Politique - Page 25

  • Hic et nunc

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    Je veux que mes désirs soient satisfaits ici et maintenant ! Traduite dans notre contexte actuel cette formule illustre le culte de l'immédiateté matérialiste auquel notre société de consommation nous a habitués.

    Jeanne Hersch le disait autrement «  Nous n'avons qu'un rendez-vous avec le monde, c'est ici et maintenant » et dans un autre contexte  mais celui de Genève s'y prête tout à fait.

    Vivre dans le passé ou dans le futur est une illusion qui ne répond pas aux aspirations du présent. L'être humain est capable de patience face à un processus dynamique uniquement. Nous n'acceptons de sacrifier notre présent  que si les efforts consentis permettent de profiter d'améliorations visibles ou prévisibles. Ainsi, on accepte de bouffer de patates pour se construire une maison, on subit une nuisance si l'on sait qu'elle n'est que passagère. Déplacements et logements répondent à cette même logique.

    Dans un souci de bien-être futur, face à la menace d'une pénurie de place et d'énergie, notre gouvernement, prévoyant, nous incite à quitter nos habitudes de vie d'aujourd'hui en nous prédisant se faisant un mieux vivre futur.

    Ainsi, pour continuer à nous déplacer sans encombre demain, il nous faut abandonner la voiture aujourd'hui et adopter les transports en commun. Le problème, c'est qu'aujourd'hui les transports publics ne sont pas prêts à absorber ce transfert modal (le seront-ils jamais ? ne vaudrait-il pas mieux parier sur la complémentarité des modes de transport ?). On le constate depuis trop longtemps, la mise en place de l'idéal nous empoisonne le quotidien. Cet idéal nous échappe et ressemble de plus en plus à une coûteuse illusion. L'usager a le mauvais sentiment de se faire voler son présent au profit d'un futur qu'il ne verra à l'évidence pas de son vivant. En reprenant le guidon ou le volant, il a au moins le sentiment concret de reprendre son destin en main. Le futur attendra.

    Idem pour le logement. L'idéal reste de devenir propriétaire et la propriété rêvée reste un espace d'habitation suffisant, une maison avec jardin ou un bel appartement. Un rêve impossible à Genève mais réalisable en France ou Suisse voisine quitte à faire 50 km de déplacement par jour. La pénurie de logement est une réalité palpable, celle du pétrole reste hypothétique.  L'exode massif des Genevois  montre que ces derniers veulent vivre bien aujourd'hui, on n'a qu'une seule vie.

    Le plan directeur 2030 ne plait ni aux propriétaires existants ni aux propriétaires aspirants, et pour cause. Cette vision nouvelle qu'on nous impose, ignore nos besoins d'aujourd'hui.  On nous promet des logements, des « requalifications structurantes » mais rares sont les réalisations récentes qui soient véritablement enthousiasmantes et porteuses d'un quelconque espoir pour un futur meilleur.

    L'être humain est ainsi fait qu'il ne sacrifiera pas son présent pour les générations futures.

    La construction territoriale ne se fait pas en effaçant l'existant. Que nous faudra-t-il pour cesser enfin de croire en une croissance infinie ?  Il nous faudra sans doute, hélas, passer par la douleur,  la crise et les erreurs  avant de mettre un frein à tous ces refrains de renouvellement urbain.

    Il ne s'agit pas de défaire ce qui existe mais de construire en tenant compte de l'existant. A défaut on s'y casse les dents, comme Caucescu à Bucarest ou Braillard à Genève. Mark Muller joue au génie des Carpates. Au lendemain d'un réveillon bien assaisonné, il risque plutôt finir en triste sire du Nant du Bois de la Gueule...

     

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  • Pour tous, pourvu qu'elle soit douce, cette année 2012

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    Janvier 2012,  Varsovie

    Retour aux sources. Après un Noël passé en famille, nous profitons de quelques jours de repos pour redécouvrir mon pays et sommes pour l'an neuf à Varsovie.

