aménagement - Page 2

  • Hic et nunc

    Imprimer

    Je veux que mes désirs soient satisfaits ici et maintenant ! Traduite dans notre contexte actuel cette formule illustre le culte de l'immédiateté matérialiste auquel notre société de consommation nous a habitués.

    Jeanne Hersch le disait autrement «  Nous n'avons qu'un rendez-vous avec le monde, c'est ici et maintenant » et dans un autre contexte  mais celui de Genève s'y prête tout à fait.

    Vivre dans le passé ou dans le futur est une illusion qui ne répond pas aux aspirations du présent. L'être humain est capable de patience face à un processus dynamique uniquement. Nous n'acceptons de sacrifier notre présent  que si les efforts consentis permettent de profiter d'améliorations visibles ou prévisibles. Ainsi, on accepte de bouffer de patates pour se construire une maison, on subit une nuisance si l'on sait qu'elle n'est que passagère. Déplacements et logements répondent à cette même logique.

    Dans un souci de bien-être futur, face à la menace d'une pénurie de place et d'énergie, notre gouvernement, prévoyant, nous incite à quitter nos habitudes de vie d'aujourd'hui en nous prédisant se faisant un mieux vivre futur.

    Ainsi, pour continuer à nous déplacer sans encombre demain, il nous faut abandonner la voiture aujourd'hui et adopter les transports en commun. Le problème, c'est qu'aujourd'hui les transports publics ne sont pas prêts à absorber ce transfert modal (le seront-ils jamais ? ne vaudrait-il pas mieux parier sur la complémentarité des modes de transport ?). On le constate depuis trop longtemps, la mise en place de l'idéal nous empoisonne le quotidien. Cet idéal nous échappe et ressemble de plus en plus à une coûteuse illusion. L'usager a le mauvais sentiment de se faire voler son présent au profit d'un futur qu'il ne verra à l'évidence pas de son vivant. En reprenant le guidon ou le volant, il a au moins le sentiment concret de reprendre son destin en main. Le futur attendra.

    Idem pour le logement. L'idéal reste de devenir propriétaire et la propriété rêvée reste un espace d'habitation suffisant, une maison avec jardin ou un bel appartement. Un rêve impossible à Genève mais réalisable en France ou Suisse voisine quitte à faire 50 km de déplacement par jour. La pénurie de logement est une réalité palpable, celle du pétrole reste hypothétique.  L'exode massif des Genevois  montre que ces derniers veulent vivre bien aujourd'hui, on n'a qu'une seule vie.

    Le plan directeur 2030 ne plait ni aux propriétaires existants ni aux propriétaires aspirants, et pour cause. Cette vision nouvelle qu'on nous impose, ignore nos besoins d'aujourd'hui.  On nous promet des logements, des « requalifications structurantes » mais rares sont les réalisations récentes qui soient véritablement enthousiasmantes et porteuses d'un quelconque espoir pour un futur meilleur.

    L'être humain est ainsi fait qu'il ne sacrifiera pas son présent pour les générations futures.

    La construction territoriale ne se fait pas en effaçant l'existant. Que nous faudra-t-il pour cesser enfin de croire en une croissance infinie ?  Il nous faudra sans doute, hélas, passer par la douleur,  la crise et les erreurs  avant de mettre un frein à tous ces refrains de renouvellement urbain.

    Il ne s'agit pas de défaire ce qui existe mais de construire en tenant compte de l'existant. A défaut on s'y casse les dents, comme Caucescu à Bucarest ou Braillard à Genève. Mark Muller joue au génie des Carpates. Au lendemain d'un réveillon bien assaisonné, il risque plutôt finir en triste sire du Nant du Bois de la Gueule...

     

    Lien permanent Catégories : Politique 0 commentaire
  • 100'000 habitants de plus, coûtera aux communes 5 milliards de francs !

    Imprimer

    Inutile de chercher ce  chiffre exorbitant dans le futur plan directeur cantonal 2030. La volonté affirmée de construire  +50'000 logements pour accueillir + 100'000 habitants n'est accompagnée d'aucun montage financier. Aux communes de se débrouiller, une fois le plan adopté, pour financer les infrastructures impliquées.

