05/09/2015

Inspection du travail, un accord historique mais

Genève se dote d’une inspection du  travail tripartite. L’Initiative 151 émanant des syndicats aurait été balayée par la droite au Grand Conseil en décembre 2012, si les députés UDC ne l’avaient soutenue ! Un soutien évident car la sous-enchère salariale participe clairement à la péjoration des conditions de travail voire au chômage de nos concitoyens face à la concurrence étrangère. On ne peut donc que se réjouir de l’accord conclu aujourd’hui entre l’autorité cantonale, le patronat et les syndicats pour contrôler ensemble le  marché du travail. Mais que le Conseil d’Etat ne s’imagine pas, par ce seul effet d’annonce à l’inquiétude exprimée par la population qui a soutenu l’initiative UDC contre l’immigration de masse le 9 février 2014. Il y a loin de la coupe aux lèvres ! Aucune date précise n’est donnée pour la mise en place du dispositif.  Et rien n’est dit sur le type de contrôle ou les sanctions encourues et par qui. Si Genève est particulièrement exposée, et se devait d’agir, faut-il encore que le reste de la Suisse suive le même chemin, on en est loin. Si le renforcement des contrôles est une des réponses attendues face à la pression de l’immigration incontrôlée mais ce peut être la seule. Les défis restent immenses dans des conditions cadres qui ne cessent de se dégrader : le chômage de nos concitoyens soumis à une concurrence féroce venue d’ailleurs, leur droit à pouvoir se loger et vivre ici, dans un environnement de qualité et un avenir qui ne dépende pas de l’aide sociale, etc. Nos autorités ont encore matière à agir mais en auront-ils encore les moyens ?

Voir le vote nominal :

http://ge.ch/grandconseil/data/courriers/AN-IN00151B-6.pdf

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27/08/2015

Lettre à Knie et à ses éléphants,

éléphants, KnieC’est la dernière fois que les éléphants seront de la tournée du cirque Knie. Une page se tourne et j’en suis toute retournée.  Je comprends vos raisons. Entre la pression des associations qui défendent les animaux et les conditions de plus en plus difficiles qui prévalent dans nos villes, vous avez dû vous résoudre à renoncer à les emmener avec vous à la rencontre du public. Pourtant quel émerveillement, quelle surprise exceptionnelle que voir dans sa ville, sa rue … des éléphants et de les accompagner sur leur chemin vers la gare. Quel plaisir que de rire de la drôle de tête des passants et de celle de nos plus hautes autorités les saluant.  Je m’en souviendrai d’ailleurs longtemps de cette séance du Grand Conseil au cours de laquelle nous avions eu à traiter d’une résolution* que j’avais déposée pour que cette tradition se poursuive, résolution que tous les partis avaient soutenus chacun pour des raisons plus étonnantes les unes que les autres**.

Ayant eu le privilège d'assister durant tant d'années à leur numéro de cirque ainsi qu'à leur sortie,  déjeuner et salut des autorités, j'ai encore de la peine à m'imaginer Knie sans ses éléphants. Ils font tellement partie de Knie, de votre vie et de notre vie. Dire Adieu aux éléphants, c’est un peu comme si vous nous demandiez tout d’un coup de grandir !  

Car la perte de cet événement est aussi celle du passé, de notre enfance et de notre cité. Pourtant, la mémoire s'enrichit par des rituels communs, s'appuyant sur des objets concrets. Or quoi de plus concret qu'un éléphant ? Les enfants ont besoin d'extraordinaire pour alimenter leurs rêves et de l'émotion d'une rencontre peu commune pour bâtir leur équilibre. Comment espérer leur faire aimer l'éléphant, et à travers ce dernier la nature et faire en sorte qu'ils veuillent la préserver libre, s'ils ne l'ont jamais connu autrement que derrière des barrières?

Je souhaite à vos éléphants une belle et longue retraite à Rapperswil.  Je sais que vous saurez, chère famille Knie, les rendre heureux et bien les traiter comme vous l’avez toujours fait. Merci et merci de le leur transmettre  mes salutations.

