19/09/2012

Au nom du futur, ne détruisez pas notre existant !

Tel est l’appel lancé par les habitants des Grottes face à la construction d’une tour « hors-sol » qui leur est imposée.  Les Grottes ont du caractère et ses habitants aussi.  Ils se sont battu pour préserver leur quartier, ce n’est pas après tant d’années qu’ils vont capituler.  Leur maire, a choisi la méthode participative. Il est allé à leur rencontre, tout en sachant que le dialogue serait chaud, les  mots forts, les choix difficiles, il n’a pas esquivé cette étape, la première dans une démocratie directe, telle que je la conçois et sans nul doute eux aussi. Le choix des habitants n’est pas celui du maire.  Il en prend acte et assume d’être, comme tout élu le devrait, le porte-parole de ses concitoyens, auprès des autres décideurs et échelons de politiques auquel il appartient.

Collègues et amis des parlements communaux et cantonal, il est temps vous aussi d’écouter ceux qui vivent ici et qui vous ont élu pour les représenter. Cet appel vous est adressé en priorité et de toute urgence : Ne construisez pas au détriment de l’existant. L’existant qualifie notre qualité de vie. L’existant, c’est le patrimoine bâti, le patrimoine naturel et les habitants ! Ne les sacrifiez pas au profit de vos visions à vous, ou d’autres venus d’ailleurs ; n’imposez pas un futur sans vous assurer d’abord que les habitants d’aujourd’hui s’y retrouvent et y trouvent leur place.

La citoyenne genevoise et l’élue UDC que je suis, ose le dire, au nom des Grottes, chapeau Monsieur Pagani !

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03/09/2012

Des éléphants au fil du temps

éléphants Knie autrefoiséléphants Knie autrefoiséléphants Knie aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

 

 

éléphants Knie autrefois

Merci à la Julie de nous avoir gratifié toute une semaine de magnifiques images d’éléphants. Pour ceux du cirque Knie, les promenades et les baignades appartiennent désormais au passé. Au nom de la sécurité, les éléphants n’iront plus se promener en ville, ils resteront confinés à l’enceinte du cirque sur la plaine de Plainpalais. Pierre Maudet n’y est pour rien, la décision date d’avant son entrée en fonction comme Conseiller d’Etat.

Après avoir reçu pour mission de s’occuper des éléphants en 2010, répondu en 2011 qu’ils s’en occuperaient en 2012, les Conseillers d’Etat ont sans doute oublié leur promesse de réinstaurer le défilé, petit déjeuner et salut des autorités par les éléphants du cirque Knie.  A ma lettre de relance du mois de juillet, réponse m’a enfin été donnée fin août. Il n’y aura plus ni défilé, ni déjeuner, ni salut des autorités par les éléphants du cirque Knie.  Les enfants ne sont pas perdants car dès 2013, ils pourront retrouver les éléphants au cirque en toute sécurité et toute une matinée au moins. J’en suis ravie et je ne doute pas qu’ils en profiteront abondamment. Mais j’ai un pincement de cœur pour le Conseil d’Etat,  dont c’était l’unique sortie in corpore  à la rencontre des éléphants, des enfants et des parents bref de toute la population. Le voilà lui aussi confiné à la tour Baudet... Ce n'est pas plus mal sans doute car si pour une histoire d'éléphants il faut 3 ans pour concrétiser...

 

Historique de la résolution

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03/08/2012

Pathé Balexert, pour qui roule le parti socialiste ?

Le 26 juin 2012, la majorité rose-verte du Conseil municipal a fait passer la résolution socialiste R207-12.06 « Cinéma Pathé Balexert, pas d'entreprise voyou sur Vernier ! »  Les autres partis s'y sont opposés car en l'absence de preuves de pratiques illégales, et sans qu'une sollicitation quelconque nous soit parvenue de la part  des employés, notre Conseil municipal, pas plus d'ailleurs que notre Conseiller administratif, n'avait pas à s'immiscer dans des affaires internes de l'entreprise Pathé comme le demandait la résolution. En tentant d'imposer la reconnaissance du syndicat Unia et la conclusion d'une convention collective de travail, notre Conseil municipal a dépassé clairement son mandat politique pour favoriser le business d'un syndicat, Unia. A la lumière des informations reçues notamment de l'entreprise elle-même, l'UDC a donc demandé au Conseil municipal de Vernier de revenir sur sa décision en présentant une résolution annulant la précédente et ses propos diffamatoires.

