Politique - Page 38

  • Champ Dollon explose, moi aussi !

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    L’article sur Champ Dollon, conjugué à l’interview du directeur de l’office fédéral des migrations ou à celui du procureur du canton de Neuchâtel concentrent à eux seuls toutes les frustrations sur une situation qui s’empire de jour en jour en matière de sécurité. J’exprime ici mon ras le bol face à la naïveté dont nous faisons seuls preuve.

    « 37% des détenus restent moins que 8 jours à Champ Dollon, 10% 1 seule nuit ».

    Donc 47% des prisonniers restent 8 jours au maximum. Malgré cela, « Avec la chaleur et les beaux jours les frustrations augmentent » ,..« Les prisonniers refusent de remonter dans leur cellule » et ce n’est pas la première fois. Il paraît qu’ «un plan se met en place avec mobilisation et moyens supplémentaires». Réponse disproportionnée alors qu'une solution  simple consisterait en la suppression de la promenade pour au moins les fauteurs de trouble voire même pour le 47% des prisonniers, ceux là restant moins 8 jours à l’ombre. Pas dramatique comme mesure pour un lieu qui ne devrait pas être un lieu de villégiature.

    «Les trafiquants de drogue Africains et Albanais constituent 50% des prisonniers.» Soit il y a une quantité énorme de délinquants en tout genre qui alimente ce turnover incroyable, soit ce sont les mêmes qui aiment tant nos prisons qu’ils reviennent plusieurs fois remplir à craquer les cellules.

    Solution gouvernementale "Cento rapido": voter un crédit d’urgence pour construire 100 cellules de plus pour 24,9 millions. Soit 249'000 francs par cellule ! A vrai dire ce ne sont pas les cellules qui coûteront cher, mais les salles de sport, de détente, d’informatique que, paraît-il, le droit fédéral nous impose. Au rythme actuel (500 détenus en 2008, 600 à mi 2010), avec 100 places de plus, on devrait être bon pour 18 mois avant de revoter 25 millions de francs pour 100 cellules de plus…

    Le problème, n’est pas le besoin de salle de sport, mais le nombre de détenus par cellule ! C’est donc bien des cellules qu’il faut construire pour que la majorité de prisonniers retrouve un peu de place dans les leurs et pour laisser les poches du contribuable souffler un peu.

    A propos, combien coûte un prisonnier aux Genevois (qui attendent que l’on se préoccupe de construire pour eux aussi un logement, qui cherchent du travail, ont des enfants qui mériteraient de bonnes conditions d’enseignement, ou un parent malade sur un lit d’hôpital, ou en attente d’une place en EMS.) Ou sont nos priorités ?

    Sur la sécurité bien sûr. « On a vu arriver 120 détenus de plus à Champ Dollon en 4 mois ». Et le travailleur de Champ Dollon de dire que l’opération menée actuellement par la police pour sécuriser nos rues est une erreur. Mais quel message passons-nous si l’on n'incarcère pas les trafiquants de drogue (qui constituent 50% des prisonniers) ?

    La réponse se trouve un peu plus loin dans la Tribune, selon le directeur de l’office fédéral des migrations «95,5% des requérants nigérians utilisent la filière de l’asile pour s’adonner à des activités illégales, dont le trafic de drogue ».

    Toujours dans le même journal, décidémment très instructif, le procureur du canton de Neuchatel avoue que «jusqu’à une peine de 6 mois, le Code pénal nous force à infliger des jours-amendes. Inutile de dire que c’est de la rigolade pour les délinquants.» et que « les peines de travail ne peuvent être infligées que si la pesonne l’accepte.» L’accepte ?

    Le problème est bien là :

    Notre droit pénal n’est pas assez ferme, et cela se sait à l’Est comme au Sud.

    Tant que l’on relâchera dans la rue les requérants d’asile en attendant de s’occuper d’eux, une part succombera à la tentation du deal, de l’argent facile et viendra remplir nos prisons, une fois, deux fois, trois fois. A ce jeu là, c’est fatalement l’arrêteur et non l’arrêté qui finit par se lasser, et cela se sait.

    Tant que les prisons seront accueillantes et elles le sont encore, même dans des conditions de surpopulation carcérale chronique, elles ne feront pas peur à tous ceux pour qui «ailleurs c’est pire».

