06/11/2014

Au secours Swisstopia !

J’appelle au secours les  25 élèves motivés qui ont répondu et gagné le concours d’idées lancé par la Confédération « Comment voyez-vous le pays en 2035 ». Le projet Swisstopia des étudiants de l’Hepia a le mérite de concrétiser par l’image des pistes d’urbanisation basées que la qualité de vie que j’ai moi-même exploré et que je soutiens :

Une nouvelle façon de vivre ensemble privilégiant la qualité de vie et les rencontres, grâce à des espaces partagés, côté rue et côté jardin, c’est exactement le sens du projet des habitants Semailles à Lancy, repris  par ma motion 2115. Bien qu’adoptée de justesse au Grand Conseil, elle est encore loin de trouver un écho sur le terrain. Ce projet de développement alternatif du quartier se heurte en effet à  des résistances à tous les niveaux de par la remise en question de l’approche urbanistique qu’il implique. 

Des jardins sur les toits (pour se nourrir ou ses loisirs), voilà encore une motion qui traîne à l’ordre du jour du Grand Conseil depuis des lustres. Sans parler de mon projet de loi proposant une affectation du sol différente en fonction des niveaux (étages) permettant de travailler, de se loger, de partager les espaces de vie active et de loisirs. Cette vision urbaine d’un village reconstruit à la verticale n’a suscité que des sarcasmes avant d’être balayée sans qu’aucune réflexion ne puisse être entamée. En politique, il ne faut surtout pas espérer bousculer un mode de penser et de faire bien bétonné. Heureusement, les étudiants ne s’entravent pas de carcans et osent nourrir l’aménagement du territoire d’utopie.

Leur vision Swisstopia,  appliquée à Genève, devrait impérativement guider les Ateliers que l’Etat organise prochainement dans la foulée la Journée du logement du 2 octobre 2014. Leurs idées mettraient au défi les participants, urbanistes et architectes étatiques en premier qui, depuis des lustres, façonnent notre cité à coups de plans de quartiers figés et de barres d’immeubles hideuses. Et qui, chaque fois que l’on propose de modifier quoi que ce soit, invoquent une législation trop complexe pour espérer pouvoir la changer de fond en comble (sic). A l’instar de Churchill, peut être ces étudiants réussiront-ils car ils ne savent pas encore que c’est impossible.

Hepia/ Swisstopia

Voir l'article de la Tribune de Genève du 1er novembre 2014

19:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

15/10/2014

Jonction, une construction à l'image de Genève

La surélévation prévue sur l'ancienne usine Beyeler est à l'image même de que nous subissons en matière de construction à Genève:  un empilement des législations toutes plus compliquées les unes des autres, parfois même contradictoires et surtout rédhibitoires.

Le projet est décrit comme "altèrant gravement la cohérence globale du bâtiment, qu'il se lirait comme un empilement d'opérations contradictoires entre elles". Hum, j'en conclus cyniquement qu'il a donc tout à fait à sa place à Genève....Sa construction nous rappellerait tous les jours à quel point nous sommes incapables de construire une ville qui donne envie d'y vivre et peut être qu'au final, il provoquerait un réveil de bon sens bienvenu.

15:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Le désenclavement de la rive gauche est lancé !

C'est fou ce que le Conseil d'Etat peut travailler vite et de manière intégrée avec certains initiants quand il le veut bien. Le Conseil d'Etat lance aujourd'hui la traversée du lac avec pour objectif le "désenclavement" de la rive gauche, en d'autre termes, l'urbanisation de toute la partie du canton qui a, jusqu'à ce jour, échappé aux accumulations de nuisances dont pâtit la rive droite. Grâce à la traversée lacustre, les rives du lac s'étendant de Cologny à Hermance, mais aussi les plaines agricoles et renaturées de la Seymaz de Collonge Bellerive à Puplinge pourront enfin bénéficier de la connectivité bétonnée, embouteillée et bruyante qui fait la joie quotidienne des habitants de la rive droite. Fini la discrimination. ! J'imagine que tous les habitants concernés se réjouissent déjà de cette bonne nouvelle et s'impatientent de savoir s'ils seront parmi les privilégiés à être situés le plus près possible d'une jonction autoroutière bien méritée.