Pour plus de détails, voir la résolution de l'UDC

 

 

30/07/2012

Riz jaune, deuxième service

En 2010, j’écrivais déjà que la Chine n’avait pas besoin de nous envahir pour nous asservir. Son rachat massif des avoirs grecs est maintenant chose faite. Alors que la Suisse ne sait plus que faire des milliards d’euros acquis pour maintenir notre franc, utilisons-les pour acheter du concret. La Grèce est à vendre, achetons donc une île pour avoir enfin des terres outre-mer et le débouché maritime dont nous rêvons. Les Chinois eux, ne se privent pas d’acheter nos rues basses et l’Europe de faire main basse sur nos avoirs bancaires.

 

Blog écrit en août 2010

Riz jaune ou légumes bio, pour nous c'est cuit !

Il y a une quarantaine d’année ma mère me disait de finir de manger les légumes de mon assiette sinon elle m’enverrait en Chine manger du riz. Je n’imaginais pas à l’époque, à quel point elle avait raison. La Chine a envahi notre quotidien pour répondre à tous nos besoins des plus superflus aux plus vitaux, on s’habille chinois, on habite chinois, on finira par manger chinois et qui sait même … mourir chinois. A l’évidence, je ne suis pas la seule à avoir boudé les légumes du jardin.

J’avais déjà réagi à l’article sur la vente des terres africaines aux plus offrants, la plupart du temps chinois. A longue liste des pays d’Afrique nouvellement « colonisés » on peut aujourd’hui rajouter notre bon vieux continent d’anciens « colons ».

Nos gouvernements vendent notre patrimoine historique et naturel à tour de bras, pour remplir leurs caisses vidées par des spéculateurs assoiffés de fric. Le port du Pirée est désormais en mains chinoises, et la Chine est en passe de devenir le 3e investisseur du pays. La France, la Grèce, l’Italie vendent à tour de bras, mais notre pays et notamment notre canton n’est pas en reste. On fustige aujourd’hui quelques petits propriétaires d’un dernier lopin de terre qu’ils habitent depuis des générations mais la vente de notre sol et de nos biens aux entreprises, caisse de pensions et autres fonds d’investissement étrangers est passé sous silence. Je remercie d’avance la Tribune de consacrer son prochain article à la vente de nos biens immobiliers.

L’Italie vend en ce moment 12'000 objets en espérant en retirer quelques 3,6 milliards d’euros pour éponger sa dette de 1’800 milliard d’euros. Les citoyens du monde de la finance, n’ont pas de racines ancrées dans le terroir, la terre est à vendre et ils l’achètent. Anecdotique ? Non dramatique. Parmi ces biens, il y a des milliers de kilomètres de plages marines et des pans entiers de montagnes qui n’ont tout simplement pas de prix. J’ai honte de vivre dans un monde à tel point dénué de bon sens, aveuglé par l’appât du gain immédiat. Au jeu de la finance, j’en appelle à Greenpeace, WWF, Pro Natura et autres associations de « salut public ». Achetez ces morceaux de terres sacrifiées. Que l’argent que vous aurez quémandé auprès des Bill Gates et autres Warren Buffet de la finance, eux mêmes l’ayant gagné en exploitant la Terre, serve à cette dernière, la seule que nous ayons. Elle nous le rendra en nous faisant vivre. On n’achète pas la vie.

09:31 Publié dans Politique | Tags : vente, chine, europe, afrique, fric | Lien permanent | Commentaires (1)

23/07/2012

L'aménagement est notre affaire !

