26/03/2012

A la course contre l'homme, la tortue n'a aucune chance

Après avoir parcouru des milliers de kilomètres pour retrouver la plage qui l'a vu naître, la tortue se traîne péniblement sur le rivage. A bout de forces, elle s'épuise encore et encore pour creuser  des heures durant, une cache suffisamment profonde pour y pondre ses précieux oeufs. Hélas, le trou ne sera jamais assez profond contre l'avidité de l'Homme. Il n'attend même plus que la tortue soit partie pour piller jusqu'au dernier oeuf.

Pauvre tortue marine, si tu échappes au piège du plastique qui jonche l'océan, aux marées noires, aux substances mortelles qui t'étouffent ou te rendent malade à mourir, au filet du pêcheur qui entrave ta longue route, tes petits, eux, ne verront jamais le jour.

Et un jour pas si lointain, ce sera les petits de l'Homme qui parcourreront le rivage, dans une quête desespérée de lendemain et qui comme toi aujourd'hui, n'y trouveront plus rien pour assouvir leur faim.

On leur aura tout pris, même leur destin.

Ces images de 2010, reprises récemment sur you tube sont-elles hélas toujours d'actualité ? Il y a fort à craindre que oui car rien n'indique que quoi que ce soit ait changé. Car quand ce ne sont pas les pilleurs du sud qui anihilent les populations directement, c'est notre mode de vie à tous qui met fin à la leur.

 

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16:34 Publié dans Nature | Tags : tortue, costa rica, pillage | Lien permanent | Commentaires (0)

21/05/2011

La nature n'est pas à la fête

La biodiversité disparaîtrait moins vite qu'on ne le pensait.  De nouveaux savants calculs d'experts le prouvent et trouvent même que c'est une bonne nouvelle. A mon avis, que l'on fonce à 60 ou à 100 km/h, ne change pas grand-chose, on va quand même droit dans le mur.

Totalement déconnecté de la réalité, immergé dans son monde virtuel, l'homme moderne modélise par écrans interposés sa propre extinction et s'en réjouit.

Un tel exploit mérite d'être célébré, et ça tombe bien, c'est la fête à la nature !

DSC01271.JPG.jpgQuoiqu'en disent les experts, la nature, elle, disparaît, loin des yeux, loin du cœur... Rares sont en effet les espèces sauvages qui parviennent à s'adapter et à partager notre mode de vie qui leur est de plus en plus hostile. Quant à celles qui s'y aventurent, elles y succombent trop souvent sans qu'il n'y ait personne pour s'en apercevoir.

Avant de disparaître sur le terrain, c'est faute de l'avoir revue qu'on perd la nature. Alors, pour ne pas l'oublier, allez réapprendre ou apprendre la joie de l'observation de toutes ces espèces qui côtoient notre quotidien, malgré tout, c'est essentiel.

Moi, pour ce jour là, je vous offre quelques chroniques hérissonnes.

 

04/04/2011

Le printemps meurtrier des hérissons

 

DSC06105.JPG 2.jpgAprès le réveil du mois de mars, poussés par la faim mais aussi l'instinct de reproduction, les mâles repartent à la conquête de leur territoire et traversent ainsi plusieurs routes par nuit. Une étude zurichoise a démontré que les hérissons sont parfaitement conscients du danger qu'ils encourent et qu'ils se dépêchent de traverser par le chemin le plus court, la route meurtrière. Hélas, pas assez vite pour nombre d'entre eux qui, chaque printemps. y laissent leur vie, après une lente agonie*. Samedi matin, c'est Renaud** que j'ai retrouvé dans une flaque de sang. La mâchoire fracassée par le choc, il luttait contre la mort sans doute depuis plusieurs heures. Malgré les soins prodigués par la vétérinaire, nous n'avons pas réussi à le sauver.  Je l'avais recueilli une première fois le 22 février, errant, amaigri et dévoré par les parasites. Remis sur pattes, je l'ai libéré dans le jardin le 10 mars. Tout vigousse, Renaud était reparti dans les buissons se trouver une nouvelle vie avant de la perdre définitivement le 26 mars. Automobilistes et motards, faites attention aux hérissons et levez le pied !

* Un hérisson se déplace à 5 km/h. Sur une route de 7m de large, face à une voiture qui roule à 50 km/h et pèse 1200 kg. Dans les mêmes conditions cela équivaudrait pour un Homme  à se déplacer à 20 km/h. Sur une route de 28 m de large, face à une voiture qui roule à 200 km/h et pèse 60'000 kg, nous n'aurions aucune chance. CQFD

**Après Michèle, Renaud était le 2e hérisson recueilli en 2011. Eh oui, cette année ce sont les prénoms de mes collègues députés ou conseillers d'Etat qui sont à l'honneur .

