04/08/2014

PAV, tiens tiens

Le syndrome genevois c'est un mélange entre 2 fables: la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf et Perette et le pot à lait.

Genève veut tout et tout de suite et échafaude toutes sortes de plans sur la comète : (voir à ce propos mon blog de novembre 2010 Note inspirée par la journée du logement organisée le 11 novembre 2010 ou le maître mot de Mark Muller était "accélérons")

Et comme on veut tout faire, partout et vite, on se prend les pieds dans le tapis de la dure réalité et... de retards en recours, les coûts prennent l'ascenseur, (scénario optimiste) ou tout l'édifice s'écroule (scénario pessimiste).

J’aime le début de l’excellent article de la Tribune de Genève du 4 août  consacré au projet Praille Acacias Vernets (PAV) : «  Relire les discours du passé est parfois cruel pour ceux qui les ont tenus ». En matière d‘aménagement, l’exercice s’avère consternant pour le PAV. Une décennie ou presque après avoir lancé le projet à coup d’accord et de plans sur la comète, après avoir changé 4 fois de tête et x fois les bras de l’équipe du PAV, après avoir fait rêver, puis lassé voire choqué plus d’une entreprise par une méconnaissance contextuelle grave, le Conseil d’Etat se rend compte que son échafaudage « pavien » vacille méchamment : La répartition prévue entre entreprises et logement et la part importante d’habitat social concédée pour éviter les oppositions ne sont pas viables. Alors la patate chaude, après avoir été remise au nouveau conseiller d’Etat en charge de l’aménagement, sera refilée au parlement, rebelotte et, nouveauté, soumise au peuple.

Je retiens avec satisfaction:

  • Qu’à partir d’une certaine taille ou d’un certain montant, le gouvernement genevois préconise enfin un vote du peuple, choix que Vaud a fait depuis longtemps avec raison.
  • Que le gouvernement genevois reconnait enfin que voter un déclassement de zone avant qu’un projet n’ait été consolidé n’est pas la bonne solution, … que n’ai-je entendu en tant que députée à chaque fois que je refusais de voter la « tête dans le sac ».

Mais croire que la solidarité intercommunale sera suffisante pour payer est une nouvelle chimère. Confions comme à Lyon (projet Confluence),  la direction du projet à une fondation. Il est urgent que l’Etat se concentre sur ses tâches essentielles et laisse à d’autres le montage et la direction du projet.

A Genève, le problème c'est qu'on ne tient compte que de l'objectif et non du processus, il est pourtant le facteur essentiel de la réussite. On préfère appliquer la logique shadock bien connue, plus ça rate plus on a des chances que ça marche. Titre de l’article écrit dans le journal Pic-Vert de juin 2014 et traitant lui aussi d’aménagement à la genevoise

10:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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