01/08/2014

1er août 2014

La fête nationale nous permet, une fois par année, de nous pencher sur le sens de la Patrie, sur les liens qui nous unissent à la Confédération en cette première partie du 21e siècle, sur les valeurs partagées qui fondent les bases indispensables à toute communauté pour « vivre ensemble » et qui permettent de nous retrouver dans un projet de société.

Cette réflexion prend d’autant plus d’importance en 2014, année du bicentenaire du rattachement de Genève à la Confédération helvétique.

Vernier n’est devenue  une commune qu’à la Révolution française de 1789 et ce n’est qu’à l’issue du traité de Paris, en 1815, qu’elle fut cédée à la Suisse par la Franc, avec 5 autres communes du Pays de Gex, dans le but de donner au nouveau canton de Genève, un territoire désenclavé, cohérent et doté d’une liaison directe avec le reste de la Suisse. C’est en 1816 que le rattachement de Vernier à la Confédération sera concrétisé. La proclamation aura lieu le 18 juillet et la « remise » de Vernier à Genève, le 11 octobre. Notre commune a donc été Suisse avant d’être Genevoise !

Que de chemin parcouru en près de 200 ans ! Vernier ne comptait à l’époque que 566 habitants, soit l’équivalent de l’augmentation annuelle actuelle de la population de notre commune, qui compte presque 35'000 habitants, soit 60x plus qu’en 1816 ! De petite commune rurale au 19e siècle, Vernier est devenue la seconde ville du canton, avec près de 120 nationalités, 15'000 places de travail mais aussi, un chômage important, des quartiers moins favorisés que d’autres, des axes de transport saturés,  des infrastructures à risques et génératrices de nuisances : aéroport, autoroute, citernes et,… deux dernières fermes !

Je me plais à relever ce dernier point en cette année internationale de l’agriculture familiale, thème de notre fête de ce soir. Je remercie d’ailleurs le Conseil administratif de l’avoir choisi, marquant ainsi un lien fort avec notre terroir, nos paysages et une nature qui me sont particulièrement chers.

Deux exploitations agricoles… Cet état de fait est représentatif de la transformation de notre commune depuis les années 60, une évolution en partie choisie mais plus souvent imposée et subie. Est-ce l’évolution que nous désirons poursuivre dans les prochaines années ou rechercherons-nous une autre logique de développement ? Cela m’amène à me tourner vers l’avenir et, à essayer d’imaginer la commune de Vernier du futur.

J’imagine Vernier en 2064, dans cinquante ans, deux générations, même si je ne la verrai logiquement pas, vu mon âge ….

J’imagine une commune parvenue à un état d’équilibre démographique stable aux alentours de 40'000 habitants, après le développement urbanistique d’un dernier grand quartier, celui de l’Etang.

J’imagine une commune qui a fait sienne la parole du Genevois Robert Hainard, grand naturaliste, peintre animalier et philosophe de la nature : « On ne devrait plus mesurer la prospérité de la population à son nombre, mais à l’espace libre et à la nature sauvage dont elle dispose. On devrait pouvoir dire : ce pays est si hautement industrialisé qu’il a pu rendre la moitié de son territoire à la nature sauvage. »

La moitié ? Ce ne sera clairement pas possible à Vernier mais, j’imagine une commune qui non seulement ne grignote plus son territoire pour l’urbaniser, qui ne bétonne plus son sol pour y faire de nouvelles zones industrielles mais qui, au contraire, est capable d’en rendre à la nature et à l’agriculture de proximité, sans sacrifier pour autant sa prospérité économique et son nécessaire mais durable développement.

J’imagine une commune où il fait bon vivre, où la nature est présente dans toute la cité, où le béton a régressé, où chaque habitant sait, encore ou à nouveau, s’émerveiller du chant d’un oiseau ou du passage d’un hérisson, où les grands arbres s’épanouissent à proximité de chaque habitation, où les toits sont verts et pleins de vie quand ils ne servent pas à capter l’énergie solaire.

J’imagine une commune où le respect va de soi : respect de la nature pour sa valeur intrinsèque, évidemment respect de chaque être humain, de chaque génération, respect dans les relations sociales, professionnelles et aussi … politiques.

