26/01/2012

Animal drame (titre inspiré d'un autre blog du jour)

Zeb.jpgL'affrontement des chasseurs et protecteurs des animaux sur la gestion des grands prédateurs pousse Zebulon, blagueur, hors du bois pour s'exprimer sur l'affaire Mark Muller. Zebulon trouverait vraiment dommage que l'homme politique soit condamné pour une histoire de comportement privé alors même que c'est sur sa politique qu'il devrait être jugé.

Le seul conseiller d'Etat a avoir été condamné par la justice est Jean René Fournier, et il l'a été sur sa politique, par rapport à sa manière de faire en matière de gestion des grands prédateurs. Il a écopé de 60 jours de travail d'intérêt général, avec sursis, pour violation de la loi sur la chasse. En 2006, il avait autorisé à tort le tir d'un loup, ce dernier avait de fait été abattu et comble du mépris, il avait osé aller jusqu'à empailler la pauvre bête et l'exposer comme un trophée.

Si l'inculpé Mark Muller devait être condamné à du travail d'intérêt général, Zebulon propose de l'affecter, sans sursis, aux soins des hérissons chassés de leur habitat, les quartiers  de villas, que le Conseiller d'Etat n'hésite pas à condamner par des déclassements à tout va.  Et le logement dans tout ça ? Eh bien, qu'il offre déjà le sien, répond Zebulon.

 

Boites de nuit, et si on ouvrait jusqu'au matin ?

Excédé par le tapage nocturne, un habitant de la Vieille Ville finit par tirer sur les fêtards qui, à 4h du matin, lors de la fermeture, sept jours sur sept, perturbent le sommeil de tout un quartier, de quoi en effet « pêter les plombs ». Les habitants de la ville n'en peuvent plus et l'énervement est général. Le mécontentement existe autant du côté des exploitants que des habitants et les pétitions se multiplient, confirmant le ras le bol des deux rives, des Pâquis à la Vieille Ville.

Depuis 2010, les nuisances nocturnes se sont amplifiées avec l'entrée en vigueur de la loi anti-tabac qui a poussé les fumeurs hors des établissements publics.  Le nombre des établissements allant croissant, les nuisances atteignent leur paroxysme; le seuil de tolérance est dépassé; les chuchoteurs ne contrôlent que l'entrée des boites de nuit;  la police, en sous-effectif, n'effectue plus de rondes de nuit; l'administration et les pétitions n'aboutissent à rien de concret... et le drame finit par arriver. Comment éviter qu'il ne survienne à nouveau ?

Au-delà de déplacer les établissements les plus problématiques loin des quartiers habités dans des zones industrielles, on pourrait aussi réfléchir à l'horaire de fermeture. Certains demandent de l'avancer, je propose de le retarder.  Si les boites de nuit ne fermaient qu'à l'heure du réveil habituel des habitants, soit vers 7h du matin, les sorties bruyantes et groupées, sur le coup des 4 heures, seraient évitées. La question mérite d'être posée, et l'expérience d'être tentée.

 

20/01/2012

Genève nature, encore une occasion ratée

Les couloirs biologiques sont les routes de la nature, qu'il s'agisse de haies vives ou de cours d'eau naturels. Les espèces les utilisent pour se déplacer en toute sécurité et donc survivre. A Genève,  l'enjeu est grand car ces couloirs verts ou bleus sont discontinus ou menacés.

Le concours du réaménagement de la route de Meyrin à la hauteur du CERN offrait une belle occasion à l'Etat de recréer un corridor biologique le long du Nant d'Avril pour éviter l'isolement grandissant des marais de Mategnin.  Las, une fois de plus, l'aménagement choisi en fait fi de la nature, la traversée en toute sécurité de la route de Meyrin, ce sera pour les humains seulement. .. Lors du réaménagement de cette même route pour  la venue du tram, le corridor biologique avait aussi été oublié alors que l'enjeu était connu et reconnu d'importance.  On nous promet une agglomération verte, mais on oublie l'existant et du coup, on n'y croit plus.

