (je laisse le lecteur choisir le sens qu'il veut donner à cet adjectif !) aéroport international.

Écrit par : Roger BOUVIER | 27/02/2013

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