26/02/2012

Les loups ... sont entrés dans Genève ... (Post Lucem Tenebrae)

Bubulle .jpgIl m'arrive à moi, Zébulon, petit hérisson en peluche et néanmoins intéressé par la politique genevoise, de reprendre la parole à Christina Meissner sur ce blog. Cela ne m'arrive pas très souvent, mais en général, c'est quand il y a véritablement raison de s'offusquer (je sais, il paraît que s'indigner est plus tendance, mais bon ...).

Cela m'avais déjà pris entre l'élection du Grand Conseil et l'élection du Conseil d'Etat, j'y dénonçais un risque de retour au temps des passions, vieux démon de la politique genevoise de l'entre-deux guerres dont personne n'a à être fier :

Manifestement, mon appel humoristique à dépassionner le débat n'aura duré que le temps d'une hibernation de hérisson. Les vieux démons (et d'autres ...) se réveillent depuis le début de l'année (au petit matin le 1er janvier, dans le secteur de la Jonction, si mes informations hérissonnes et polissonnes sont correctes. ...).

Vendredi soir, les bornes de la décence et de l'irrespect ont été à nouveau largement dépassées lors des débats parlementaires du Grand Conseil genevois. Au-delà de la tempête dans un verre d'eau créée par le lamentable incident entre Eric Stauffer et Pierre Weiss, une seule et vraie question se pose : comment la République et canton de Piogre a-t-elle réussi à tomber si bas en matière de fonctionnement démocratique ? Et surtout, comment  peut-on espérer la voir remonter la pente ?

Lorsque la haine de l'autre, les insultes et les coups se substituent au respect de son interlocuteur, au débat démocratique et à la nécessaire confrontation des idées, le chaos est proche. C'est une ambiance de fin de règne qui prévalait vendredi soir dans notre parlement, en direct sur le net et sur la télévision

Lamentable spectacle, qui ne redonnera pas confiance au citoyen dans ses institutions et encore moins dans la capacité de ses élus à régler les vrais défis de notre temps. De l'économie au logement, en passant par la sécurité et l'éducation, ce n'est pourtant pas le travail qui manque !

La raison de tout cela ? Peut-être est-elle simplement décrite dans la première strophe d'une ancienne et célèbre chanson de Serge Reggiani : « les loups .... », dont les paroles complètes sont en pied de ce blog. (Pour la chanson originale de Serge Reggiani sur le site de l'INA )

Ah oui ... l'embouteillage est un hasard, toute ressemblance avec une situation connue à Genève ne serait que pure coïncidence ...

Pour un ajout à l'exhortation

Manifestement l'exhortation faite par le président du parlement au début de chaque séance, n'est plus suffisante pour que les travaux du Grand Conseil se déroulent avec la sérénité et le sérieux voulus : « Mesdames et Messieurs les députés, prenons la résolution de remplir consciencieusement notre mandat et de faire servir nos travaux au bien de la patrie qui nous a confié ses destinées. »

En conséquence, moi, Zébulon, hérisson en peluche sans droit de vote mais culotté quand même, propose que l'exhortation de début de séance soit complétée lors de la prochaine cession par le chant en cœur par tous les députés de la chanson de Reggiani. Moins de 5 minutes qui peuvent faire gagner beaucoup de temps si cela peut servir à la prise de conscience de l'intérêt général.

respect.pngEt pour terminer, je souhaite plein de courage à  toute l'équipe du Respect, elle a encore beaucoup de travail devant elle ... Sa prochaine action pourrait être de fournir un pull ou T-shirt « Le respect, ça change la vie » à chaque député. Je suis sûr que Christina fera une proposition pour que tous les députés le portent lors de la prochaine cession ... Cela les obligera à se regarder différemment et à réfléchir avant de parler et d'agir ...  pour une fois.

Je retourne me mettre en boule ...

Zébulon, hérisson indigné.

 

 

 

Les loups sont entrés dans Paris

 

Les hommes avaient perdu le goût

De vivre, et se foutaient de tout

Leurs mères, leurs frangins, leurs nanas

Pour eux c'était qu'du cinéma

Le ciel redevenait sauvage,

Le béton bouffait l'paysage... alors

 

Les loups, ououh! ououououh!

Les loups étaient loin de Paris

En Croatie, en Germanie

Les loups étaient loin de Paris

J'aimais ton rire, charmante Elvire

Les loups étaient loin de Paris.

 

Mais ça fait cinquante lieues

Dans une nuit à queue leu leu

Dès que ça flaire une ripaille

De morts sur un champ de bataille

Dès que la peur hante les rues

Les loups s'en viennent la nuit venue... alors

 

Les loups, ououh! ououououh!

Les loups ont regardé vers Paris

De Croatie, de Germanie

Les loups ont regardé vers Paris

Tu peux sourire, charmante Elvire

Les loups regardent vers Paris.