    Lors d'un débat très instructif organisé le 12 octobre par l'Association de Sauvegarde de Confignon, le maire de Bernex a soupiré que le développement de sa commune était « inéluctable » dès lors que le tram et l'autoroute en font un pôle de prédilection. Les constructions se feront principalement sur de la zone agricole et les infrastructures induites coûteront 0,5 milliard à Bernex, le coût de 1'000 logements revenant à 100 millions.

    Pour sa part, le maire de Confignon a rappelé que les infrastructures communales qui accompagneront la future zone industrielle des Cherpines coûteront à elles seules 125 millions, et que la commune n'avait dès lors pas l'argent permettant d'assumer en plus toute la densification prévue par le nouveau plan directeur.

    Résignés, les 2 élus ont rappelé que les communes  n'avaient aucun pouvoir car l'adoption du Plan directeur, revenait au seul Grand Conseil.

    S'il est vrai que le pouvoir en aménagement du territoire est cantonal, j'ose prétendre que si les conseils municipaux de toutes  les communes urbaines et suburbaines touchées par la densification à outrance préconisée par le Plan directeur 2030, refusent le projet présenté, le signal devrait être suffisamment clair pour que le Grand Conseil, refuse à son tour un projet qui n'aurait pas évolué suite au NON des communes vers un projet plus raisonnable et plus respectueux des habitants.

    Eh oui, j'ai la naïveté de croire en la démocratie directe. En ces temps d'élection, Chers Elus, n'oubliez pas que vous représentez les habitants de votre commune, écoutez-les et battez-vous pour défendre leurs intérêts !

     

    Lien permanent Catégories : Politique 5 commentaires
  • Imagine

    Imprimer

    J'imagine déjà le nouveau siège de l'Union maraichère dans la plaine de l'Aire :

    • En sous-sol, le stockage en chambres froides des produits du terroir
    • Au rez, le centre de livraison et de distribution couplé à un point de vente directe.
    • Aux étages inférieurs, les bureaux de l'administration du centre, des bureaux pour des organisations liées à l'agriculture et même, d'autres bureaux ou locaux commerciaux, histoire de rentabiliser le bâtiment (et la superficie !)
    • Aux étages supérieurs, soyons véritablement ambitieux, du logement pour les travailleurs du centre.
    • Sur le toit, la production d'énergie, la récupération de l'eau et surtout la production hors sol des produits du terroir car par définition, une production « hors sol » n'a plus besoin d'être en contact avec le sol.

    Un rêve ? Peut-être pas. Le Conseil d'Etat a adopté à la fin du mois de juillet 2011 un projet de loi débloquant des investissements pour 15,7 millions de francs en faveur « d'infrastructures agricoles durables ». L'enveloppe comprend une manne pour la délocalisation du siège de l'Union maraîchère hors du secteur Praille-Acacias-Vernets vers celui de la plaine de l'Aire. La nouvelle taxe frappant les plus values foncières découlant de déclassements de terrain, permettra d'amortir cette somme.

    Dès lors que  le peuple a voté le projet de déclassement des Cherpines, la plaine de l'Aire sera densifiée / bétonnée dans son entier : jusqu'à l'autoroute pour construire une zone industrielle, des équipements publics et du logement et, au-delà de l'autoroute, pour construire une zone agricole spéciale (comprenez pour la production hors sol sous serre).

    Les agriculteurs, Union maraîchère en tête, qui sont prêts à faire ce sacrifice de bonnes terres fertiles, seraient bien inspirés de montrer l'exemple en utilisant de la manière la plus rationnelle et la plus durable les terrains ainsi condamnés pour réaliser leur futur centre. Et ma proposition d'utilisation maximale de la superficie sur plusieurs niveaux est sans conteste la manière la plus rationnelle et la plus durable d'y parvenir.

    En découvrant l'infrastructure projetée lors de la présentation de l'agriculture genevoise  ce printemps au parlement, je n'ai pas manqué d'interpeller dans ce sens le secrétaire général du DIM (département qui présente le projet de loi susmentionné), le responsable d'Agri Genève et celui du Service de l'agriculture. En effet, l'infrastructure en question, futur siège de l'Union maraichère, était dessinée sur 1 étage  (1 seul étage !) mais s'étalait sur une immense surface au sol.

