14/08/2011

Imagine

J'imagine déjà le nouveau siège de l'Union maraichère dans la plaine de l'Aire :

  • En sous-sol, le stockage en chambres froides des produits du terroir
  • Au rez, le centre de livraison et de distribution couplé à un point de vente directe.
  • Aux étages inférieurs, les bureaux de l'administration du centre, des bureaux pour des organisations liées à l'agriculture et même, d'autres bureaux ou locaux commerciaux, histoire de rentabiliser le bâtiment (et la superficie !)
  • Aux étages supérieurs, soyons véritablement ambitieux, du logement pour les travailleurs du centre.
  • Sur le toit, la production d'énergie, la récupération de l'eau et surtout la production hors sol des produits du terroir car par définition, une production « hors sol » n'a plus besoin d'être en contact avec le sol.

Un rêve ? Peut-être pas. Le Conseil d'Etat a adopté à la fin du mois de juillet 2011 un projet de loi débloquant des investissements pour 15,7 millions de francs en faveur « d'infrastructures agricoles durables ». L'enveloppe comprend une manne pour la délocalisation du siège de l'Union maraîchère hors du secteur Praille-Acacias-Vernets vers celui de la plaine de l'Aire. La nouvelle taxe frappant les plus values foncières découlant de déclassements de terrain, permettra d'amortir cette somme.

Dès lors que  le peuple a voté le projet de déclassement des Cherpines, la plaine de l'Aire sera densifiée / bétonnée dans son entier : jusqu'à l'autoroute pour construire une zone industrielle, des équipements publics et du logement et, au-delà de l'autoroute, pour construire une zone agricole spéciale (comprenez pour la production hors sol sous serre).

Les agriculteurs, Union maraîchère en tête, qui sont prêts à faire ce sacrifice de bonnes terres fertiles, seraient bien inspirés de montrer l'exemple en utilisant de la manière la plus rationnelle et la plus durable les terrains ainsi condamnés pour réaliser leur futur centre. Et ma proposition d'utilisation maximale de la superficie sur plusieurs niveaux est sans conteste la manière la plus rationnelle et la plus durable d'y parvenir.

En découvrant l'infrastructure projetée lors de la présentation de l'agriculture genevoise  ce printemps au parlement, je n'ai pas manqué d'interpeller dans ce sens le secrétaire général du DIM (département qui présente le projet de loi susmentionné), le responsable d'Agri Genève et celui du Service de l'agriculture. En effet, l'infrastructure en question, futur siège de l'Union maraichère, était dessinée sur 1 étage  (1 seul étage !) mais s'étalait sur une immense surface au sol.

Dans une région au territoire exigu, à forte croissance démographique et où les surfaces cultivables ne cessent de diminuer, il y a lieu non seulement de maintenir une production locale dont on aura toujours plus besoin, mais aussi de faire un usage parcimonieux du sol, surtout là ou celui-ci est fertile !

2 mois ce sont écoulés depuis cette discussion, espérons qu'ils auront permis au projet d'évoluer dans le sens que je souhaitais.... et à l'agriculture genevoise de donner ainsi d'elle-même une image exemplaire.

19/07/2011

Du côté des citernes, ça sent le gaz !

110225_Vernier_UDC_03.jpg

Est-ce que l'étude de l'analyse des risques sur les citernes a véritablement pensé à tous les risques ? Sans doute pas, car la diminution du risque succède plutôt que ne précède l'occurence des évènements. Ainsi, le dépôt de citernes faisant face à Ikea a été sécurisé après que nous ayons soulevé le problème, de même la sécurisation de la conduite de gaz l'a été après et non pas avant le sabotage ! Si les Roms n'hésitent pas à sectionner une conduite pour chauffer  au gaz, les autorités qu'elles soient communales ou cantonales,  ne donnent même pas l'illusion du mouvement ! L'Etat attend sur la commune, et la commune attend sur l'Etat pour que ce dernier communique les résultats d'une étude qui date de l'automne 2010 ! Et c'est ainsi depuis 5 mois déjà.

Si l'initiative de l'UDC n'a pas abouti, informer le citoyen verniolan sur les risques encourus et les possibilités de déplacement des citernes (ce que demandait l'inititative) est plus que jamais d'actualité !

