18/06/2014

Libellules, le conseil municipal oublié

En tant que présidente du Conseil municipal de Vernier, je suis profondément choquée d’apprendre par les journaux la visite hier aux Libellules à Vernier de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga accompagnée du conseiller d’Etat Pierre Maudet. Seul élu s’étant invité à la fête, le maire, Thierry Apotheloz, n’a, à priori, pas estimé nécessaire d’inviter le conseil municipal. Pourtant l’objectif de la visite était de montrer à Madame Sommaruga le résultat des efforts conjugués de la Confédération, du Canton, et de la commune de Vernier, épaulés par deux fondations pour valoriser un quartier défavorisé. La réhabilitation des immeubles s’est accompagnée par celles des parcs publics et par la construction d’espaces partagés dans mais aussi au pied des immeubles avec la construction de 7 édicules. Destinés à devenir des espaces de vie collectifs, ils sont financés pour partie par des crédits votés par le conseil municipal, c’est donc lui qui engage la commune.  Loin d’en rester à la seule prise en charge financière, les conseillers municipaux, tant à gauche qu’à droite, n’ont pas manqué de s’investir. Ils ont validé les projets des habitants et en ont eux-mêmes proposé par voie de motion notamment. Le conseil municipal s’investit et investit énormément pour changer l’image des Libellules et de Vernier. C’est une amère récompense que d’apprendre par les journaux que les efforts sont appréciés par une population que nous n’avons pas pu rencontrer faute d’avoir été invités.

12/06/2014

Football, une question qui fâche le jour de l'ouverture du mondial

A l'heure où les finances cantonales sont au plus mal, un jour après que le Conseil d'Etat ait déposé son programme de législature et alors que le Mondial démarre au Brésil, il me semblait pertinent de revenir sur une offre d'hébergement de la coupe de Suisse au stade de la Praille évoquée par notre gouvernement il y a quelques semaines. J'ai donc déposé une question au titre quelque peu provocateur au Grand Conseil, au risque d'en fâcher certains... mais quand les caisses sont vides, sonne l'heure des choix pour tous.

 

Football : pourquoi inviter les hooligans chassés par d’autres villes ?

D’après les données de l’Office fédéral de la statistique (OFS), les délits explosent aux abords des stades suisses. En 2013, le nombre de délits liés à la violence et survenus à proximité des stades a progressé de 13% par rapport à 2012. Les actes de violence à l’égard des forces de l’ordre ont progressé de 85% pendant ce laps de temps.

Face à ce déferlement de violences les cantons doivent mettre en place de lourds dispositifs de sécurité, avec les conséquences financières qui en résultent. A chaque derby explosif, les autorités sont contraintes de mobiliser leurs forces policières au risque de voir les biens publics et privés saccagés.

Les cantons et les villes refusent d’assumer seuls les coûts de la sécurité et souhaitent que les clubs de football ou de hockey, ou leur fédération respective, mettent la main au porte-monnaie. De leur côté, les clubs, dont beaucoup vivotent financièrement, soutiennent qu’ils ne peuvent pas assumer ces coûts.

Suite aux énièmes incidents en marge d’une finale de la coupe de Suisse de football, le Conseiller d’Etat en charge du département de la sécurité et de l’économie a proposé que Genève accueille au stade de la Praille l’explosive rencontre, sans toutefois s’étendre sur les coûts que Genève aurait à assumer. Pour mémoire, l’Eurofoot 2008 a engendré d’après la Cour des comptes un coût direct pour l’Etat de Genève et l’ensemble des entités publiques de 39,9 millions. La police a effectué des heures supplémentaires pour 9,4 millions alors qu’elles avaient été budgétées à hauteur de 4 millions.

Par ailleurs, le stade de la Praille ne se situe pas dans un quartier inhabité comme annoncé, mais dans le périmètre du PAV dont la description sur le site internet de l’Etat est la suivante : « Il se situe dans un tissu urbain, économique et social actif et vivant et ne constitue dès lors pas une friche. Sa vocation d'extension de la ville dense devra se réaliser dans un processus de mutation progressive. »

La population et la soussignée peuvent comprendre les impératifs de rentabilisation du stade de la Praille, mais émet quelques doutes quant à l’idée d’accueillir des rencontres dont personne ne veut à n’importe quel prix.

 

Mes questions sont les suivantes :

  1. La proposition d’organiser la finale de la Coupe de Suisse de football à la Praille relève-t-elle de l’effet de manche ou d’une proposition du Conseil d’Etat in corpore ?
  2. A combien le Conseil d’Etat évalue-t-il les coûts de l’organisation d’une finale de la Coupe de Suisse de football à la Praille en incluant la rémunération des policiers mobilisés (salaires, heures supplémentaires) et les prestations appréciables en argent ?
  3. L’accueil de rencontres sportives à risque telles que les finales de coupe de Suisse au stade de la Praille est-il compatible avec la vocation du PAV et avec l’état de nos finances cantonales ?

 

 

 

 

 

14:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)