Les slogans ne tromperont plus personne si ce sont toujours les tronçonneuses qui ont le dernier mot. Evitez-nous l'escroquerie  intellectuelle consistant à prôner un projet d'agglomération « verte » sur le papier tout en continuant dans la réalité, à couper les arbres et à oublier la nature pour de nombreuses mauvaises raisons.

 

15/01/2012

Hic et nunc

Je veux que mes désirs soient satisfaits ici et maintenant ! Traduite dans notre contexte actuel cette formule illustre le culte de l'immédiateté matérialiste auquel notre société de consommation nous a habitués.

Jeanne Hersch le disait autrement «  Nous n'avons qu'un rendez-vous avec le monde, c'est ici et maintenant » et dans un autre contexte  mais celui de Genève s'y prête tout à fait.

Vivre dans le passé ou dans le futur est une illusion qui ne répond pas aux aspirations du présent. L'être humain est capable de patience face à un processus dynamique uniquement. Nous n'acceptons de sacrifier notre présent  que si les efforts consentis permettent de profiter d'améliorations visibles ou prévisibles. Ainsi, on accepte de bouffer de patates pour se construire une maison, on subit une nuisance si l'on sait qu'elle n'est que passagère. Déplacements et logements répondent à cette même logique.

Dans un souci de bien-être futur, face à la menace d'une pénurie de place et d'énergie, notre gouvernement, prévoyant, nous incite à quitter nos habitudes de vie d'aujourd'hui en nous prédisant se faisant un mieux vivre futur.

Ainsi, pour continuer à nous déplacer sans encombre demain, il nous faut abandonner la voiture aujourd'hui et adopter les transports en commun. Le problème, c'est qu'aujourd'hui les transports publics ne sont pas prêts à absorber ce transfert modal (le seront-ils jamais ? ne vaudrait-il pas mieux parier sur la complémentarité des modes de transport ?). On le constate depuis trop longtemps, la mise en place de l'idéal nous empoisonne le quotidien. Cet idéal nous échappe et ressemble de plus en plus à une coûteuse illusion. L'usager a le mauvais sentiment de se faire voler son présent au profit d'un futur qu'il ne verra à l'évidence pas de son vivant. En reprenant le guidon ou le volant, il a au moins le sentiment concret de reprendre son destin en main. Le futur attendra.

Idem pour le logement. L'idéal reste de devenir propriétaire et la propriété rêvée reste un espace d'habitation suffisant, une maison avec jardin ou un bel appartement. Un rêve impossible à Genève mais réalisable en France ou Suisse voisine quitte à faire 50 km de déplacement par jour. La pénurie de logement est une réalité palpable, celle du pétrole reste hypothétique.  L'exode massif des Genevois  montre que ces derniers veulent vivre bien aujourd'hui, on n'a qu'une seule vie.

Le plan directeur 2030 ne plait ni aux propriétaires existants ni aux propriétaires aspirants, et pour cause. Cette vision nouvelle qu'on nous impose, ignore nos besoins d'aujourd'hui.  On nous promet des logements, des « requalifications structurantes » mais rares sont les réalisations récentes qui soient véritablement enthousiasmantes et porteuses d'un quelconque espoir pour un futur meilleur.

L'être humain est ainsi fait qu'il ne sacrifiera pas son présent pour les générations futures.

La construction territoriale ne se fait pas en effaçant l'existant. Que nous faudra-t-il pour cesser enfin de croire en une croissance infinie ?  Il nous faudra sans doute, hélas, passer par la douleur,  la crise et les erreurs  avant de mettre un frein à tous ces refrains de renouvellement urbain.

Il ne s'agit pas de défaire ce qui existe mais de construire en tenant compte de l'existant. A défaut on s'y casse les dents, comme Caucescu à Bucarest ou Braillard à Genève. Mark Muller joue au génie des Carpates. Au lendemain d'un réveillon bien assaisonné, il risque plutôt finir en triste sire du Nant du Bois de la Gueule...