Ci dessous: Blog du 25 fevrier 2011

Le problème ne date pas d'hier, l'UDC Vernier s'intéresse au risque que présentent les dépôts d'hydrocarbures depuis 8 mois et d'autres lui ont emboité le pas comme le Vernier Bondy Blog avec ses reportages très complet sur les pétroliers et les citernes de Vernier. La situation est délicate, complexe mais pas insoluble. Mais les pétroliers et les politiciens aux commandent ne se parlent pas ! L'UDC de Vernier a lancé une Initiative communale "Moins de citernes, plus de sécurité" demandant de déplacer les citernes les plus proches de la population, celle du site de Blandonnet (Petrostock ex Sasma) et demandant aux élus verniolans d'intervenir auprès du canton pour élaborer un projet d'aménagement territorial cohérent, rationnel et sûr.

Si cette initiative donne la possibilité aux verniolans de s'exprimer, l'objectif est aussi de permettre au débat d'avoir lieu. Ce qui manque à tous et au citoyen en premier lieu, c'est de l'information.

Au même titre que les pétroliers, nous souhaitons le dialogue et demandons au canton d'organiser  une table ronde avec des représentants de la commune et des pétroliers.

Le point de l'UDC sur les citernes du 25 février 2011

 

 

13/07/2011

La Suisse ne peut pas accueillir toute l'Europe

L'euro se casse la figure, les européens (personnes morales et physiques) cachent leurs économies en Suisse. Leurs gouvernements les traquent pour évasion fiscale, les européens se réfugient en Suisse. On ne saurait leur en vouloir, à leur place, nous ferions de même. Mais la Suisse ne peut pas accueillir toute la population européenne sans mettre en péril toute la population du pays, étrangers réfugiés compris ! Car l'Europe toujours plus exsangue, au lieu de régler ses problèmes à l'interne, préfère chercher des noises à autrui et l'argent là où il se trouve, en Suisse.

L'UDC peut se réjouir, enfin tout le monde s'accorde pour reconnaître ce qu'il y a 10 ans elle était seule à prédire: la libre circulation des personnes a entraîné une forte immigration, une pression sur les logements, sur les emplois et sur les salaires. Maigre consolation, car personne n'ose remettre en cause, l'immigration.

Au contraire, à l'exception de l'UDC et d'Ecopop, les politiques s'accordent pour ne surtout pas remettre en question l'immigration. Pour répondre à la pénurie de logements causée par les nouveaux arrivants, parti libéral-radical en tête, propose d'accélerer les déclassements, densifier partout, construire en ville, construire sur la zone villa, construire sur la zone agricole. Et il n'y a guère que les politiciens (bien logés pour pas cher...) pour prétendre que le logement que l'on construit sera pour les genevois. Dernier exemple en date, la villa du 9 rue Amiel, rasée pour accueillir de la PPE de haut standing (1 million de francs le 3 pièces). Pour des genevois ? Certainement pas, car les privilégier dans la construction et dans l'attribution du logement, serait bien sûr discriminatoire.

Parler de préférence nationale est devenu politiquement incorrect. Mais créer 4'000 emplois par année alors que le marché du logement ne le permet pas, et construire toujours plus cher, ça c'est porteur et ça rapporte ! A ce propos lire le blog de mon collègue député Edouard Cuendet

Avenir-Suisse reste persuadé que "les bénéfices de l'immigration dépassent largement les coûts" et propose de densifier l'habitat plutôt que de freiner l'immigration. Sans aucun doute les promoteurs et autres accros à la haute finance y trouveront leur compte mais le genevois "moyen" lui, cherchera encore longtemps ces fameux bénéfices. Il ne trouve plus de logement décent, ou s'en fait éjecter, et aujourd'hui on lui demande gentiment de travailler plus pour gagner moins !

Profitons de l'été dans la zone euro, la rentrée sera rude, très rude...


12/07/2011

Pour des enfants désirés et assumés

L'initiative pour ne plus payer le remboursement de l'avortement vient d'aboutir et celle Pour les familles de l'UDC aussi. Je suis contre la première et pour la deuxième. D'aucun y verront une contradiction majeure, moi pas. Je suis pour la famille désirée et assumée.