 

Et v'là qu'il fit un rude hiver

Cent congestions en fait divers

Volets clos, on claquait des dents

Même dans les beaux arrondissements

Et personne n'osait plus le soir

Affronter la neige des boulevards... alors

 

Des loups ououh! ououououh!

Des loups sont entrés dans Paris

L'un par Issy, l'autre par Ivry

Deux loups sont entrés dans Paris

Ah tu peux rire, charmante Elvire

Deux loups sont entrés dans Paris.

 

Le premier n'avait plus qu'un œil

C'était un vieux mâle de Krivoï

Il installa ses dix femelles

Dans le maigre square de Grenelle

Et nourrit ses deux cents petits

Avec les enfants de Passy... alors

 

Cent loups, ououh! ououououh!

Cent loups sont entrés dans Paris

Soit par Issy, soit par Ivry

Cent loups sont entrés dans Paris

Cessez de rire, charmante Elvire

Cent loups sont entrés dans Paris.

 

Le deuxième n'avait que trois pattes

C'était un loup gris des Carpates

Qu'on appelait Carêm'-Prenant

Il fit faire gras à ses enfants

Et leur offrit six ministères

Et tous les gardiens des fourrières... alors

 

Les loups ououh! ououououh!

Les loups ont envahi Paris

Soit par Issy, soit par Ivry

Les loups ont envahi Paris

Cessez de rire, charmante Elvire

Les loups ont envahi Paris.

 

Attirés par l'odeur du sang

Il en vint des mille et des cents

Faire carouss', liesse et bombance

Dans ce foutu pays de France

Jusqu'à c'que les hommes aient retrouvé

L'amour et la fraternité.... alors

 

Les loups ououh! ououououh!

Les loups sont sortis de Paris

Soit par Issy, soit par Ivry

Les loups sont sortis de Paris

Tu peux sourire, charmante Elvire

Les loups sont sortis de Paris

J'aime ton rire, charmante Elvire

Les loups sont sortis de Paris...

 

16/02/2012

Citernes, la fin justifie-t-elle les moyens ?

Décidémment, on n'a pas fini de parler des citernes de Vernier (mise à jour du blog du 6 février)

Citerne.jpgL'UDC Vernier se bat de longue date pour que l'on n'oublie pas le sujet, voir à ce propos le blog

L'UDC au niveau cantonal se bat également mais se sent bien isolée face à des députés qui dans leur majorité refusent d'entrer en matière même partiellement sur le déplacement des citernes. En effet, la motion UDC M1966 a été balayée en commission et le sera sans doute tout autant en plénière lors du débat qui opposera mon rapport de minorité à celui de la majorité des députés.

Le Grand Conseil ne veut pas de la motion UDC pour déplacer les citernes, et propose une nouvelle motion (M2043) pour déplacer les stocks obligatoires loin de Genève. A la raffinerie de Cressier peut-être ? Mais les démarches devront se mener avec de nouveaux acteurs: la Confédération et le canton de Neuchâtel. C'est donc de la très lointaine musique d'avenir.  Le Conseil d'Etat  est en charge du dossier mais discute-t-il avec les pétroliers ? Il est permis d'en douter car il fait la sourde oreille aux appels répétés de Vernier quand Mark Muller répond par voix de presse qu"'il est illusoire de penser que sans les pétroliers, nous puissions trouver des solutions rapidement". Certes, il y a de quoi être desespéré mais de là à entamer une grève de la faim...

Pathétique image de la démocratie si finalement, il s'avère que ce soit là la seule manière d'obtenir enfin ce que nous demandons depuis trop longtemps : des explications transparentes sur la stratégie de l'Etat en matière de dépôts pétroliers, sous entendu qu'il en ait une...

Bon courage Stéphane !

 

11:35 Publié dans Politique | Tags : citerne, vernier, udc | Lien permanent | Commentaires (4)

14/02/2012

Locations de l'Etat, une vraie saga

Par le biais des journaux, on apprend que l'Etat a signé un bail de 15 ans (!)  avec un minimum de 120 mois avant résiliation pour loger ses services dans le nouvel immeuble SI Saint-Georges Center SA pour 5,2 millions  de francs par an. Au mètre carré le prix du loyer est d'environ 600 francs alors que le loyer moyen dans ce quartier est plutôt de 350 francs. Même les banques approchées ont refusé un tel loyer. L'Etat, magnanime n'a pas hésité à « sauver » le promoteur Thierry Barbier Müller. Celui-là même qui, en 2009, avait financièrement soutenu la campagne électorale du ministre en charge des constructions et de l'immobilier Mark Muller, en lui garantissant un retour sur investissement de 52 millions de francs en 10 ans soit autant que tout ce qu'il paie aujourd'hui par an pour tous ses loyers. L'Etat aurait pu racheter l'immeuble mais il a préféré le louer à un prix surfait !