 

01/01/2012

Pour tous, pourvu qu'elle soit douce, cette année 2012

Janvier 2012,  Varsovie

Retour aux sources. Après un Noël passé en famille, nous profitons de quelques jours de repos pour redécouvrir mon pays et sommes pour l'an neuf à Varsovie.

La neige ne recouvre pas les plaines et les lacs sont à peine gelés. Quelques signes printaniers nous font même oublier que l'hiver est loin d'être terminé. Sur le vieux noyer du jardin, 2 flammes rousses courent sur l'écorce, les écureuils profitent de l'aubaine de noix servie quotidiennement, et nous gratifient d'un balai de casse-noisette des plus divertissants.

Heureux Nouvel An !

Déjà presque dix jours que nous sommes en Pologne. Dix jours sans horaires définis, sans devoirs ni écrits. Au gré des heures, on glisse des soirées passées en famille au plaisir des grasses matinées.  Pas de hérissons à nourrir, mon amie Christine s'en occupe. Il n'en reste qu'une douzaine, la plupart ont été relâchés avant notre départ, le temps clément et leur bonne santé aidant. Les autres continuent de grossir en attendant le printemps. Sur les 79 hérissons recueillis en 2011, presque deux fois plus qu'en 2010, 2/3 ont retrouvé la liberté, un score honorable compte tenu de l'état misérable dans lequel ils arrivent.

J'aspire à une année 2012 toute douce, au contraire de l'an passé à courir, toujours davantage de la campagne électorale sans répit de janvier à avril, au cumul du mandat de députée avec celui de conseillère municipale, dès le mois de juin. Un mois de juin marqué également par le début d'un travail de longue haleine au niveau professionnel sur le plan directeur cantonal 2030. Pic-Vert se devait de réagir face à ce plan excessif touchant tous les territoires construits et particulièrement les ceux des propriétaires individuels que l'association défend. Dès l'enquête publique du printemps jusqu'au préavis des communes de la fin d'année, la mobilisation fut conséquente tant au niveau associatif que personnel. Mais l'énergie engagée à préserver les droits des habitants et leur environnement a payé au-delà des attentes avec le rejet massif exprimé par une majorité de communes. Il s'agira en 2012, de poursuivre l'engagement, de faire évoluer ce plan, d'y intégrer le respect de l'existant, de l'habitant, du tissu local, de sa diversité et de son intégrité. Je m'y attellerai personnellement, à titre professionnel et politique.

Etrange contraste entre cette volonté de collectivisation genevoise et cette Pologne nouvelle qui redécouvre la propriété individuelle. Partout, les immeubles gris-béton de l'ère communiste cèdent la place à de jolies villas ; les autoroutes se développent avec l'aide de l'Europe ; les moyens dédiés aux transports collectifs sont réattribués transport individuel. Et que dire de ces centres commerciaux, qui poussent comme des champignons, sont ouverts tous les jours jusqu'à tard, même le dimanche, pourtant jour du seigneur dans cette Pologne à la ferveur bien vivante. A la messe de minuit de l'église du quartier, il y avait au moins 1800 personnes !

Le dynamisme polonais est immense, leur envie de dépense insatiable à l'instar de tous ces pays émergents  chez qui le climat est bien loin de faire débat. Leur tour est venu de faire des ravages et qu'on ne vienne surtout pas les déranger en plein sabotage.

Décidément, le sacrifice des uns n'empêchera pas le gaspillage des autres. Quoi qu'on décide à l'Ouest n'aura aucune prise sur l'Est. Notre contrition en solo ne sauvera personne, la banquise disparaîtra et l'ours blanc avec.

Au pain sec, on préfère toujours la brioche. Celle des rois est pour moi, le 6 janvier, je suis reine !

Pour tous, pourvu qu'elle soit douce, cette année 2012...