Dans la plupart des pays du monde, la femme n'est bonne qu'à faire des enfants et rester à la maison. En Occident, et en Suisse tout particulièrement, nous avons, en tant que femme, la chance d'avoir reçu une éducation, d'avoir accès aux soins, à l'information et au monde du travail. Cela ne signifie pas pour autant qu'il appartient dès lors à la société de tout assumer. Cela signifie tout simplement que nous avons le choix, un choix qui, il est vrai aujourd'hui, est aussi une question de moyens. Mais les moyens que l'on n'a pas soi-même, est-ce vraiment à la société de les assumer ? La crèche, l'instruction publique, les activités parascolaires, etc. que l'on ait ou pas d'enfant, nous les payons tous et pour la majeure partie avec nos impôts.

Alors le premier choix, c'est au moins d'avoir des enfants désirés et le deuxième choix, c'est de s'assumer en tant que parent et de s'en occuper le plus possible soi-même.

Laisser venir au monde un enfant non désiré pour l'abandonner à d'autres ensuite, je préfère donner à la mère la possibilité financière d'avorter.

Déposer à l'aube le marmot à la crèche, trimer toute la journée, le reprendre 12 heures plus tard, l'affourager de malbouffe avant de l'installer  (et de s'installer soi-même) devant la TV ou de le laisser livré à lui-même. Tout cela pour recommencer, crevée, le même cycle, le jour d'après, n'est ni raisonnable, ni souhaitable pour l'équilibre de la famille comme pour celui de la société. Je préfère donner à la mère (ou au père d'ailleurs) la possibilité financière de rester à la maison.

Faire des enfants pour que d'autres les éduquent, je ne suis pas pour et je m'assume.

Il y a un an et demi déjà, j'écrivais un blog à propos de i. A cette époque, c'était le cri du coeur d'une femme pour que l'initiative avorte ! L'initiative a abouti et mes propos gardent tous leur sens, hélas... Voir le blog du 31 janvier 2010

08/07/2011

Plan directeur cantonal 2030, la machine de guerre de Mark Muller

Le 8 juillet se terminait l'enquête publique sur le plan directeur cantonal 2030 (PDCn) un document fondamental qui engage l'Etat, les communes et de fait, les genevois qui devront vivre avec jusqu'en 2030. La plupart des genevois n'auront sans doute même pas réalisé qu'ils pouvaient s'exprimer sur ce document qui oriente l'aménagement de notre territoire cantonal soit que construire et où?

Il faut dire que le laps de temps de l'enquête était court, le document volumineux et d'accès difficile pour le citoyen non spécialiste. J'espère pourtant que de nombreux citoyens auront pris la peine de s'exprimer car l'enquête publique est le seul moment durant tout le processus d'adoption où ils pouvaient donner leur opinion.

Si dans le cadre de mon activité professionnelle (www.pic-vert.ch) les observations transmises sont restées très factuelles, à titre personnel, j'ai préféré laisser parler mon coeur et je n'ai pas été tendre avec ce plan directeur dont je n'approuve pas l'objectif prioritaire : accueillir à Genève  + 100 000 habitants (soit 25% de plus qu'aujourd'hui), + 50'000 emplois et logements d'ici 2030 ceci dans le but de rééquilibrer logements et emplois au niveau transfrontalier.

Je ne partage pas l'enthousiasme du PDCn sur la concrétisation des mesures de part et d'autre de la frontière. Nos nations pourtant voisines, n'ont pas la même tradition politique, sociale, fiscale, environnementale, etc. Nous parlons la même langue et adorons d'ailleurs en faire usage, mais la mise en œuvre concertée de solutions partagées est un défi que nous peinons à vraiment vouloir relever et traduire en faits.

Je suis totalement choquée de l'absence au niveau du PDCn de mesures concrètes à mêmes de préserver la biodiversité, de notre canton. Les faits sont pourtant implacables, malgré tous les efforts de renaturation entrepris, la biodiversité ne cesse de se dégrader. Il est évident que +100'000 habitants dans le canton et +200'000 au niveau du bassin transfrontalier vont péjorer notre environnement naturel, épuiser nos ressources et dégrader la qualité de vie de l'ensemble des êtres vivants de notre région.