    La neige ne recouvre pas les plaines et les lacs sont à peine gelés. Quelques signes printaniers nous font même oublier que l'hiver est loin d'être terminé. Sur le vieux noyer du jardin, 2 flammes rousses courent sur l'écorce, les écureuils profitent de l'aubaine de noix servie quotidiennement, et nous gratifient d'un balai de casse-noisette des plus divertissants.

    Heureux Nouvel An !

    Déjà presque dix jours que nous sommes en Pologne. Dix jours sans horaires définis, sans devoirs ni écrits. Au gré des heures, on glisse des soirées passées en famille au plaisir des grasses matinées.  Pas de hérissons à nourrir, mon amie Christine s'en occupe. Il n'en reste qu'une douzaine, la plupart ont été relâchés avant notre départ, le temps clément et leur bonne santé aidant. Les autres continuent de grossir en attendant le printemps. Sur les 79 hérissons recueillis en 2011, presque deux fois plus qu'en 2010, 2/3 ont retrouvé la liberté, un score honorable compte tenu de l'état misérable dans lequel ils arrivent.

    J'aspire à une année 2012 toute douce, au contraire de l'an passé à courir, toujours davantage de la campagne électorale sans répit de janvier à avril, au cumul du mandat de députée avec celui de conseillère municipale, dès le mois de juin. Un mois de juin marqué également par le début d'un travail de longue haleine au niveau professionnel sur le plan directeur cantonal 2030. Pic-Vert se devait de réagir face à ce plan excessif touchant tous les territoires construits et particulièrement les ceux des propriétaires individuels que l'association défend. Dès l'enquête publique du printemps jusqu'au préavis des communes de la fin d'année, la mobilisation fut conséquente tant au niveau associatif que personnel. Mais l'énergie engagée à préserver les droits des habitants et leur environnement a payé au-delà des attentes avec le rejet massif exprimé par une majorité de communes. Il s'agira en 2012, de poursuivre l'engagement, de faire évoluer ce plan, d'y intégrer le respect de l'existant, de l'habitant, du tissu local, de sa diversité et de son intégrité. Je m'y attellerai personnellement, à titre professionnel et politique.

    Etrange contraste entre cette volonté de collectivisation genevoise et cette Pologne nouvelle qui redécouvre la propriété individuelle. Partout, les immeubles gris-béton de l'ère communiste cèdent la place à de jolies villas ; les autoroutes se développent avec l'aide de l'Europe ; les moyens dédiés aux transports collectifs sont réattribués transport individuel. Et que dire de ces centres commerciaux, qui poussent comme des champignons, sont ouverts tous les jours jusqu'à tard, même le dimanche, pourtant jour du seigneur dans cette Pologne à la ferveur bien vivante. A la messe de minuit de l'église du quartier, il y avait au moins 1800 personnes !

    Le dynamisme polonais est immense, leur envie de dépense insatiable à l'instar de tous ces pays émergents  chez qui le climat est bien loin de faire débat. Leur tour est venu de faire des ravages et qu'on ne vienne surtout pas les déranger en plein sabotage.

    Décidément, le sacrifice des uns n'empêchera pas le gaspillage des autres. Quoi qu'on décide à l'Ouest n'aura aucune prise sur l'Est. Notre contrition en solo ne sauvera personne, la banquise disparaîtra et l'ours blanc avec.

    Au pain sec, on préfère toujours la brioche. Celle des rois est pour moi, le 6 janvier, je suis reine !

    Pour tous, pourvu qu'elle soit douce, cette année 2012...

     

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  • Chroniques hérissonnes 7

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    80 hérissons recueillis en 2011. Hélas tous n'ont pas pu être sauvés.

    Chroniques herissonnes 1à26.pdf

    Chroniques herissonnes 27à79.pdf

     

    Joyeux Noël et bonne année  à toutes et tous !!!

     

    Et si un petit film vous dit, cliquez ici

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  • Frustrée du budget 2012

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    Aujourd'hui, les propositions de coupes ou d'augmentation de budget se sont succédées, les motions d'ordre aussi, jusqu'à nous priver de débat. Ainsi, une fois de plus, les mêmes prestations ont échappé à la critique : l'aménagement et les investissements notamment.