D'où ma question déposée aujourd'hui au Grand Conseil:

Le Conseil d'Etat, qui a pour objectif de réduire les coûts des locaux loués par l'Etat, peut-il expliquer les conditions invraisemblables qu'il a acceptées au St-Georges Center ?

 

08/02/2012

Vol au-dessus des lois

La Chine ne veut pas payer la taxe carbone imposée à tous les vols traversant le ciel européen. Craignant les mesures de rétorsion du géant, le nain européen, sans doute, laissera faire, tandis que d'autres, la Suisse en tête des bons élèves, s'y plieront sans broncher, comme toujours et comme dans tant d'autres domaines. Soupir. Ce n'est pas comme ça qu'on sauvera la planète.

En matière de droit de polluer, notre comportement individuel n'a guère à envier à celui du géant. Le traffic aérien à Cointrin atteint des sommets: 13 millions aujourd'hui, 20 millions demain. Quand donc cesserons-nous de nous balader dans les airs pour un rien? Je suis stupéfaite de l'attitude de tant de Verts à vélo qui fustigent l'automobiliste qui a, encore, l'outrecuidance de se rendre au boulot en voiture alors que, pour des vacances, ces mêmes Verts n'hésitent pas à exploser leur quota de CO2 ! On pollue aujourd'hui davantage pour les loisirs que pour les déplacements professionnels, nous avons perdu tout sens des proportions.

J'ai grandi au milieu des avions, l'odeur du kérosène avait un air de famille. Il a depuis pris un goût amer, j'ai repris pied sur terre car les lointains voyages ne me font plus rêver. L'aéroport, ce passage obligé, est aujourd'hui truffé de files d'attente, de fouilles sécuritaires et de boutiques partout pareilles. On nous entasse dans des avions aux menus insipides pour rejoindre des pays en perte d'identité. La mondialisation a tout nivellé mais grâce à elle, j'ai redécouvert le plaisir des voyages de proximité, et mieux encore, de rester chez moi.

Il est vrai que j'ai la chance de vivre en villa et de profiter d'un jardin plein de vie. Ce privilège à un prix, celui épargné durant des années. J'ai choisi d'investir dans la pierre, plutôt que de m'envoler dans les airs.  A l'heure où l'on fustige le propriétaire, il serait bon de penser qu'à entasser des locataires dans des logements sans âme et sans jardin, le corollaire est que celui-ci n'aura en tête que de s'évader par tous les moyens, vers des espaces plus grands, plus verts et plus accueillants qui, forcément, du fait du développement urbain, se trouveront toujours plus loin.

C'est sans doute la raison qui pousse notre cher aéroport à cacher sa vision du territoire à ceux-là même qui s'en préoccupent. S'il leur venait de partager leurs vues, ils pourraient être surpris de leur concordance: on rase les villas situées trop près d'un aéroport toujours plus gourmand et on s'assure de fait, des futurs voyageurs en quête de jours meilleurs situés forcément, ailleurs.

J'affabule ? Mais alors pourquoi l'aéroport cache-t-il son plan directeur ? D'où les questions que j'ai posées le 6 février 2012 sous la forme de 2 interpellations urgentes au Grand Conseil :

Comment aboutir à un plan guide crédible si celui-ci ne tient pas compte du plan directeur de l’aéroport international de Genève ?

L’aéroport international de Genève est-il au-dessus des lois en matière d’aménagement du territoire?

 

 

 

03/02/2012

Quand la chasse s'érige en art mortel

Le président des chasseurs suisses, prétend que la chasse est un art nécessaire et un devoir public ! Quand l'artiste utilise le pinceau ou la plume, je veux bien croire au chef d'œuvre autodidacte, mais quand l'art se pratique au fusil, s'écrit avec du sang, et finit en nature morte, la moindre des choses et d'avoir pris des cours pour au moins viser juste. Or les chasseurs n'en veulent pas. Genève est cité en exemple d'une chasse qui ne veut pas dire son nom dans un canton qui l'a proscrite. Mais nos gardes-chasse sont instruits et formés au tir et de fait, légitimés à réguler une espèce en cas de dégâts aux cultures. Leur tableau de  chasse  est bien modeste en comparaison du  coup de main, et non de fusil, qu'ils donnent tout au long de l'année pour aider à la protection des animaux.

On ne peut pas en dire autant des chasseurs qui, pour nous faire avaler leur chevrotine, s'attaquent au loup, à l'ours et au lynx  au nom d'une chasse qu'ils qualifient faussement  de « durable pour le bien de l'écosystème ».  Il est temps  d'imposer des cours de tir aux chasseurs pour éviter qu'ils ne se retrouvent eux-mêmes dans la liste des nuisibles.

 

Un chasseur sachant chasser sans son chien et sans son fusil est un bon chasseur...

 

12:58 Publié dans Politique | Tags : chasse, nature | Lien permanent | Commentaires (1)