Ce titre, quelque peu provocateur, s'inspire de celui d'un ouvrage majeur de Denis de Rougemont, "L'avenir est notre affaire", publié il y a maintenant 35 ans et qui reste d'une actualité brûlante au vu des enjeux actuels, que ce soit en matière économique, écologique, de développement des Cités, d'engagement civique ou de gouvernance. Je ne peux que vous en recommander la lecture (ou la relecture) à la faveur de l'été.

Je me permets de me référer à ce grand penseur visionnaire pour étayer quelques réflexions de portée plus générale sur l'aménagement du territoire et la gouvernance de notre Cité. Elles me semblent d'autant plus importantes après la conférence de presse du 19 juillet concernant le développement futur du secteur de Challendin à Chêne-Bougeries. La manière dont le département de l'urbanisme a traité ce dossier est un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire. Plus qu'une erreur, c'est une faute ! Et nous en payerons très cher les conséquences, si nous ne sommes pas capables de déceler les fautes fondamentales qui y ont été faites. Il n'est par contre pas trop tard pour en prendre conscience et changer de cap.

Au-delà d'une discussion sur le nombre de logements à construire ou sur taux de densification acceptable, c'est la méthode qui est fausse, celle qui consiste à imposer par le haut, avec le total déni de la volonté populaire qui s'est exprimée dans les urnes, plutôt que de chercher la concertation quand elle est possible, désirée et commencée. Un projet voulu, porté, soutenu, validé par les parties prenantes, sera toujours un projet meilleur qu'un projet imposé par une agence d'urbanisme extérieure, un service cantonal d'aménagement du territoire ou un ministère chargé du "Plan". Ceci non pas parce que ses qualités intrinsèques seraient forcément meilleures, mais parce que serait "leur" projet, celui qu'ils veulent voir se réaliser et vivre au jour le jour dans la durée, s'engageant ainsi pour faire progresser et vivre la Cité. C'est la nature même du réel engagement politique, au-delà de toute question de parti, le seul véritable engagement civique qui compte. Et c'est cela que le Conseil d'Etat a balayé d'un revers de main, comme quantité négligeable !

Denis de Rougemont ne dit pas autre chose lorsqu'il oppose deux manières fondamentalement différentes de gouverner. Il y a d'un côté, celle de Jean Bodin ("La république", 1576), pour qui "la pleine souveraineté appartient au monarque, à qui le peuple a fait abandon, une fois pour toutes et sans condition". Cette conception est celle qui consiste, par les moyens utilisés, à "contraindre, forcer, interdire" et a été parfaitement traduite par Georges Pompidou : "gouverner, c'est contraindre". Il résumait en cela la pensée dominante des grandes écoles françaises "Contraindre les individus à se plier à des règles, dont chacune à tout moment, va contre l'intérêt immédiat de tel ou tel. ... Gouverner, c'est en somme conduire les hommes collectivement dans des voies et vers des objectifs qui ne leur sont ni naturels, ni clairement perceptibles, ni conformes à leurs aspirations immédiates". Clairement, c'est bien le style de gouvernance choisi par notre Conseil d'Etat dans ce dossier ...

Mais ce n'est pas le seul possible, il y a aussi celui d'Althusius (1557-1638), où "la souveraineté résidera toujours dans le peuple, et ne sera déléguée au prince ou au Conseil, et sous conditions révocables, que pour certaines tâches limitées, définies dans leur dimensions." Ici, les moyens utilisés sont tout autres, il s'agit de "favoriser, orienter, promouvoir". C'est la promotion de la démocratie et de la participation au niveau le plus bas possible (quartier, commune), le seul où l'individu peut encore se reconnaître et s'impliquer pleinement, car il en perçoit clairement les conséquences concrètes qui vont modeler sa vie de demain. Denis de Rougemont posait la question "Il s'agit de de savoir comment, au-delà des entassements de solitaires urbains, nous pourrons reformer des espaces civiques, des groupes et un climat qui permette l'exercice de nos responsabilités, donc de nos libertés personnelles". A Challendin, c'est exactement un tel mécanisme qui a été étouffé dans l'oeuf, puisqu'il avait le malheur de remettre en cause la vision des "experts" et de l'Etat. Pour quelques mètres carrés bétonnés, c'est notre liberté que l'on assassine !

