Politique - Page 24

  • Vol au-dessus des lois

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    La Chine ne veut pas payer la taxe carbone imposée à tous les vols traversant le ciel européen. Craignant les mesures de rétorsion du géant, le nain européen, sans doute, laissera faire, tandis que d'autres, la Suisse en tête des bons élèves, s'y plieront sans broncher, comme toujours et comme dans tant d'autres domaines. Soupir. Ce n'est pas comme ça qu'on sauvera la planète.

    En matière de droit de polluer, notre comportement individuel n'a guère à envier à celui du géant. Le traffic aérien à Cointrin atteint des sommets: 13 millions aujourd'hui, 20 millions demain. Quand donc cesserons-nous de nous balader dans les airs pour un rien? Je suis stupéfaite de l'attitude de tant de Verts à vélo qui fustigent l'automobiliste qui a, encore, l'outrecuidance de se rendre au boulot en voiture alors que, pour des vacances, ces mêmes Verts n'hésitent pas à exploser leur quota de CO2 ! On pollue aujourd'hui davantage pour les loisirs que pour les déplacements professionnels, nous avons perdu tout sens des proportions.

    J'ai grandi au milieu des avions, l'odeur du kérosène avait un air de famille. Il a depuis pris un goût amer, j'ai repris pied sur terre car les lointains voyages ne me font plus rêver. L'aéroport, ce passage obligé, est aujourd'hui truffé de files d'attente, de fouilles sécuritaires et de boutiques partout pareilles. On nous entasse dans des avions aux menus insipides pour rejoindre des pays en perte d'identité. La mondialisation a tout nivellé mais grâce à elle, j'ai redécouvert le plaisir des voyages de proximité, et mieux encore, de rester chez moi.

    Il est vrai que j'ai la chance de vivre en villa et de profiter d'un jardin plein de vie. Ce privilège à un prix, celui épargné durant des années. J'ai choisi d'investir dans la pierre, plutôt que de m'envoler dans les airs.  A l'heure où l'on fustige le propriétaire, il serait bon de penser qu'à entasser des locataires dans des logements sans âme et sans jardin, le corollaire est que celui-ci n'aura en tête que de s'évader par tous les moyens, vers des espaces plus grands, plus verts et plus accueillants qui, forcément, du fait du développement urbain, se trouveront toujours plus loin.

    C'est sans doute la raison qui pousse notre cher aéroport à cacher sa vision du territoire à ceux-là même qui s'en préoccupent. S'il leur venait de partager leurs vues, ils pourraient être surpris de leur concordance: on rase les villas situées trop près d'un aéroport toujours plus gourmand et on s'assure de fait, des futurs voyageurs en quête de jours meilleurs situés forcément, ailleurs.

    J'affabule ? Mais alors pourquoi l'aéroport cache-t-il son plan directeur ? D'où les questions que j'ai posées le 6 février 2012 sous la forme de 2 interpellations urgentes au Grand Conseil :

    Comment aboutir à un plan guide crédible si celui-ci ne tient pas compte du plan directeur de l’aéroport international de Genève ?

    L’aéroport international de Genève est-il au-dessus des lois en matière d’aménagement du territoire?

     

     

     

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  • Quand la chasse s'érige en art mortel

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    Le président des chasseurs suisses, prétend que la chasse est un art nécessaire et un devoir public ! Quand l'artiste utilise le pinceau ou la plume, je veux bien croire au chef d'œuvre autodidacte, mais quand l'art se pratique au fusil, s'écrit avec du sang, et finit en nature morte, la moindre des choses et d'avoir pris des cours pour au moins viser juste. Or les chasseurs n'en veulent pas. Genève est cité en exemple d'une chasse qui ne veut pas dire son nom dans un canton qui l'a proscrite. Mais nos gardes-chasse sont instruits et formés au tir et de fait, légitimés à réguler une espèce en cas de dégâts aux cultures. Leur tableau de  chasse  est bien modeste en comparaison du  coup de main, et non de fusil, qu'ils donnent tout au long de l'année pour aider à la protection des animaux.

    On ne peut pas en dire autant des chasseurs qui, pour nous faire avaler leur chevrotine, s'attaquent au loup, à l'ours et au lynx  au nom d'une chasse qu'ils qualifient faussement  de « durable pour le bien de l'écosystème ».  Il est temps  d'imposer des cours de tir aux chasseurs pour éviter qu'ils ne se retrouvent eux-mêmes dans la liste des nuisibles.