 

13:13 Publié dans Nature | Tags : hérissons | Lien permanent | Commentaires (1)

19/02/2010

Pour que vive le cèdre d'Ikea !

A la route de Vernier, les grues s'élancent vers le ciel et les pelleteuses creusent toujours plus profond le trou béant où viendra s'implanter le futur centre d'Ikea. Coincé entre la route et le chantier qui émerge de terre, un bouquet d'arbres a miraculeusement échappé aux tronçonneuses. Parmi eux, un cèdre majestueux déploie sa silhouette imposante et rivalise de hauteur avec les constructions humaines. Dans le chaos du trafic incessant, entre béton et bitume, les planificateurs ont réussi à lui accorder la vie pour notre plus grand bonheur. Nous l'imaginions déjà, immense, souligner d'un vert vivant le bleu métallique du nouveau temple de la consommation. Rêve fou ? Espoir bientôt déçu ? Ne sera-t-il pas bientôt abattu comme tant d'autres pour cause de blocage inacceptable de voie publique ?

Je regarde chaque jour cet arbre et je suis inquiète sur son avenir. J'aime ce cèdre symbole de vie, lien mémorable entre passé et présent, marque immuable dans un paysage changeant. Il résiste aux assauts de l'urbanisation depuis près d'un siècle, et je n'ai pas envie de le voir disparaître en 2010, transformé en étagère ou en bois de chauffage.

Architectes, concepteurs et aménagistes, en cette année mondiale de la biodiversité, conciliez votre discours planificateur à vos actes sur le terrain, faites preuve d'imagination, construisez en intégrant la nature à notre environnement. Plutôt que de nous servir du reverdissement post mortem, préservez un arbre séculaire bien vivant et vigoureux, laissez-nous notre cèdre de bienvenue à Vernier !

Article paru dans le journal Actualités Vernier de février 2010

PS suite à l'article de la tribune de Genève du 19 février "La route de Vernier s'élargira pour Ikea"

"Au début on était inquiet. Mais sur la base des chiffres et avec les mesures envisagées, le surplus de trafic pourra être absorbé"  dixit la direction générale de la mobilité (DGM). Les conceptions de la DGM sont toujours aussi déconnectées de la réalité du terrain. Si le cèdre survit au chantier, il servira au moins à attacher un observateur de la DGM afin qu'il puisse effectuer le suivi de son plan de mesures in vivo. Les automobilistes habitant Vernier qui empruntent la route du Nant d'Avril sont verts de rage, rient jaune et voient rouge.

16:54 Publié dans Nature | Tags : ikea, cèdre, mobilité, vernier | Lien permanent | Commentaires (4)

26/11/2009

Il ne fait pas bon être un ours en Suisse

Décidément, les ours n'ont qu'à bien se tenir. Qu'ils soient sauvages ou parqués, les ours ont la vie dure en Suisse. Au-delà de souhaiter un bon rétablissement à Finn, la dernière victime en date, je profite de l'ours pour parler de tous les autres grands prédateurs qui tentent de survivre sur notre territoire et qui sont victimes d'à priori bien ancrés. Tenez, par exemple le loup, est-il vraiment le seul grand responsable du passage de vie à trépas des moutons ou juste un alibi bien commode pour toucher des subventions ? Les associations environnementales font bien de rappeler que sur les 250'000 moutons estivés dans les Alpes suisses, seule la moitié d'entre eux sont gardés par un berger, que 8'000 à 12'000 moutons perdent la vie chaque été à la suite d'accident, de maladies et de chutes et seulement 200 sous les crocs du loup. Le communiqué de presse des associations PSA, Pro Natura, WWF du 19 novembre 2009 est à ce propos très instructif  091119_CP_Subv_moutons.pdf

Quant à Zébulon, il préconise d'arrêter de raconter l'histoire du petit chaperon rouge aux enfants ou de remplacer le loup par un grand méchant pédophile à deux pattes, ce qui serait beaucoup plus crédible comme risque potentiel couru par les enfants de nos jours. Celà aurait comme mérite de changer considérablement nos à priori à l'âge adulte.

 

15:10 Publié dans Nature | Tags : ours, finn, suisse | Lien permanent | Commentaires (1)