J’imagine une commune où chaque génération a sa place, son rôle à jouer dans la société. Une commune qui maîtrise sa transition démographique et sa croissance, qui accorde une place de choix à ses aînés, qui voit tous ses jeunes s’intégrer dans la société après une formation professionnelle adaptée tant aux besoins qu’aux aspirations personnelles de chacun et chacune.

J’imagine une commune où l’engagement personnel a gardé, ou retrouvé, tout son sens, tant sur le plan associatif que politique. Une commune, mais aussi un canton, un pays, ayant su conserver et adapter aux temps nouveaux son « système de milice » qui fait la force et la fierté de ce pays. Une commune où chaque jeune arrivé à l’âge adulte comprend l’utilité et est fier de consacrer quelques mois de sa vie au service de la collectivité, dans une version modernisée de l’obligation de servir, à la fois gage d’intégration et rite de passage. Une obligation s’appliquant sans distinction à tous les citoyens de ce pays, femmes et hommes, suisses et étrangers, dans des domaines aussi variés que la sécurité, le domaine social, culturel, agricole ou la protection de la nature.

J’imagine une commune où la vie politique intéresse plus qu’aujourd’hui des citoyens qui s’impliquent et participent aux décisions concernant leur quotidien. Et ce, grâce à des processus décisionnels étendus que la commune aura obtenu après une réforme réussie de la répartition des rôles entre le canton et les communes, réforme que notre assemblée constituante a complètement raté et qui reste aujourd’hui devant nous. J’imagine une commune où la population décide démocratiquement des choix fondamentaux qui la concerne, où la votation populaire est restée un élément fort de nos droits civiques, faisant toujours la fierté de ce pays et pouvant servir de modèle à d’autres.

J’imagine une commune et un canton, inclus dans un espace transfrontalier qui a enfin trouvé une dimension et un équilibre que nous recherchons avec difficulté depuis maintenant deux siècles sous des formes diverses à chaque moment de l’histoire  des frontières du canton de 1814 au Grand Genève, en passant par les zones franches et les périodes de repli sur soi forcé des guerres mondiales. Une commune typiquement suisse et genevoise mais qui se souvient et assume son  passé français, car elle connaît son histoire et est fière de ses racines.

 

Vision utopique de notre futur penseront certains, comme seuls une politicienne peut l’imaginer … Peut-être, mais le futur n’est pas écrit, ce sont nos choix, nos décisions d’aujourd’hui qui forgerons notre destin de demain et celui de nos enfants. Mais pour pouvoir décider, il faut une vision claire, une ligne directrice qui guident nos choix. Sénèque écrivait déjà du temps des Romains, en pensant tant aux navigateurs qu’à la société : « Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va ».

En 1291, trois Suisses ont conclu un pacte scellant le futur de leurs trois vallées. Ils savaient où ils voulaient aller et s’en sont donnés les moyens. Suivons leur exemple, à notre niveau pour notre commune et pour les années à venir. Engageons-nous pour une nouvelle vision de Vernier,  des valeurs partagées et pour notre futur.

Je vous souhaite à tous et à toutes une excellente fête du 1er août.

Vive la Confédération, Vive Genève et Vive la Ville de Vernier !

Extrait du discours du 1er août 2014 prononcé en tant que présidente du Conseil municipal de la commune de Vernier

Vernier CME– 1er août 2014.pdf

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18/06/2014

Libellules, le conseil municipal oublié

En tant que présidente du Conseil municipal de Vernier, je suis profondément choquée d’apprendre par les journaux la visite hier aux Libellules à Vernier de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga accompagnée du conseiller d’Etat Pierre Maudet. Seul élu s’étant invité à la fête, le maire, Thierry Apotheloz, n’a, à priori, pas estimé nécessaire d’inviter le conseil municipal. Pourtant l’objectif de la visite était de montrer à Madame Sommaruga le résultat des efforts conjugués de la Confédération, du Canton, et de la commune de Vernier, épaulés par deux fondations pour valoriser un quartier défavorisé. La réhabilitation des immeubles s’est accompagnée par celles des parcs publics et par la construction d’espaces partagés dans mais aussi au pied des immeubles avec la construction de 7 édicules. Destinés à devenir des espaces de vie collectifs, ils sont financés pour partie par des crédits votés par le conseil municipal, c’est donc lui qui engage la commune.  Loin d’en rester à la seule prise en charge financière, les conseillers municipaux, tant à gauche qu’à droite, n’ont pas manqué de s’investir. Ils ont validé les projets des habitants et en ont eux-mêmes proposé par voie de motion notamment. Le conseil municipal s’investit et investit énormément pour changer l’image des Libellules et de Vernier. C’est une amère récompense que d’apprendre par les journaux que les efforts sont appréciés par une population que nous n’avons pas pu rencontrer faute d’avoir été invités.