"Althusius contre Jean Bodin, c'est la personne libre et responsable contre l'individu assujetti à l'arbitraire d'un prince .... Althusius, c'est aussi la société fondée sur l'homme, contre l'Etat dressé hors de l'homme, face à lui" nous rappelle de Rougemont. Personnellement, mon choix est clair et le sera toujours : L'avenir, l'aménagement est notre affaire, et seulement accessoirement celle de l'Etat. Je me plais à espérer que notre Conseil d'Etat puisse aussi revenir à une vision humaniste et non pas technocratique du développement de notre Cité, celle de la qualité (de vie) et non pas celle de la quantité (de LUP) ...

La cause des blocages en matière d'aménagement du territoire dans notre canton ne vient donc pas de l'existence d'intérêts divers, parfois contradictoires et en opposition, mais de la méthode choisie pour gouverner et aménager. Les intérêts des uns et des autres seront toujours présents et légitimes, ils ne peuvent être niés. C'est donc la méthode qu'il s'agit de réformer, ce que la Constituante avait aussi pour mission de faire ... pour finalement avouer son impuissance dans ce domaine (et d'autres ...).

Je plaide donc pour une réforme profonde des compétences en matière d'aménagement du territoire, pour sortir des blocages stériles par l'implication des acteurs au bon niveau. Concrètement, il s'agit de redistribuer les compétences entre le canton et les communes, voire l'agglomération transfrontalière (mais là, le pouvoir de décision ne nous appartient plus que partiellement ...) :

 

  • le canton doit clairement rester le garant de la vision globale, de la "grande image", avec le plan directeur cantonal (ou plan directeur d'agglomération transfrontalier, autorisons-nous à rêver ...). C'est la seule manière de garantir la cohérence de l'aménagement, mais sa compétence devrait s'arrêter avec les grandes options, la fixation des priorités et le déclassement des terrains. Ici déjà, un mécanisme de consultation démocratique plus important qu'actuellement est indispensable (comme par exemple la possibilité d'un référendum facultatif et donc d'un choix final du peuple);
  • les communes doivent être en charge de l'aménagement local (plan directeur communal mais surtout plans directeurs de quartier, plans localisés de quartier, etc.) en y impliquant tous les acteurs concernés, mais avec des règles du jeu claires et respectées par tous les acteurs (canton compris !). Et tant pis (ou tant mieux !) si la vision qui en ressort n'est pas forcément celle des experts urbanistes ou celle de la densification maximale !

Alors peut-être, lorsque les visions seront créées et partagées au niveau local, et non pas imposées par le haut, nous pourrons avancer réellement en matière d'aménagement du territoire, pour les Genevois et non pas contre eux. Pour une Cité à échelle humaine et non pas aliénante. Pour un avenir dicté par notre volonté et pas par des projections de chiffres donnés à tort comme inéluctables (les années 60 tenaient pour incontournable la Genève de 800'000 habitants en l'an 2000, dans les faits nous avons péniblement dépassé les 400'000 à cette date ...). Denis de Rougemont nous appelle à prendre notre destin en main, pas à le subir : "L'avenir dépend de nos passions, pas de nos calculs ... Ce qui va se passer dans le monde s'annonce au cœur de l'homme et peut s'y lire d'abord, car c'est là que l'Histoire se noue". Entendons-le, il est encore temps !

Avec le projet de Challendin à Chêne-Bougeries, le Conseil d'Etat a donné un grand coup de canif dans le pacte du fédéralisme, qui commence avec les communes et le respect que le canton leur doit, surtout quand elles s'expriment par une votation populaire, puis de la même manière entre les cantons et la Confédération. Dans ce pays, et c'est bien ainsi, on ne réalise rien de bon (voir rien du tout !) sans l'accord et l'appui du niveau le plus bas.

Décidemment, oui, l'aménagement est notre affaire, à tous !

Source des citations : "L'avenir est notre affaire", Denis de Rougemont, éditions Stock, 1977, 376 pages.