18/05/2017

Pardon

D’abord je n’ai pas voulu lire l’article qui s’étalait en une de notre Tribune. Je n’avais pas envie d’être confrontée à ce qui allait me faire mal. Alors j’ai pensé à vous qui n’aviez pas le choix de tourner la page et je me suis forcée à surmonter ma lâcheté. J’ai lu le compte rendu de ce deuxième jour du procès : préparation minutieuse de l’accusé, horreur absolue des faits, débats d’experts, paroles de pervers et diagnostic accroché à un mot, dont dépendra le verdict que l’on peut sans préméditation déjà annoncer s’éloigner d’un internement à vie aussi sûrement qu’Adeline ne reviendra jamais à la vie. Chère Famille, j’ai les yeux plein de larmes tandis que je vous écris, mais mon chagrin n’est rien face à votre souffrance. Si l’assassin a sa part de responsabilité, il n’est pas le seul. Nos trois pouvoirs se sont surpassés eux aussi pour remuer le couteau dans la plaie : lâcheté et absence totale d’autocritique de l’Etat ; double peine à laquelle vous a condamné la Justice en vous soumettant par deux fois à la douleur d’un procès ; mutisme du Parlement dont la commission d’enquête a jeté aux oubliettes son rapport sur l’assassinat de votre fille Adeline. Rien ne vous aura été épargné. Sans que je ne puisse rien y changer, je tenais néanmoins à vous présenter mes excuses en mon nom personnel, en tant que députée, citoyenne genevoise et ancienne habitante d’Avusy. Pardon.

Lettre  à la famille d'Adeline parue dans le courrier des lecteurs du 18 mai 2017

Courrier lecteurs Tribune_de_Genève__2017-05-18.pdf

16:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Tout le monde est d`accord, ce monsieur qui assassine pour le plaisir de voir sa victime souffrir est un danger public de la pire espece. En d`autres temps, on l`aurait raccourci avec un ouf de soulagement mais aujourd`hui, dans notre monde occidental schizophrene car a la fois déshumanisé et obsédé par une certaine idée de l`humanisme, on en est arrivé a se préoccuper plus du sort des assassins que de celui des victimes avérées et potentielles. Alors, non-seulement on lui laisse la vie a ce triste sire, mais on se refuse meme a le retirer définitivement de la société, sous prétexte qu`avec le temps il pourrait changer et devenir honorable. Et qui va en décider dans le futur? Les memes "spécialistes" qui ont réussi pendant le proces a démontrer leur ignorance quant a la maniere dont fonctionne l`esprit de l`assassin. J`ai pu cotoyer dans ma vie quelques prédateurs qui non-seulement n`avaient aucun scrupule a faire souffrir leurs congéneres (physiquement ou moralement) mais adoraient le faire. Je n`en ai vu aucun renoncer a ce "plaisir".

Écrit par : Jean Jarogh | 18/05/2017

On peut aussi se demander comment un tueur et violeur sadique sans aucun revenu financier peut disposer de deux avocats (!) pour le défendre aux frais du contribuable pendant que la famille de la victime, devant assumer elle-meme les frais, n`est représenté que par un seul avocat. J`ai parfois l`impression que le systeme est mieux a meme de protéger les criminels qu`a rendre justice aux victimes et protéger la société.

Écrit par : jean jarogh | 19/05/2017

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