05/07/2011

Que faut-il faire pour que Mark Muller ouvre les yeux ?

4 juillet Feuille d'Avis Officielle. Mark Muller devant l'assemblée générale de la Chambre Genevoise Immobilière s'exprime sur le plan directeur cantonal 2030. Il rappelle que l'objectif premier du plan directeur est le logement et que "le mot d'ordre est la densification". Densification de la zone urbaine, des zones industrielles, de la zone agricole et de la zone villas. Pour cette dernière, il « comprend les réactions très fortes des propriétaires ». Mais le Conseiller d'Etat ose ajouter qu'il « EST à la recherche de solutions AVEC les associations concernées afin que les propriétaires puissent vendre leur bien à un promoteur à un prix attractif ou se lancer directement dans une opération immobilière ». C'est tout simplement faux ! Jamais Mark Muller n'a  pris contact avec Pic-Vert qui est pourtant la plus grande association de propriétaires de villas du canton.  En date du 22 juin, Pic-Vert et 22 associations ont manifesté  publiquement lors d'une conférence de presse leur désaccord face au projet du plan directeur 2030 qui prévoit ni plus ni moins que de densifier TOUTES les zones construites. Les médias présents n'ont pour beaucoup, pas estimé nécessaire de relater l'avis des propriétaires de villas, véritables parias, qui pourtant financent une part non négligeable du ménage de l'Etat et des communes genevoises. En date du 24 juin, lasse de tant d'autisme, c'est moi en tant que députée estampillée Pic-Vert et non le Conseil d'Etat, qui ai déposé un projet de loi introduisant le principe du relogement du propriétaire dont le bien est sis en zone de développement. Tant de mauvaise foi méritait d'être dénoncée en attendant qu'enfin peut être, le Conseiller d'Etat entame le dialogue.

 

28/06/2011

Construire la ville en ville, oui. Au détriment des communes suburbaines, Non !

Dans le supplément Immobilier de la Tribune du 28 juin, Christophe Aumeunier, secrétaire général de la Chambre Genevoise Immobilière, se réjouit du vote unanime du Grand Conseil pour le projet Praille-Acacias-Vernets (PAV). Il en profite de suite pour ajouter une petite phrase assassine : "d'autres (ndlr entreprises industrielles), qui génèrent des immiscions (bruits, trépidations, odeurs ou trafics de marchandises importants) pourraient s'établir au Bois-de-Bay ou dans de nouvelles zones industrielles à créer à Bernex et à Colovray (zone des bisons)."

Même si, tout soudain, il ne mentionne plus les zones industrielles de Vernier pour délocaliser les entreprises qui font "tache" au PAV, par pure solidarité avec les autres communes visées, je m'insurge ! Au-delà du fait que nous ne sommes pas des poubelles, la zone de Bois de Bay n'est reliée à rien et celle de Colovray non plus. Quant à Bernex, déjà que les habitants ne veulent pas du service des autos,... Mais il est vrai que côté odeurs, ils sont déjà habitués.

Expédier les industries à la périphérie, ce serait refaire les erreurs urbanistiques du siècle passé et amplifier les mouvements pendulaires entre zones industrielles et zones résidentielles qui en découlent aujourd'hui.

Le vrai défi du PAV c'est  au contraire de parvenir

  • à réaliser la mixité logements et activités en intégrant les activités tertiaires et secondaires existantes
  • à superposer les usages dans un souci d'économie du sol
  • à réussir le pari de la verticalité plutôt que de se vautrer, une fois de plus, dans l'horizontalité dévoreuse de m2

Défi, oh combien difficile pour une Genève au ras des pâquerettes mais que le projet de loi du PAV permet parfaitement de réaliser, pour autant que l'on en ait la volonté.

En fait, si Mark Muller, faisait véritablement preuve de volontarisme au PAV, ce n'est pas 1 logement pour tout nouvel emploi qu'il construirait mais 2 logements. Là, on aurait vraiment une chance de résorber le déficit actuel et le PAV serait véritablement novateur et salvateur.

