05/05/2015

A quand la sécurisation du site de la Jonction ?

Au début du mois de mai, Genève a subi des crues exceptionnelles nous rappelant subitement et avec force à nos responsabilités en matière de gestion du territoire. Les hautes eaux de l’Arve en crue ont nécessité la pose de barrages le long des quais, entrainé des inondations de caves et la fermeture de plusieurs ponts. La conjonction de la fonte des neiges dans les massifs montagneux et de fortes pluies sont responsables de cette situation. Elle aurait tourné à la catastrophe pour la Jonction si, par chance, le niveau bas du lac n’avait pas permis de retenir au maximum le débit des eaux du Rhône. Etions-nous conscients du risque ? La réponse est sans hésitation oui.

En effet, à ma question urgente QUE 115-A relative à la gestion des vidanges du barrage de Verbois et aux mesures prises pour sécuriser le site de la Jonction, le Conseil d’Etat répondait en octobre 2013 que la vidange exceptionnelle de 2012 avait été rendue nécessaire pour évacuer les sédiments charriés par l’Arve qui s’étaient accumulés dans le lit du Rhône depuis la dernière vidange. Cette vidange était un préalable à toute autre mesure constructive.

En préambule, le Conseil d'Etat rappelait qu’il se préoccupait de longue date de l'importance de maintenir en tout temps un niveau de protection des riverains suffisant, ce d'autant plus que l'évolution climatique à moyen et long termes était incertaine et que les critères actuels de dimensionnement pourraient changer sensiblement à l'avenir. En effet, les cartes de danger d'inondations établies en tenant compte d'une marge de sécurité suffisante liée aux changements climatiques révélaient que les objectifs de protection contre les crues n'étaient pas atteints à divers endroits dont celui de la Jonction. L'Etat, en collaboration avec la Ville de Genève et les SIG, a lancé en 2012 une étude pour déterminer les mesures de sécurisation des rives du Rhône et de l'Arve à mettre en place. Cette étude comporte trois volets : les débordements du Rhône et de l'Arve, les nappes phréatiques et le réseau d'assainissement des eaux.

L'étude est actuellement en cours. Les résultats relatifs au premier volet seront bientôt connus et des mesures de protection contre les débordements pourront prochainement être préconisées. La réponse date de 2013 ( !).

Les résultats sur la vulnérabilité du réseau d'assainissement seront eux connus fin 2013 et ceux relatifs à la nappe phréatique, plus complexes, seront transmis fin 2014.

C’est ainsi qu’en octobre 2013, le Conseil d’Etat estimait par sa réponse à ma question urgente « montrer que la sécurisation du quartier de la Jonction est une préoccupation de l'Etat et de tous ses partenaires. »

La Nature a la fâcheuse habitude de ne pas s’aligner sur l’agenda des Hommes. Il s’agit de prendre ces crues comme un signal. Si nous voulons construire à la Jonction, il est temps de mettre en œuvre les mesures constructives qui permettront de sécuriser le site. 

Avec le programme de renaturation des cours d’eau, nous l’avons fait avec succès. Succès en effet car il est à souligner qu’aucun site ayant profité de mesures de renaturation n’a subi d’inondation. Les deniers investis ont « payé ». Il est temps de poursuivre au cœur de notre cité le travail engagé de manière transfrontalière depuis bientôt vingt ans.

A l’heure où il nous faut préserver la zone agricole et densifier le bâti pour construire les logements qui nous font si cruellement défaut, il serait regrettable de se priver d’un site aussi vaste et aussi bien situé que celui de la Jonction. Les projets ne manquent par ailleurs pas.

  • Qu’attend donc le Conseil d’Etat pour rendre son étude publique ?
  • Envisage-t-il d’inclure dans le budget 2016 les travaux d’assainissement du site de la Jonction ?

A lire  sur le site de l'Etat de Genève

Le SPAGE Lac - Rhône - Arve et  cartes détaillées des dangers (3a)

16:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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