    Le jour où nous aurons le courage d’accepter le principe même de centre de détention, l’eldorado helvétique et ce faisant genevois, en prendra un coup et deviendra subitement moins attirant.

    Le jour où nous aurons renforcé notre droit pénal, allongé les peines pour les récidivistes et obligé véritablement les condamnés à payer leurs dettes envers la société par un travail concret au service de cette dernière, les délinquants réfléchiront à deux fois avant de recommencer leurs méfaits.

    Soyons clair, il ne s’agit pas d’un message haineux contre les étrangers. J’ai toujours aimé le côté multiculturel de Genève, et jamais souhaité la fermeture des frontières (un contrôle à ces dernières, si). Genève a une tradition d’accueil mais elle s’adresse aux étrangers qui respectent nos lois.

    Celui qui véritablement souhaite intégrer notre pays, qui aura dans son propre pays subi l’innommable, comprendra qu’il faille montrer patte blanche avant d’entrer, histoire qu’une fois dedans, il ne se retrouve pas à nouveau en enfer.

  • Est qui rit, Ouest qui pleure

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    De retour d’un voyage en Pologne, au demeurant fort instructif, la lecture de rattrapage de la presse m’a écoeurée. L’image qui ressort de la Suisse et de Genève est effrayante. Hélas, il ne s’agit pas juste d’une peinture impressionniste, la réalité est là, sous nos yeux, chaque jour. Nous a-t-elle rendus aveugle ?

    Gangs et bande sorganisées se défoulent sur nos biens et nos citoyens, l’incivisme souille les places publiques d’immondices, la mendicité s’organise, l’Islam progresse masquée, et la prison débordée menace d’imploser. En Pologne, on se marre de notre naïveté face à l’Europe, face aux mendiants, face aux profiteurs de tous bords. Les tourments de l’histoire (faut-il réellement en passer par là ?) ont fait comprendre à cet ancien pays de derrière le rideau de fer, qu’une alliance à l’Europe, pouvait rapporter gros. Classé pays pauvre, la Pologne bénéficie pour tout projet, qu’il s’agisse d’environnement, de culture ou d’infrastructures d’une manne européenne très, très, très généreuse. Et tout le monde en profite, à tel point qu’aujourd’hui, l’élève a dépassé le maître. La Pologne a pris 15 ans d’avance et son économie est l’une des plus dynamiques d’Europe : les routes neuves se multiplient, les sites naturels souffrent mais des ponts biologiques sont intégrés aux ouvrages (règlementation européenne aidant), gratte-ciels et architectures futuristes métamorphosent le ciel de Varsovie, les quartiers gris et insalubres disparaissent mais les sites historiques urbains sont préservés et restaurés avec goût et audace, la propriété individuelle connaît une nouvelle jeunesse, les magasins débordent de produits et sont ouverts 7/7 jusqu’à 21h au moins, les WC sont impeccables et modernes, les murs et les rues propres. Cette vision « touristique » n’est sans doute pas celle de toute la Pologne, mais à Genève, nous ne sommes même plus capables de donner le change au visiteur qui ferait d’ailleurs mieux de surveiller ses poches…

    En prenant tout ce qui était bon à prendre de l’Europe de l’Ouest, la Pologne a agi en pensant d’abord à son intérêt national. Et elle a eu raison. L’adhésion à l’Europe lui offrait un gain économique net. Pour la Suisse, considérée comme riche, le résultat serait tout autre. Gardons-nous de venir alimenter les caisses sans fond de l’Europe.

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  • A quand un jour sans viande à Genève ?

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    Isabelle Chevalley rappelle dans le Matin d'hier  "qu'on ne peut pas être mauvais partout: rouler en grosse voiture, manger de la viande chaque jour et prendre l'avion". C'est vrai, il faut choisir et à tout prendre, je préfère me passer d'un kilo de viande que de renoncer à me laver pendant un an, de même que se passer de viande pendant trois jours serait plus facile comme mesure contre le réchauffement climatique que de remplacer tous les équipements électromagnétiques du pays (référence à l'article qui mentionnait la Grand Bretagne en l'occurrence).