    Si je salue la réalisation d'un budget par prestation qui permet d'appréhender ces dernières pour ce qu'elles sont et ce qu'elles coûtent réellement, force est de constater aussi les limites du parlement de milice que nous sommes. Face au déficit grandissant, l'Etat a demandé aux hauts fonctionnaires, des départements, d'offices et  de services de revenir sur le métier, de se pencher chacun sur leur budget  pour parvenir à des coupes supplémentaires mais réfléchies, supportables, acceptables. Ce travail a pris du temps et a mobilisé nombre de personnel en interne et a abouti àla présentation à l'arraché d'un nouveau budget à la commission des finances. Et nous voici, aujourd'hui réunis pour relever le défi. D'aucuns prétendront être capables à nous 100, de faire mieux en un jour, que les autres en 100 et la commission des finances en en 10. Je ne suis pas membre de la commission des finances, et ne me sens l'âme d'une apprentie sorcière. En ce sens, le souci est partagé par le reste de l'UDC. Mais d'autres formations n'ont pas eu peur d'annoncer tout et son contraire, je ne prendrais en exemple que les amendements annoncés par le MCG qui, s'ils avaient été acceptés, auraient creusé le déficit de 82 millions...

    Mais amender à la hache telle ou telle ligne budgétaire, c'est jouer un jeu dangereux. Le budget est un mikado dont le Grand Conseil  ne voit pas la plupart des pièces imbriquées. Sagement, l'UDC a préféré, et c'est une première, ne pas s'adonner à ce jeu irresponsable.

    On ne peut à la fois vouloir la sécurité, et refuser les budgets, la justice et lui couper l'herbe sous les pieds, refuser la hausse d'impôts et mais aussi le budget. Le ninisme a vécu, l'UDC l'a compris et... à la surprise générale a voté le budget.

    Ce qui n'empêchera pas l'UDC de rester attentive car les investissements consentis sont conséquents et plus que suffisants. Charger la barque dans les mois à venir serait téméraire alors même que partout la mer est en colère.

    Alors quid de la frustration ?

    Pour ma part, j'aurais souhaité m'exprimer sur une politique publique dévoreuse de deniers, celle de l'aménagement du territoire. Je n'ai pas pu le faire, faute de débat, alors je me rattrappe par mon blog interposé.

    Genève vit sur un trop grand pied, Genève vit au-dessus de ses moyens et tôt ou tard finira par se casser le nez. Notre politique d'aménagement du territoire a des conséquences budgétaires sur toute une série de politiques publiques. Le projet de plan directeur cantonal nous engage à construire partout, en même temps, pour 100'000 nouveaux habitants 50'000 logements de plus, le tout pour un prix démesuré et des besoins non avérés. Et l'administration s'active à cet objectif via les PSD (projets stratégiques de développement). Les conséquences de cette hyperactivité programmée c'est une pléthore d'études, de projets, de mandataires cachés dans des crédits d'études, des crédits d'investissement ou de construction.

    On oublie que les investissements ont des répercussions sur le fonctionnement de l'Etat (chaque projet mobilisant nombre de fonctionnaires qui, du coup, ne peuvent plus faire le travail de base). Alors on engage des "agents spécialisés" (12) pour compléter les équipes, et assurer le suivi, des études à la réalisation des projets, dans les différentS domaines touchés de fait par les projets du DCTI , le département en charge de l'améangement et qui se trouve sous la responsabilité de Mark Muller. Au cœur du système, dans les services urbanistiques qui engendrent ces PSD,  c'est 16 agents qu'il faudra engager sans compter les coûteux honoraires versés à d'innombrables mandataires via d'autres rubriques.

    Enfin, une fois les projets terminés, ce sont les coûts de fonctionnement qui prendront le relais et viendront gonfler les dépenses générales. La boucle est bouclée. Pour répondre aux besoins de vision démesurée du gouvernement, nous creusons le déficit et reportons la charge de la dette aux calendes grecques.