 Adieu aux éléphants, courrier des lecteurs Tribune de Genève du 5 septembre

* Résolution R636  Pour le défilé des éléphants Réponse du Conseil d’Etat 13 septembre 2011/ Résolution adoptée Votée le 14 octobre 2011

** Séance du Grand Conseil du 9 juin 2011

10/05/2015

STP, dessine-moi un territoire habitable

Pour autant que l'on souhaite un développement durable et et des logements "vivables", à Genève, il va falloir se montrer créatif!

La réponse est officielle du Conseil d'Etat à ma question urgente QUE 317A est connue depuis vendredi soir. Et l'avenir s'annonce sombre pour les Genevois en matière de logement. En effet, si on veut vraiment encore en construire au bord des routes (presque toutes les routes cantonales sont concernées par le transport de matières dangereuses), les prescriptions qui découlent des nouvelles normes pour la construction de logement, imposeront qu'il n'y ait pas de fenêtres, ou alors les plus petites possible et qui ne s'ouvrent pas ... Des meurtrières en somme.

Lire l'article en entier sur mon site

Lire la réponse QUE 317 A Transport de matières dangereuses par route : quelles  conséquences sur la construction de logements ? Tout y est : les routes concernées et les prescriptions :(

17:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

05/05/2015

A quand la sécurisation du site de la Jonction ?

Au début du mois de mai, Genève a subi des crues exceptionnelles nous rappelant subitement et avec force à nos responsabilités en matière de gestion du territoire. Les hautes eaux de l’Arve en crue ont nécessité la pose de barrages le long des quais, entrainé des inondations de caves et la fermeture de plusieurs ponts. La conjonction de la fonte des neiges dans les massifs montagneux et de fortes pluies sont responsables de cette situation. Elle aurait tourné à la catastrophe pour la Jonction si, par chance, le niveau bas du lac n’avait pas permis de retenir au maximum le débit des eaux du Rhône. Etions-nous conscients du risque ? La réponse est sans hésitation oui.

En effet, à ma question urgente QUE 115-A relative à la gestion des vidanges du barrage de Verbois et aux mesures prises pour sécuriser le site de la Jonction, le Conseil d’Etat répondait en octobre 2013 que la vidange exceptionnelle de 2012 avait été rendue nécessaire pour évacuer les sédiments charriés par l’Arve qui s’étaient accumulés dans le lit du Rhône depuis la dernière vidange. Cette vidange était un préalable à toute autre mesure constructive.

En préambule, le Conseil d'Etat rappelait qu’il se préoccupait de longue date de l'importance de maintenir en tout temps un niveau de protection des riverains suffisant, ce d'autant plus que l'évolution climatique à moyen et long termes était incertaine et que les critères actuels de dimensionnement pourraient changer sensiblement à l'avenir. En effet, les cartes de danger d'inondations établies en tenant compte d'une marge de sécurité suffisante liée aux changements climatiques révélaient que les objectifs de protection contre les crues n'étaient pas atteints à divers endroits dont celui de la Jonction. L'Etat, en collaboration avec la Ville de Genève et les SIG, a lancé en 2012 une étude pour déterminer les mesures de sécurisation des rives du Rhône et de l'Arve à mettre en place. Cette étude comporte trois volets : les débordements du Rhône et de l'Arve, les nappes phréatiques et le réseau d'assainissement des eaux.

L'étude est actuellement en cours. Les résultats relatifs au premier volet seront bientôt connus et des mesures de protection contre les débordements pourront prochainement être préconisées. La réponse date de 2013 ( !).

Les résultats sur la vulnérabilité du réseau d'assainissement seront eux connus fin 2013 et ceux relatifs à la nappe phréatique, plus complexes, seront transmis fin 2014.

C’est ainsi qu’en octobre 2013, le Conseil d’Etat estimait par sa réponse à ma question urgente « montrer que la sécurisation du quartier de la Jonction est une préoccupation de l'Etat et de tous ses partenaires. »

La Nature a la fâcheuse habitude de ne pas s’aligner sur l’agenda des Hommes. Il s’agit de prendre ces crues comme un signal. Si nous voulons construire à la Jonction, il est temps de mettre en œuvre les mesures constructives qui permettront de sécuriser le site. 