    J'adhère totalement à l'initiative d'un jour sans viande (et sans poisson) par semaine. Il est urgent de modifier nos habitudes alimentaires boulimiques et destructrices, pour notre santé et pour notre avenir. Si les adultes n'arrivent pas à imaginer comment le steak de leur assiette peut avoir un effet dévastateur sur l'Amazonie, et modifier en conséquence son menu, l'enfant lui le pourrait pour autant qu'on l'y sensibilise. Loin de moi l'idée de traumatiser nos chères têtes blondes à coup d'images choc à la Greenpeace, quoi que, mais nous nous devons d'ouvrir leurs horizons culinaires lorsqu'ils sont encore réceptifs et de manière ludique. Se retrouver devant un plat d'algues en salade ou de  larves d'insectes croustillantes, et s'en réjouir ? Une question d'habitude mais il faut les prendre tôt.  Nous sommes ce que nous mangeons. Moi, je suis plutôt fruit (mais oui, pomme ou poire par exemple) et vous ? boeuf, veau ou porc peut-être ? :)

    Demain, j'attaque le chocolat à l'huile de palme ! :(

     

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  • 20 avril, la valse des avions recommence dans le ciel européen

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    4 jours de calme, de chants d'oiseaux, de joyeux bourdonnements d'abeilles, que du bonheur, j'ose avouer qu'en tant que riveraine, j'ai apprécié cette parenthèse sans avions. Bonheur bien égoïste diront tous ceux qui coincés malgré eux à l'autre bout du monde désespèrent de rentrer chez eux. Pour tous ceux là oui, j'ai eu bien des pensées émues, car personne ne méritait de faire les frais des frasques d'un fumeux volcan. D'un autre côté, j'aimerais bien savoir combien de tonnes de carbone a-t-on ainsi évité de rejeter  ? Ce calcul mériterait d'être fait au moins autant que celui des coûts, sans aucun doute gigantesques, qui accablent nos compagnies d'aviation aujourd'hui. Demain, c'est à nos gouvernements que l'économie demandera des comptes. Et je n'ose imaginer l'énergie que nous dépenserons à rechercher le coupable. Alors que le coupable au final, c'est nous tous autant que nous sommes. Malgré nos belles paroles, nos sommets laborieux, nous ne parvenons toujours pas, de nous-mêmes à mettre un frein à notre frénésie dévoreuse d'énergie. A ce propos, regardez une journée de traffic arérien dans le ciel mondial http://www.youtube.com/watch?v=o4g930pm8Ms&feature=related

    Ce grounding forcé  devrait nous inciter à réfléchir, à saisir l'opportunité de la crise pour prendre des décisions, à changer le cap pointé droit dans le mur. A-t-on véritablement besoin de de tous ces déplacements effrénés ? Nos moyens de communication ne pourraient-ils remplacer plus d'une rencontre à commencer par celle de Mexico, suite pathétique à n'en pas douter du sommet de Copenhague. Et combien sommes-nous à avoir renoncé aux voyages d'agrément à l'autre bout de la planète, ou aux longs week-ends arrosés au kérosène ?

    J'aurai tellement aimé qu'on parvienne volontairement à dégager ne serait-ce qu'un jour dans l'année le ciel des avions, la planète aussi sans doute. A défaut de choisir l'agenda de notre propre gré, je crains bien que ce soit elle qui nous impose le sien demain plus encore qu'aujourd'hui.

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  • Kadhafi piège l'Europe sur tous les t(h)ons

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    A l'instar de ces pauvres poissons, l'Europe et la Suisse avec, s'engouffre dans les filets tendus coups après coups par le guide du désert. Les poissons ne peuvent sans doute pas anticiper le triste sort qui les attend, mais nous, nous nous engouffrons vers la nasse en espérant que les méthodes diplomatiques nous en sortiront car nous croyons encore à l'Etat de droit. A postériori, peu de choses nous distinguent du thon si ce n'est notre extraordinaire capacité d'analyser après coup comment le piège a fonctionné. Qu'il s'agisse de la chasse d'une espèce menacée ou de l'offensive sur notre petit pays, les intérêts financiers à court terme l'emportent sur les valeurs et les principes, l'Europe s'agenouille, la Suisse se couche.

    A travers cette avalanche d'attaques sur notre pays , la démonstration est faite que nous sommes toujours seuls face à notre destin, que la solidarité des peuples ne résiste pas à la cruelle avidité du gain et qu'en cas de coup dur, le chacun pour soi prévaudra toujours.

    Tandis que le dernier poisson sera pêché, nous suivrons sans doute l'émission spéciale qui retransmettra l'évènement, attablé devant un poisson pané. Totalement connecté au monde entier, totalement déconnecté de la réalité.

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