 

Ah le PAV on en parle, on en parle... Au siècle dernier, Maurice Braillard voulait lui aussi reconstruire la ville en ville, de même que Zebulon en 2008

 

16/06/2011

Pour le défilé des éléphants (août 2010, juin et septembre 2011)

Alors que le cirque Knie était encore en ville en 2010, j'ai déposé une résolution demandant que soient réinstaurés les défilé, petit déjeuner et salut des autorités qui avaient disparu depuis 2 ans. Cette résolution (R636) a été traitée et adoptée par une très large majorité du Grand Conseil le 9 juin dernier. L'ambiance était conviviale, tous les groupes souhaitant revoir cet évènement sympathique. Les jeux de mots n'ont pas manqué et l'un d'entre eux s'est retrouvé dans la rubrique d'un grand quotidien le samedi suivant. Les lettres de lecteurs n'ont pas manqué de fleurir, chacune y allant de sa propre interprétation du message lacunaire qui avait paru. Afin que chacun se base sur les documents originaux, j'ai donc décidé de les mettre sur mon blog. Je souligne toutefois que l'objet de la motion de concernait en rien le traitement des animaux, au demeurant tout à fait exemplaire au cirque Knie, mais un évènement particulier.

(Ajout septembre 2011)

Le 12 septembre 2011, le Conseil d'Etat a répondu à la résolution du Grand Conseil en faveur de la réintroduction du défilé des éléphants du cirque Knie dans les rues de Genève, tradition interrompue depuis 2009. Je remercie le Conseil d'Etat d'avoir répondu rapidement et positivement.

De son côté, le cirque Knie a aussitôt informé notre gouvernement qu'il entendait perpétuer la tradition, en organisant et en finançant dès l'an prochain la parade des éléphants en Ville de Genève. Que la famille Knie en soit chaleureusement remerciée.

L'épilogue de toute cette histoire serait plus belle encore si les édiles de notre Ville faisaient à leur tour un geste afin que le cirque Knie n'ait pas à supporter des charges financières largement supérieures à Genève, comparativement aux frais lui étant facturés partout ailleurs.

Ce geste marquerait l'attachement de toutes les autorités à notre cirque national, attachement qui ne faisait pas de doute il n'y a pas si longtemps encore. J'ai souvenir que le mardi 31 août 1999, les autorités genevoises, Grand Conseil et Conseil d'Etat réunis, avaient reçu protocolairement la famille Knie à l'occasion d'une visite de courtoisie, et rappelé que Frédy Knie senior était né à Genève en 1920 alors que le chapiteau était dressé en nos murs. La courtoisie du siècle passé sera-t-elle au rendez-vous l'an prochain ?

Je me réjouis de me laisser surprendre par nos autorités et rendez-vous tous ensemble avec les éléphants pour les traditionnels défilé, petit déjeuner et surtout salut des autorités en 2012 !

 

Mon intervention au Grand Conseil le 9 juin 2011

"Il était une fois une cité en fête lorsque le cirque national érigeait son chapiteau sur la place principale. Pour les enfants, c'était aussi le signe que la rentrée n'était pas loin, et que les grandes vacances tiraient à leur fin. Mais ils se réjouissaient, car avec le cirque venaient les éléphants !

Ils se réjouissaient car les éléphants créaient l'évènement en défilant dans la cité, en prenant leur déjeuner sur la place du marché et en serrant la patte aux autorités, sorties tout exprès de leur tour d'ivoire, euh, de leur tour Baudet.

Les enfants riaient de voir la tête des automobilistes bloqués au carrefour, tous surpris de laisser le passage à un 2 tonnes pas comme les autres.

Ils restaient bouche bée lorsque d'une trompe experte, les éléphants engloutissaient en guise de tartine plusieurs pains, autant qu'eux-mêmes en cents petits déjeuners.

Et ils étaient si fiers lorsque le président du Conseil d'Etat se prêtait au jeu des photos avec eux et bien sûr, les éléphants.

Puis un jour, il n'y eut plus de défilé, de petit déjeuner et de salut des autorités. Pourtant, ni les éléphants ni les enfants n'avaient disparu. Que s'était-il passé ? Le monde avait changé.

Les automobilistes étaient dorénavant bloqués quotidiennement et partout. Un éléphant en plus était devenu un éléphant de trop.

Les commerçants ne voulaient plus dépenser leur argent en salades. Il fallait faire du chiffre car la concurrence dans les rues basses était devenue impitoyable.

Quant aux autorités, quel l'intérêt de se montrer en vrai à l'heure du virtuel ? Les concitoyens n'avaient qu'à les voir par écran interposé. Tout comme les éléphants d'ailleurs. Quelle idée de les voir en ville alors qu'il suffit aujourd'hui d'un clic de souris.

Et lâcher un éléphant dans la cité sans mesures d'accompagnement, de prévention, de précaution, de circulation ? Impossible. Sécurité oblige, adieu les éléphants ! Et la mémoire avec. Car la perte de cet évènement, c'est aussi celle du passé, de notre enfance et de notre cité.