Depuis 7 ans, je réhabilite les hérissons. Plus d'une cinquantaine par année arrivent épuisés, blessés, empoisonnés et trop souvent mourants. Je constate chaque année à quel point la situation se péjore et je peux même, en fonction de leur provenance, dire où l'environnement se dégrade plus qu'ailleurs. Ils sont le reflet de notre nature mise à mal. Privés de leur habitat par la transformation trop rapide de nos quartiers, assoiffés et affamés par nos pratiques culturales, écrasés par nos véhicules trop nombreux, les hérissons sont chaque année plus nombreux à payer de leur vie notre mode de vie. Et ce que le hérisson subit, la plupart des espèces de notre faune sauvage aussi. Et ce que nous faisons subir à la nature, nous nous l'infligeons à nous-mêmes.

Depuis mon enfance, je vois Genève se transformer, grandir, s'enlaidir, se salir, devenir de moins en moins sûre, de plus en plus chère. La classe moyenne vivait bien, pouvait même se payer une villa, l'argent et les surfaces pour y parvenir étaient encore suffisants. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Quant au PDCn, il stigmatise et vise à déloger la classe moyenne de ces villas, et  il ne prévoit pas de solutions pour reloger ces familles, qui ont travaillé, qui se sont investies et ont cru en Genève.

Cette dégradation des conditions de vie, du pouvoir d'achat, de l'emploi, de la formation, etc. n'est pas une fatalité. Elle est due à l'accueil sans discernement d'un nombre de personnes supérieur à ce que notre territoire peut supporter. Elle est due à des orientations en matière de développement économique qui ne correspondent pas aux qualifications que notre système éducatif pourvoit. Elle est due à des politiques qui ont abandonné leurs citoyens de longue date. Sombre avenir pour nos enfants. Depuis que je suis devenue députée et conseillère municipale, je ne peux que constater, choquée, à quel point il ne s'agit pas là juste d'un « sentiment » mais bel et bien, hélas, d'une réalité. Le PDCn, ne fait qu'amplifier les phénomènes décrits ci-dessus, il ne fait que s'éloigner d'un développement durable, raisonnable, qualitatif et non quantitatif. L'option de base d'accueillir +100 000 habitants à Genève est une erreur. Le PDCn devrait au contraire rechercher les pistes pour orienter la croissance, pour aider véritablement et prioritairement les genevois. Politiquement incorrect ? Euro-incompatible ? J'ose le dire ouvertement, à force d'éviter le risque de toute forme de discrimination, c'est le citoyen de ce pays qui est discriminé.

Le plus fort grief que je formule à l'encontre du PDCn, c'est de négliger totalement l'incidence en matière d'infrastructures, qu'implique la croissance de population annoncée. Nos hôpitaux ne peuvent plus prendre en charge les patients, il faudra donc en construire davantage. Les écoles de la rive droite sont saturées, il faudra en construire de nouvelles. Tous les réseaux (eau potable, voiries, électricité, eaux usées, etc.) sont en limite de capacité, le PDCn ne les mentionne même pas ! Aucune de nos infrastructures est capable de supporter l'accroissement de population annoncé et le PDCn ne parle quasiment pas des infrastructures, c'est inadmissible, irresponsable ! Dans les faits, l'Etat et les communes n'ont pas les moyens de financer toutes ces nouvelles infrastructures en plus des nouveaux logements nécessaires aux 100'000 habitants supplémentaires et notre territoire n'a pas la capacité requise. Pour rappel, les surfaces d'habitat et d'infrastructures utilisées par personne qui étaient encore de 382 m² au début des années 1980, a franchi aujourd'hui le seuil des 400 m²/personne. Ce chiffre est le maximum fixé par le Conseil fédéral dans la Stratégie pour le développement durable 2008-2011. C'est donc 40 millions de m2 qu'il faudra trouver ! Un casse tête et une levée de boucliers citoyens garantis. Ces raisons à elles seules auraient dû amener à orienter la réflexion, le concept et les propositions du PDCn dans une direction toute autre que celle proposée.

Il n'est pas trop tard pour modifier et réorienter le concept, espérons que l'administration dans sa grande sagesse, tiendra compte de l'avis des nombreux citoyens qui auront pris la peine de s'exprimer.