12/06/2014

Football, une question qui fâche le jour de l'ouverture du mondial

A l'heure où les finances cantonales sont au plus mal, un jour après que le Conseil d'Etat ait déposé son programme de législature et alors que le Mondial démarre au Brésil, il me semblait pertinent de revenir sur une offre d'hébergement de la coupe de Suisse au stade de la Praille évoquée par notre gouvernement il y a quelques semaines. J'ai donc déposé une question au titre quelque peu provocateur au Grand Conseil, au risque d'en fâcher certains... mais quand les caisses sont vides, sonne l'heure des choix pour tous.

 

Football : pourquoi inviter les hooligans chassés par d’autres villes ?

D’après les données de l’Office fédéral de la statistique (OFS), les délits explosent aux abords des stades suisses. En 2013, le nombre de délits liés à la violence et survenus à proximité des stades a progressé de 13% par rapport à 2012. Les actes de violence à l’égard des forces de l’ordre ont progressé de 85% pendant ce laps de temps.

Face à ce déferlement de violences les cantons doivent mettre en place de lourds dispositifs de sécurité, avec les conséquences financières qui en résultent. A chaque derby explosif, les autorités sont contraintes de mobiliser leurs forces policières au risque de voir les biens publics et privés saccagés.

Les cantons et les villes refusent d’assumer seuls les coûts de la sécurité et souhaitent que les clubs de football ou de hockey, ou leur fédération respective, mettent la main au porte-monnaie. De leur côté, les clubs, dont beaucoup vivotent financièrement, soutiennent qu’ils ne peuvent pas assumer ces coûts.

Suite aux énièmes incidents en marge d’une finale de la coupe de Suisse de football, le Conseiller d’Etat en charge du département de la sécurité et de l’économie a proposé que Genève accueille au stade de la Praille l’explosive rencontre, sans toutefois s’étendre sur les coûts que Genève aurait à assumer. Pour mémoire, l’Eurofoot 2008 a engendré d’après la Cour des comptes un coût direct pour l’Etat de Genève et l’ensemble des entités publiques de 39,9 millions. La police a effectué des heures supplémentaires pour 9,4 millions alors qu’elles avaient été budgétées à hauteur de 4 millions.

Par ailleurs, le stade de la Praille ne se situe pas dans un quartier inhabité comme annoncé, mais dans le périmètre du PAV dont la description sur le site internet de l’Etat est la suivante : « Il se situe dans un tissu urbain, économique et social actif et vivant et ne constitue dès lors pas une friche. Sa vocation d'extension de la ville dense devra se réaliser dans un processus de mutation progressive. »

La population et la soussignée peuvent comprendre les impératifs de rentabilisation du stade de la Praille, mais émet quelques doutes quant à l’idée d’accueillir des rencontres dont personne ne veut à n’importe quel prix.

 

Mes questions sont les suivantes :

  1. La proposition d’organiser la finale de la Coupe de Suisse de football à la Praille relève-t-elle de l’effet de manche ou d’une proposition du Conseil d’Etat in corpore ?
  2. A combien le Conseil d’Etat évalue-t-il les coûts de l’organisation d’une finale de la Coupe de Suisse de football à la Praille en incluant la rémunération des policiers mobilisés (salaires, heures supplémentaires) et les prestations appréciables en argent ?
  3. L’accueil de rencontres sportives à risque telles que les finales de coupe de Suisse au stade de la Praille est-il compatible avec la vocation du PAV et avec l’état de nos finances cantonales ?