    En matière d'aménagement, nous n'avons pas eu le courage d'admettre que nous ne pourrons jamais tout faire à la fois et surtout de le faire bien. Nous avons suivi un gouvernement qui s'obstine à ignorer ses limites et celle de notre territoire et tente de faire rentrer une baleine dans une boite de sardines. Me trouvant être une de ces sardines, j'ai plus que moyennement apprécié, et accepté, cette occupation étouffante de mon territoire.

     

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  • "neinsager" ou juste précurseurs ?

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    Les communes croulent sous les modifications de zones. Il y a celles d'hier, celles d'aujourd'hui et celles de demain (Plan directeur cantonal). Les habitants,  souvent, et les communes, pas toujours, se battent avec les moyens du bord pour se faire entendre mais ce n'est pas facile.

    En ville de Genève, à La Chevillarde, il a fallut aller jusqu'au tribunal contre l'Etat pour faire respecter la loi! On ne passe pas impunément de 60% de logements sociaux à 30%, en vidant au passage de sa substance la loi (LGZD). Pic-Vert le dénonçait déjà en septembre 2010, soit il y a plus d'un an !  Le tribunal a confirmé que les PLQ adoptés ont force obligatoires et doivent être respectés tels qu'ils ont été adoptés. L'entrée en vigueur de la nouvelle Loi pour la construction de logements d'utilité publique n'a pas autorité pour les modifier ce que le DCTI contestait.

    A Chêne Bougeries,le projet immobilier du chemin Challendin, a été soumis au vote des habitants, le 27 novembre, car le référendum lancé par les associations a abouti. Et les habitants ont suivi en disant non à la destruction de leur cadre de vie. Les habitants seront ils entendus ? J'ai des doutes quand je vois les énormes  moyens déployés par certains pour défendre leur cause qui n'est pas celle des habitants.

    A Lancy, les habitants se battent pour être auditionnés par leur commune sur des PLQ qui dessinent des blocs  au dessus de leur maison sans aucune concertation. Et la pétition lancée pouir sauver le plateau de St-Georges du béton a déjà récolté plus de 2000 signatures.

    De Vernier à Veyrier, d'Onex à  Thônex, commune et habitants se battent pour préserver leur territoire de toutes les croissances, ou nuisances dans le cas de Vernier, que le canton essaie de leur imposer. Mais le canton (Conseil d'Etat et Grand Conseil) reste sourd et muet à ces appels.

    Le Grand Conseil a, en moins de 2 mois, 2 fois déjà été appelé par le Conseil d'Etat a rejeter les recours de communes (Thônex, Chêne Bourg, Grand Saconnex) qui avaient l'outrecuidance de demander par ce biais à être entendues. Comment peut-on en arriver là, où est le dialogue ?

    L'objectif est clair, il reste à Mark Muller un peu plus d'un an pour faire passer le plus possible de projets aux coûts démesurés pour la collectivité mais très lucratifs pour certains. Défend-il réellement les intérêts publics ou seulement un intérêt privé ?

    Si Pic-Vert et les associations partenaires, tentent avec leurs maigres moyens depuis des mois d'informer population et conseils municipaux des enjeux du Plan directeur cantonal, dans le même temps les milieux immobiliers font de même avec des moyens autrement plus conséquents pour défendre leur gagne pain.

    Au parlement des voix s'élèvent depuis longtemps pour dénoncer une fuite en avant faisant fi des habitants, mais faute de majorité, elles ne font pas le poids.

    Quand enfin, c'est dans le camp même du magistrat Mark Muller que des voix s'élèvent pour remettre en question la spirale infernale, les médias se réveillent et relaient le message. Non, je n'irai pas dire merci à son propre parti car y a de quoi être fachée d'être une fois de plus affublée du qualificatif de "chantre" et non de  "puissant relais".

    "neinsager" ou juste précurseurs ? L'avenir donnera raison à ceux qui prônent pour plus de prudence, plus de bon sens et moins de luxe et de lucre.