19/05/2014

N’est pas tsar ou Poutine du Grand Genève qui veut….

Les votations du 18 mai ont occulté les objets traités lors de la session des 15-16 mai au Grand Conseil du canton de Genève. Leur analyse permet de tirer des parallèles incontestables. Tant les partis politiques dans leur large majorité que notre gouvernement ne sont plus en phase avec les préoccupations premières des citoyens. Leur vote montre clairement un désir de dire stop à la démesure, une demande de se concentrer sur les besoins primordiaux des citoyens de ce pays d’abord. L’argent durement gagné n’a pas à être dilapidé dans des projets dépassant les limites qu’elles soient économiques ou financières, nationales ou cantonales.

Au parlement, déclassements et aménagement furent au cœur des débats. Rapporteuse de minorité sur la quasi totalité des objets, je n'ai pas chômé

Vernier qui rit (PL 10843)

Le déclassement en zone 3 de développement (ZD3) des Corbillettes à Vernier, n’a pas été voté mais renvoyé en commission. En tant que rapporteuse de minorité, cette majorité obtenue, même pour des raisons différentes, grâce aux voix PLR me réjouis. Mon rapport demandait à ce que ce déclassement s’applique, conformément au plan directeur communal, au seul front de rue Louis Casaï, et que le processus participatif entamé avec les habitants se poursuive sur le reste du périmètre. Le PLR souhaitait quant à lui un déclassement de l’entier du périmètre mais non pas en ZD3 mais en zone ordinaire 3. La différence est de taille en terme financier. En zone ordinaire, nulle obligation de réaliser du logement dit social. Ainsi, en cas de vente, c’est le prix du marché qui s’applique et non celui contrôlé par l’Etat. Exit aussi le droit de préemption de ce dernier. Les habitants du périmètre ne seront pas lésés, les promoteurs non plus … A voir de plus près qui est propriétaire dans le secteur, on comprend mieux le vote du PLR.

Vernier qui pleure (PL 11003)

Les habitants de la presqu’île d’Aïre ont eu moins de chance. Le déclassement de la parcelle dite de la Bourdonnette, a été voté sans l’amendement demandé par la rapporteuse de minorité de respecter, dans une première phase, l’indice d’utilisation du sol négocié de 0,6. Remettre en question l’indice, c’était potentiellement permettre de construire autrement plus dense que le projet de logements pour personnes âgées déjà finalisé, négocié avec l’Etat et le promoteur et accepté par les habitants et la commune. L’autorisation de construire aurait pu être immédiatement déposée et la construction démarrer. Le parlement, dans sa large majorité, a préféré prendre le risque de s’opposer aux habitants et de repousser le projet de logement pour personnes âgées aux calendes grecques.

Le vote nominal a été demandé sur ces deux objets. Entre le dogmatisme de la Gauche, les fourberies du PDC et la défense d’intérêts financiers de PLR, il n’y eu guère de place lors de cette session pour une discussion centrée sur les enjeux et sur les intérêts réels des habitants.

C’est bien dommage, car quel que soit le projet, il ne peut se faire en passant par-dessus la volonté des habitants.  N’est pas tsar ou Poutine du Grand Genève qui veut….

09:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.