     

    Un chasseur sachant chasser sans son chien et sans son fusil est un bon chasseur...

     

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  • Animal drame (titre inspiré d'un autre blog du jour)

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    Zeb.jpgL'affrontement des chasseurs et protecteurs des animaux sur la gestion des grands prédateurs pousse Zebulon, blagueur, hors du bois pour s'exprimer sur l'affaire Mark Muller. Zebulon trouverait vraiment dommage que l'homme politique soit condamné pour une histoire de comportement privé alors même que c'est sur sa politique qu'il devrait être jugé.

    Le seul conseiller d'Etat a avoir été condamné par la justice est Jean René Fournier, et il l'a été sur sa politique, par rapport à sa manière de faire en matière de gestion des grands prédateurs. Il a écopé de 60 jours de travail d'intérêt général, avec sursis, pour violation de la loi sur la chasse. En 2006, il avait autorisé à tort le tir d'un loup, ce dernier avait de fait été abattu et comble du mépris, il avait osé aller jusqu'à empailler la pauvre bête et l'exposer comme un trophée.

    Si l'inculpé Mark Muller devait être condamné à du travail d'intérêt général, Zebulon propose de l'affecter, sans sursis, aux soins des hérissons chassés de leur habitat, les quartiers  de villas, que le Conseiller d'Etat n'hésite pas à condamner par des déclassements à tout va.  Et le logement dans tout ça ? Eh bien, qu'il offre déjà le sien, répond Zebulon.

     

  • Boites de nuit, et si on ouvrait jusqu'au matin ?

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    Excédé par le tapage nocturne, un habitant de la Vieille Ville finit par tirer sur les fêtards qui, à 4h du matin, lors de la fermeture, sept jours sur sept, perturbent le sommeil de tout un quartier, de quoi en effet « pêter les plombs ». Les habitants de la ville n'en peuvent plus et l'énervement est général. Le mécontentement existe autant du côté des exploitants que des habitants et les pétitions se multiplient, confirmant le ras le bol des deux rives, des Pâquis à la Vieille Ville.

    Depuis 2010, les nuisances nocturnes se sont amplifiées avec l'entrée en vigueur de la loi anti-tabac qui a poussé les fumeurs hors des établissements publics.  Le nombre des établissements allant croissant, les nuisances atteignent leur paroxysme; le seuil de tolérance est dépassé; les chuchoteurs ne contrôlent que l'entrée des boites de nuit;  la police, en sous-effectif, n'effectue plus de rondes de nuit; l'administration et les pétitions n'aboutissent à rien de concret... et le drame finit par arriver. Comment éviter qu'il ne survienne à nouveau ?

    Au-delà de déplacer les établissements les plus problématiques loin des quartiers habités dans des zones industrielles, on pourrait aussi réfléchir à l'horaire de fermeture. Certains demandent de l'avancer, je propose de le retarder.  Si les boites de nuit ne fermaient qu'à l'heure du réveil habituel des habitants, soit vers 7h du matin, les sorties bruyantes et groupées, sur le coup des 4 heures, seraient évitées. La question mérite d'être posée, et l'expérience d'être tentée.

     

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  • Genève nature, encore une occasion ratée

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    Les couloirs biologiques sont les routes de la nature, qu'il s'agisse de haies vives ou de cours d'eau naturels. Les espèces les utilisent pour se déplacer en toute sécurité et donc survivre. A Genève,  l'enjeu est grand car ces couloirs verts ou bleus sont discontinus ou menacés.

    Le concours du réaménagement de la route de Meyrin à la hauteur du CERN offrait une belle occasion à l'Etat de recréer un corridor biologique le long du Nant d'Avril pour éviter l'isolement grandissant des marais de Mategnin.  Las, une fois de plus, l'aménagement choisi en fait fi de la nature, la traversée en toute sécurité de la route de Meyrin, ce sera pour les humains seulement. .. Lors du réaménagement de cette même route pour  la venue du tram, le corridor biologique avait aussi été oublié alors que l'enjeu était connu et reconnu d'importance.  On nous promet une agglomération verte, mais on oublie l'existant et du coup, on n'y croit plus.

    Les slogans ne tromperont plus personne si ce sont toujours les tronçonneuses qui ont le dernier mot. Evitez-nous l'escroquerie  intellectuelle consistant à prôner un projet d'agglomération « verte » sur le papier tout en continuant dans la réalité, à couper les arbres et à oublier la nature pour de nombreuses mauvaises raisons.