 

 

 

 

 

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25/05/2014

Espaces publics oubliés

Le Grand Conseil évoque les espaces publics : « Leur situation est catastrophique. Bel-Air, Cornavin ressemblent à des places du tiers-monde ». Dans C’est Bob du 24 mai, Marc Breton m’attribue cette affirmation car sans doute lui était-il inconcevable de l’imaginer dans une bouche autre qu’UDC. Et pourtant… Ravie d’avoir fait la une de votre rubrique, mais je ne suis pas l’auteure de cette phrase. Je suis convaincue pour ma part que la qualité des espaces publics d’une ville ne dépend ni de sa situation géographique ni de sa capacité financière. Ce sont les citoyens qui par leur fréquentation du lieu le décrètent agréable, fréquentable. Un square doté d’un seul arbre à la frondaison apaisante peut suffire pour que chacun s’y sente bien et ait envie d’y partager un moment de convivialité. Il peut s’agir d’un îlot de verdure sis en plein ville, d’un pont jeté d’une rive à l’autre, d’une place de marché animée. Tout espace, si petit ou si grand soit-il, peut devenir un espace public apprécié pour autant qu’il intègre une dimension émotionnelle. Cette dernière n’a pas de prix, mais certainement une âme, Genève aurait-elle perdu la sienne ?

Vu l’absence de retours autre dans la Tribune sur ce débat pourtant essentiel, permettez-moi d’en faire un par le biais de ce courrier et de vous inviter à retrouver l’intégralité de mon intervention sur mon site internet.

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19/05/2014

N’est pas tsar ou Poutine du Grand Genève qui veut….

Les votations du 18 mai ont occulté les objets traités lors de la session des 15-16 mai au Grand Conseil du canton de Genève. Leur analyse permet de tirer des parallèles incontestables. Tant les partis politiques dans leur large majorité que notre gouvernement ne sont plus en phase avec les préoccupations premières des citoyens. Leur vote montre clairement un désir de dire stop à la démesure, une demande de se concentrer sur les besoins primordiaux des citoyens de ce pays d’abord. L’argent durement gagné n’a pas à être dilapidé dans des projets dépassant les limites qu’elles soient économiques ou financières, nationales ou cantonales.

Au parlement, déclassements et aménagement furent au cœur des débats. Rapporteuse de minorité sur la quasi totalité des objets, je n'ai pas chômé

Vernier qui rit (PL 10843)

Le déclassement en zone 3 de développement (ZD3) des Corbillettes à Vernier, n’a pas été voté mais renvoyé en commission. En tant que rapporteuse de minorité, cette majorité obtenue, même pour des raisons différentes, grâce aux voix PLR me réjouis. Mon rapport demandait à ce que ce déclassement s’applique, conformément au plan directeur communal, au seul front de rue Louis Casaï, et que le processus participatif entamé avec les habitants se poursuive sur le reste du périmètre. Le PLR souhaitait quant à lui un déclassement de l’entier du périmètre mais non pas en ZD3 mais en zone ordinaire 3. La différence est de taille en terme financier. En zone ordinaire, nulle obligation de réaliser du logement dit social. Ainsi, en cas de vente, c’est le prix du marché qui s’applique et non celui contrôlé par l’Etat. Exit aussi le droit de préemption de ce dernier. Les habitants du périmètre ne seront pas lésés, les promoteurs non plus … A voir de plus près qui est propriétaire dans le secteur, on comprend mieux le vote du PLR.

Vernier qui pleure (PL 11003)

Les habitants de la presqu’île d’Aïre ont eu moins de chance. Le déclassement de la parcelle dite de la Bourdonnette, a été voté sans l’amendement demandé par la rapporteuse de minorité de respecter, dans une première phase, l’indice d’utilisation du sol négocié de 0,6. Remettre en question l’indice, c’était potentiellement permettre de construire autrement plus dense que le projet de logements pour personnes âgées déjà finalisé, négocié avec l’Etat et le promoteur et accepté par les habitants et la commune. L’autorisation de construire aurait pu être immédiatement déposée et la construction démarrer. Le parlement, dans sa large majorité, a préféré prendre le risque de s’opposer aux habitants et de repousser le projet de logement pour personnes âgées aux calendes grecques.

Le vote nominal a été demandé sur ces deux objets. Entre le dogmatisme de la Gauche, les fourberies du PDC et la défense d’intérêts financiers de PLR, il n’y eu guère de place lors de cette session pour une discussion centrée sur les enjeux et sur les intérêts réels des habitants.

C’est bien dommage, car quel que soit le projet, il ne peut se faire en passant par-dessus la volonté des habitants.  N’est pas tsar ou Poutine du Grand Genève qui veut….

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