Avec le programme de renaturation des cours d’eau, nous l’avons fait avec succès. Succès en effet car il est à souligner qu’aucun site ayant profité de mesures de renaturation n’a subi d’inondation. Les deniers investis ont « payé ». Il est temps de poursuivre au cœur de notre cité le travail engagé de manière transfrontalière depuis bientôt vingt ans.

A l’heure où il nous faut préserver la zone agricole et densifier le bâti pour construire les logements qui nous font si cruellement défaut, il serait regrettable de se priver d’un site aussi vaste et aussi bien situé que celui de la Jonction. Les projets ne manquent par ailleurs pas.

  • Qu’attend donc le Conseil d’Etat pour rendre son étude publique ?
  • Envisage-t-il d’inclure dans le budget 2016 les travaux d’assainissement du site de la Jonction ?

A lire  sur le site de l'Etat de Genève

Le SPAGE Lac - Rhône - Arve et  cartes détaillées des dangers (3a)

16:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

27/04/2015

Des riverains condamnés à disparaître ?

L’aéroport s’adapte à sa croissance débridée titrait la Tribune. Et les riverains ? Comme tant d’espèces confrontées à un changement trop rapide de leur habitat, sont-ils condamnés à disparaître ?

Tôt ou tard, les Genevois devront  décider si la croissance sans limite de leur aéroport justifie le sacrifice d’une partie de leur territoire, habitants actuels et futurs compris.

Le bruit des  235'000 mouvements prévus (atterrissages et décollages) toucheront un territoire plus vaste et ce, malgré les avancées technologiques. De fait, Bellevue, Genthod, Versoix, Vernier, Aire-la-Ville Cartigny, perdront une grande part de leurs surfaces constructibles pour du logement. Qu’on ne vienne pas ensuite nous demander de déclasser de nouvelles zones villas si on brade sans broncher plus de 400'000 m2 de terrains constructibles !

Le Grand Saconnex et Meyrin aussi subiront indirectement la croissance de l’aéroport. Les zones villas sises le long de l’avenue Louis Casai, des chemins des Terroux et du Jonc,  et  Cointrin sont vouées à être transformées en immeubles. Si c’est pour compenser les 400’000m2 perdus dans les communes subissant les bruit des avions, on peut se demander où est le gain en nombre de logements ? 

La croissance aéroportuaire a aussi un coût financier. Ce sont les ouvrages aéroportuaires qui font aujourd’hui augmenter la dette de l’Etat. Et ce n’est pas fini. Tout compris, les travaux d’agrandissement rendus nécessaires pour accueillir 25 millions de passagers, friseront  les 2 milliards.

Et puis, il y a le coût payé en termes de qualité de vie ?  Au-delà du fait que les habitants de la rive droite ont aussi le droit de dormir la nuit, 25% des oxydes d’azotes émanent aujourd’hui de l’aéroport et les cas de maladies respiratoires sont en augmentation.

Enfin, en admettant qu’en bétonnant les dernières surfaces vertes et en expédiant l’aéroclub et l’aviation d’affaires à la Blécherette, l’aéroport parvienne à absorber le surplus de trafic sur le tarmac, comment diable allons-nous faire pour absorber sur les routes le surplus de trafic qui conduira ces  25 millions de passagers  à l’aéroport ?

Je suis presque née dans un avion et j’apprécie toujours de les voir atterrir ou décoller depuis ma terrasse, le bruit n’a plus rien à voir avec celui des Caravelles et l’isolation phonique fait des miracles. Mais pas question de revoir le spectacle toutes les 90 secondes 650 fois par jour et jusqu’à tard dans la nuit car le nombre d’atterrissages après 23heures ne cesse d’augmenter.  La croissance a des limites, il faudra bien se résoudre un jour, à  l’admettre.

A travers la pétition lancée par les associations d’habitants des communes touchées par les nuisances nocturnes, nous souhaitons que le débat ait lieu dès maintenant et nous voulons être associés aux discussions notamment sur la planification sectorielle aéroportuaire (PSIA) qui nous inquiète.

Pétition pas d'avions entre 23h et 6h du matin : signer et faire signer

Pour en savoir plus

 

18:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)