    Dans une région au territoire exigu, à forte croissance démographique et où les surfaces cultivables ne cessent de diminuer, il y a lieu non seulement de maintenir une production locale dont on aura toujours plus besoin, mais aussi de faire un usage parcimonieux du sol, surtout là ou celui-ci est fertile !

    2 mois ce sont écoulés depuis cette discussion, espérons qu'ils auront permis au projet d'évoluer dans le sens que je souhaitais.... et à l'agriculture genevoise de donner ainsi d'elle-même une image exemplaire.

    Lien permanent Catégories : Politique 0 commentaire
  • Construire la ville en ville, oui. Au détriment des communes suburbaines, Non !

    Imprimer

    Dans le supplément Immobilier de la Tribune du 28 juin, Christophe Aumeunier, secrétaire général de la Chambre Genevoise Immobilière, se réjouit du vote unanime du Grand Conseil pour le projet Praille-Acacias-Vernets (PAV). Il en profite de suite pour ajouter une petite phrase assassine : "d'autres (ndlr entreprises industrielles), qui génèrent des immiscions (bruits, trépidations, odeurs ou trafics de marchandises importants) pourraient s'établir au Bois-de-Bay ou dans de nouvelles zones industrielles à créer à Bernex et à Colovray (zone des bisons)."

    Même si, tout soudain, il ne mentionne plus les zones industrielles de Vernier pour délocaliser les entreprises qui font "tache" au PAV, par pure solidarité avec les autres communes visées, je m'insurge ! Au-delà du fait que nous ne sommes pas des poubelles, la zone de Bois de Bay n'est reliée à rien et celle de Colovray non plus. Quant à Bernex, déjà que les habitants ne veulent pas du service des autos,... Mais il est vrai que côté odeurs, ils sont déjà habitués.

    Expédier les industries à la périphérie, ce serait refaire les erreurs urbanistiques du siècle passé et amplifier les mouvements pendulaires entre zones industrielles et zones résidentielles qui en découlent aujourd'hui.

    Le vrai défi du PAV c'est  au contraire de parvenir

    • à réaliser la mixité logements et activités en intégrant les activités tertiaires et secondaires existantes
    • à superposer les usages dans un souci d'économie du sol
    • à réussir le pari de la verticalité plutôt que de se vautrer, une fois de plus, dans l'horizontalité dévoreuse de m2

    Défi, oh combien difficile pour une Genève au ras des pâquerettes mais que le projet de loi du PAV permet parfaitement de réaliser, pour autant que l'on en ait la volonté.

    En fait, si Mark Muller, faisait véritablement preuve de volontarisme au PAV, ce n'est pas 1 logement pour tout nouvel emploi qu'il construirait mais 2 logements. Là, on aurait vraiment une chance de résorber le déficit actuel et le PAV serait véritablement novateur et salvateur.

     

    Ah le PAV on en parle, on en parle... Au siècle dernier, Maurice Braillard voulait lui aussi reconstruire la ville en ville, de même que Zebulon en 2008

     

  • Aménagement : la démarche dont Vernier aurait dû s'inspirer

    Imprimer

    Tandis que les autorités de Vernier subissent la dictature de l'Etat en matière d'aménagement, d'acquisition foncière et de circulation, Bernex réaménagera sa rue principale avec ses habitants. Gouverner c'est prévoir. L'anticipation bernesienne laisse un goût d'amertume en rive droite, là où les projets d'aménagement bouleversent le territoire depuis des décennies.   Croire qu'à force, les résidants  finissent par se résigner est une erreur.

    La colère gronde et finit par éclater.  Qu'il s'agisse de trafic routier, d'achat de parcelles ou de nouvelles zones industrielles, Vernier en a assez de voir son territoire pris pour une poubelle, et se rebelle.

    Une pétition  et une résolution demandant respectivement à la commune et à l'Etat de consulter les habitants avant de prendre des mesures de circulation unilatérales ont été déposées la semaine dernière. Faire la sourde oreille risque de coûter cher aux élus d'aujourd'hui, le scrutin électoral de 2011, risque bien de leur être fatal.

     

    Lien permanent Catégories : Politique 3 commentaires