09/09/2015

Personne n’a envie de rater le dernier passage

L’ambassade de Suisse me téléphonait régulièrement pour me rappeler de partir, mais j’aimais ma vie, ma maison, mes amis, mon pays d’accueil, le Liban. L’idée de tout quitter m’était insupportable. Et puis, un jour l’ambassade m’avertit que les deux derniers bateaux partiraient le lendemain. L’idée de le rater devint tout aussi impossible à assumer. Alors, à l’aube, je suis partie avec pour seul bagage un passeport à croix blanche,…  Au soleil couchant, depuis un destroyer de la marine britannique, je vis la côte du Pays du soleil levant s’éloigner à jamais. C’était, il y a 35 ans.

Partir est une décision bouleversante qui n’est facile à prendre pour personne. Mais par peur de rater le dernier passage, tout le monde se décide à partir. L’Allemagne, terre d’accueil où tous les Syriens sont bienvenus,  cette ouverture raisonne comme un dernier appel à partir la rejoindre. Alors ils se décident et partent, par milliers sachant pertinemment que leur nombre même, augmente le risque de fermeture.

Au risque de choquer certains, pour que l’enfant, la mère ou la famille toute entière ne meure pas sur un rivage, c’est bien ce long voyage  qu’il faut éviter.  La grande majorité des réfugiés se trouve aujourd’hui dans les pays limitrophes du pays quitté car tous espèrent, un jour, le retour. Ce ne sont pas des milliers mais des millions qui sont aujourd’hui au Liban, en Turquie, en Iraq, en Jordanie. Chaque jour davantage. Plus  leur nombre augmente, plus les conditions de vie se péjorent pour eux et pour les habitants de ces pays d’accueil. C’est avant tout là-bas que de notre aide est nécessaire de toute urgence ! A l’instar des Emirats arabes unis et autres pays du golfe, notre gouvernement doit mettre nos moyens humains, techniques, logistiques et financiers de l’aide au développement à disposition de ces pays d’accueil.

Au niveau individuel, les possibilités ne manquent pas non plus d’aider, je n’en mentionnerai qu’un, récent, qui m’a frappé : le 3 septembre, au Victoria Hall, un concert de bienfaisance était organisé  par l’Union culturelle libanaise pour aider SOS villages d’enfants Liban. Le concert était magnifique,… la salle était à moitié vide. Mais il n’est jamais trop tard pour un don (www.sos.org.lb).

15:52 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

"me téléphonait"... pour rappeler de partir." Pensez-vous maîtriser suffisamment la langue française pour l'employer ? Erreur !

Écrit par : mirau | 09/09/2015

C'est le grand écart?


certes et au combien,
mais cela concerne celui qui doit quitter son sol ses racines sa langue sa culture,
sans espoir de retour


certes mais c'est comme avec tout changement surtout matériel,
pour qui a ses habitudes de confort, ses amis,
qu'il demménage dans un pays étranger ou dans la ville voisine.

votre billet parle de vous, c'est ok
n'en projetez le reflet sur ceux qui n'ont de choix que l'exil forcé
qui ne sont pas la majorité des migrants

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 09/09/2015

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