Or, la mémoire s'enrichit par des rituels communs s'appuyant sur des objets concrets, et quoi de plus concret qu'un éléphant ?

Les enfants ont besoin d'extraordinaire pour alimenter leurs rêves, et de l'émotion d'une rencontre peu commune pour bâtir leur équilibre. Et comment espérer leur faire aimer l'éléphant s'ils ne l'ont jamais connu, et à travers ce dernier, leur permettre d'appréhender la nature et vouloir la préserver ?

Oui, mais à quel prix ? Point n'est ici question de coût mais de volonté. Les sommes dépensées par Genève pour son stade, qui demeure désespérément vide, se comptent en dizaines de millions. Or, ce n'est pas parce que l'on a soutenu un éléphant blanc qu'il faut exclure de notre aide tous les autres.

 

Mesdames et Messieurs les Députés, invitons le Conseil d'Etat à prendre toutes mesures et décisions afin que les sympathique défilé, petit déjeuner et salut des autorités par les éléphants du cirque Knie soient rétablis, en soutenant tous ensemble cette résolution."

 

La résolution R636 R00636.pdf

 

 

18:20 Publié dans Politique | Tags : éléphants, knie | Lien permanent | Commentaires (1)

01/06/2011

Riz jaune, deuxième service

En août 2010 j'écrivais déjà sur le syndrome chinois,  depuis,  la Chine a acquis les terres africaines pour nourrir sa population, de même que l'Amérique par le biais des bons du trésor et elle ne se gène pas pour mettre ses pieds en Europe par nombre d'acquisitions au gré des opportunités. La Grèce  exsangue est à vendre, la Chine sera sans nul doute acheteuse dans le but toujours identique d'assurer le bien être à long terme de sa propre population au nez et à la barbe des autres et plus particulièrement de nos démocraties bien pensantes. ... Pauvre vieille Europe, vendue à l'encan pour n'avoir pas osé prendre le parti de sa population (constat valable hélas aussi pour notre canton malgré les pressions subies par les genevois dans tous les domaines). Triste destin.

11/05/2011

Croître ou périr ? La réponse d'une pisse-froid de la décroissance

Croître ou périr  ?  Mark Muller, notre président du Conseil d'Etat, et les patrons genevois, de concert, nous prédisent le pire si nous ne choisissons pas "une croissance sans concession".  Et de désigner les coupables qui n'adhèrent pas à la doctrine :

  • Mark Muller dénonce les communes, et menace de redéfinir les compétences de celles-ci, histoire d'avoir une fois pour toutes les coudées franches.
  • Les patrons eux, désignent "les pisse-froid de la décroissance, une cohorte d'opposants aux motivations contradictoires"

Le futur ? C'est le plan directeur cantonal 2030 qui le dessine : + 100'000 habitants pour Genève (et + 100'000 pour la France voisine) d'ici 2030 à caser sur les petites maisons de la couronne suburbaine, sur la zone villas (des communes suburbaines aussi pas celles des riches communes où l'usage individuel de milliers de m2 n'est pas remis en cause) et sur la terre agricole.  Et le conseiller d'Etat Mark Muller de prétendre que c'est pour "permettre aux Genevois de rester à Genève". Or, ces fameux Genevois que Mark Muller veut conserver, ils habitent justement là où le canton veut densifier, urbaniser, bétonner !

Penser l'aménagement du territoire en trois dimensions*, voilà ce que devrait nous proposer le futur plan directeur cantonal, mais non, on planifie l'utilisation du sol en surfaces et non en verticalités, une fois de plus, une fois de trop.

Croître ou périr ? A vaincre sans bataille on triomphe sans gloire. Je ne laisserai pas ce plaisir à ceux qui prônent la croissance sans concession. En tant que Pic-Vert, conseillère municipale et députée, je me battrai 3 fois pour défendre ceux qui à l'évidence ne se retrouvent pas dans ce futur plan directeur cantonal.

*Aucun sous sol ou toit ne devrait rester sans usage dans les zone urbanisées. Plutôt que des parkings en surface, les mettre en sous-sol, plutôt que de remplir les zones industrielles de dépôts à 2 étages, permettre l'usage commercial des étages supérieurs, voir placer bureaux et industries au dessus des autoroutes plutôt que sur des terres agricoles. Utiliser les toits d'usine pour accueillir des cultures hors sol, au lieu d'être placées comme à Veyrier ou à la plaine de l'Aire sur de bonnes terres cultivables. Et pourquoi pas y mettre sur ces toits des terrains de foot aujourd'hui trop souvent en revêtement  synthétique. Pour le multi-usage les idées ne manquent pas !