Pour plus de détails voir les documents du département des transports suivants:

http://ge.ch/mobilite/media/mobilite/files/fichiers/documents/traversee_du_lac_-_plan_dactions_15-10-2014.pdf

http://ge.ch/mobilite/media/mobilite/files/fichiers/documents/traversee_du_lac_-_rapport_de_synthese_15-10-2014.pdf

15:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

09/09/2014

Rade OUI

Lors de la venue d’Ikea à Vernier, les débats furent également animés à cause de l’augmentation prévue (5200 véhicule/jour) du trafic sur la route de Vernier à l’époque déjà surchargée. Vernier s’est battu pour obtenir deux voies supplémentaires. Résultat de l’aveu même de l’administration cantonale des transports auditionnée en commission en février 2014 : La génération de trafic individuel motorisé est inférieure aux estimations de 2005. Le trafic induit par IKEA représentant 10 % du trafic global, grâce aux deux voies construites, c’est même le seul endroit où le trafic est fluide sur la route de Vernier ! Comme quoi la prévision des transports n’est pas une science exacte et que les affirmations de tous bords doivent être prises avec la plus extrême réserve. Dans le même temps, le CEVA entrera en fonction et on prévoit une augmentation du trafic de 43% d’ici 2030. Il ne faut donc pas opposer transports publics et transport individuels mais développer les deux en parallèle pour pouvoir y répondre. La traversée de la rade est donc indispensable !

Voir aussi les arguments développés par une autre lettre de lecteur (Claude Zuber)

Voir courrier des lecteurs dans la Tribune du jour

Autres prises de position sur le même sujet

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04/08/2014

PAV, tiens tiens

Le syndrome genevois c'est un mélange entre 2 fables: la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf et Perette et le pot à lait.

Genève veut tout et tout de suite et échafaude toutes sortes de plans sur la comète : (voir à ce propos mon blog de novembre 2010 Note inspirée par la journée du logement organisée le 11 novembre 2010 ou le maître mot de Mark Muller était "accélérons")

Et comme on veut tout faire, partout et vite, on se prend les pieds dans le tapis de la dure réalité et... de retards en recours, les coûts prennent l'ascenseur, (scénario optimiste) ou tout l'édifice s'écroule (scénario pessimiste).

J’aime le début de l’excellent article de la Tribune de Genève du 4 août  consacré au projet Praille Acacias Vernets (PAV) : «  Relire les discours du passé est parfois cruel pour ceux qui les ont tenus ». En matière d‘aménagement, l’exercice s’avère consternant pour le PAV. Une décennie ou presque après avoir lancé le projet à coup d’accord et de plans sur la comète, après avoir changé 4 fois de tête et x fois les bras de l’équipe du PAV, après avoir fait rêver, puis lassé voire choqué plus d’une entreprise par une méconnaissance contextuelle grave, le Conseil d’Etat se rend compte que son échafaudage « pavien » vacille méchamment : La répartition prévue entre entreprises et logement et la part importante d’habitat social concédée pour éviter les oppositions ne sont pas viables. Alors la patate chaude, après avoir été remise au nouveau conseiller d’Etat en charge de l’aménagement, sera refilée au parlement, rebelotte et, nouveauté, soumise au peuple.

Je retiens avec satisfaction:

  • Qu’à partir d’une certaine taille ou d’un certain montant, le gouvernement genevois préconise enfin un vote du peuple, choix que Vaud a fait depuis longtemps avec raison.
  • Que le gouvernement genevois reconnait enfin que voter un déclassement de zone avant qu’un projet n’ait été consolidé n’est pas la bonne solution, … que n’ai-je entendu en tant que députée à chaque fois que je refusais de voter la « tête dans le sac ».

Mais croire que la solidarité intercommunale sera suffisante pour payer est une nouvelle chimère. Confions comme à Lyon (projet Confluence),  la direction du projet à une fondation. Il est urgent que l’Etat se concentre sur ses tâches essentielles et laisse à d’autres le montage et la direction du projet.

A Genève, le problème c'est qu'on ne tient compte que de l'objectif et non du processus, il est pourtant le facteur essentiel de la réussite. On préfère appliquer la logique shadock bien connue, plus ça rate plus on a des chances que ça marche. Titre de l’article écrit dans le journal Pic-Vert de juin 2014 et traitant lui aussi d’aménagement à la genevoise

10:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)