12/04/2017

Morillon Parc, n’opposons pas logement pour les migrants et espaces verts

En février 2016, suite à la demande de l’Hospice général de construire des logement pour migrants sur le par Morillon à Onex, j’avais déposé la motion  M2316  N’opposons pas la construction de logements pour les réfugiés et la préservation des espaces verts.

En effet, si l’accueil de réfugiés est une juste cause à laquelle il s’agit d’apporter des solutions, force est de constater que partout ailleurs la construction de « villages » pour réfugiés se fait ou est projetée sur des surfaces déjà bétonnées ou vouées à de futures constructions et non sur des parcs sis au centre d’immeubles d’habitation. Le malheur du parc Morillon est qu’il soit en zone constructible et non en zone de verdure. Le choix de sacrifier un espace vert centre d’une cité déjà bien dense n’est pas acceptable pour les habitants, il est nécessaire de tenir également compte de leur avis. La commune comme le canton ne cessent de prôner le dialogue avec la population et la nécessité de veiller à un développement durable, raisonnable et au maintien de la qualité de vie pour les habitants. Le parc Morillon y contribue indéniablement, raison pour laquelle il est nécessaire de mettre la parcelle du parc en conformité avec son affectation actuelle, à savoir une zone de verdure ou alors d’en modifier l’affectation si c’est l’utilité publique de logement pour migrants qui prévaut.
En outre, le choix de la procédure accélérée choisie par le canton pour autoriser ces constructions est problématique. Cette procédure est normalement réservée, comme la loi l’indique (article 3 alinéa c) de la LCI (L 5 05) c), pour des constructions nouvelles de peu d’importance ou provisoires; Sauf que les constructions projetées comportent plusieurs étages et souvent plusieurs bâtiments et ne peuvent vraisemblablement pas répondre au qualificatif de « peu d’importance ». Quant à leur caractère provisoire, il est permis d’en douter.
 

Le Tribunal administratif donne raison aux recourants et indirectement à ma motion

A la lecture des conclusions du Tribunal administratif du 7 avril 2017,  je constate que les éléments qui ont prévalu à annuler l’autorisation de construire sont que les constructions prévues n’avaient pas un caractère provisoire et n’étaient pas de peu d’importance et que la volonté du canton de passer outre en autorisant  la construction alors qu’elle n’était pas conforme au plan d’affectation dénigrerait à la population la possibilité de se prononcer sur une telle modification d’affectation. Exactement ce que je disais dans ma motion :)))

Rejetée en commission, voir rapport M2316 A , le Grand Conseil a refusé cette motion le 2 mars 2017 (voir la vidéo de la session). Je présidais la séance ce jour là…

Je regrette qu’elle ait été rejetée aveuglément par le Grand Conseil à l’exception de l’UDC et du PLR qui, pour ce dernier, avait bien vu qu’il y avait un problème légal. Heureusement, qu’il nous reste le troisième pouvoir  pour garder les yeux ouverts sur le respect de la loi.

http://www.christinameissner.com/morillon-parc-nopposons-logement-migrants-espaces-verts/

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04/02/2017

Les autoritaires on la cote, mais à qui la faute ?

Excellent article sur les autoritaires qui ont la cote, paru dans la Tribune de Genève du 3 février 2017. Mais, il me semble nécessaire de souligner aussi le lien entre les pouvoirs, surtout en démocratie !

Poutine, Trump, Erdogan,... les autoritaires ont la cote titre la Tribune de Genève, mais qui leur donne le pouvoir d'exercer leur autorité ? Dans une démocratie, la Justice s'occupe du passé, l'Exécutif du présent et le Législatif du futur. Dès lors, c'est bien de la majorité que l'on élit au Législatif (assemblée nationale, congrès, parlement, etc) que dépend le pouvoir. Ce sont les lois, décrets, etc. que le Législatif vote qui donnent à l'Exécutif le pouvoir de les mettre en oeuvre et à la Justice de les appliquer. Sans l'appui parlementaire, l'Exécutif ne peut rien faire. On ferait bien d'y réfléchir au moment des élections, de toutes les élections et pas seulement celles qui donnent accès à la plus haute marche du pouvoir.

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04/01/2017

Citernes, harles et Grand Genève

J’ai bien aimé lire la page 16 de la Tribune du 4 janvier et comme le travail ne m’a pas encore submergée, j’ai pris le temps de bloguer. Belle année à tous les blogueurs assidus et à Jean-François Mabut !

Citernes de Vernier, ne jouons pas avec le feu !

Les citernes de Vernier sont toujours un casse-tête, et d’autant plus avec la menace hybride actuelle. Qu’attend donc l’Etat pour se mettre à travailler sérieusement sur la sécurisation du site de Blandonnet qui ne le sera jamais autant que débarrassé de ces citernes. Espérons que la lecture de cette page ne donnera pas de mauvaises idées à des personnes mal intentionnées …

Un canard perturbe l’élagage des platanes, chouette !

Que notre Julie n’aie crainte, aucun risque que des harles s’installent dans les arbres de Plainpalais, ils adorent l’eau et la plaine en est bien trop éloignée. Par contre, il n’est pas impossible qu’un couple à plumes, branché urbain, ne choisisse un jour de s’approprier un platane du pourtour de la rade. A force de leur tailler la boule à zéro chaque année, ces pauvres arbres sont tellement déformés et hideux que la pose de quelques nichoirs ne saurait les enlaidir davantage. Si l’installation de logements en milieu urbain pouvait dissuader les harles de s’installer en campagne au bord des petits cours d’eau, je suis certaine que les pêcheurs en seraient ravis…

Restauration des corridors biologiques du Grand Genève, oui mais

Rien ne peut me faire davantage plaisir que de voir les autorités s’engager pour  la nature qu’elle soit verte ou bleue, à plumes, à poils ou à écailles ! Restaurer les marais et améliorer les zones de reproduction du poisson, c’est magnifique mais de grâce que nos autorités n’oublient pas que sans eau, point de vie. Quitte à faire pâlir quelques green de golf qui eux ne manquent pas d’eau,  à quand une action transfrontalière dynamique qui permette de rendre le bleu aquatique à nos rivières emblématiques telles que l'Allondon ?

Tribune_de_Genève page 16__2017-01-04.pdf

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30/11/2016

Pays de Gex, une démarche exemplaire !

Alors là, bravo au Pays de Gex ! Pour accompagner votre plan local d’urbanisme (équivalent du plan directeur cantonal genevois) vous avez créé un site internet remarquable ! www.paysdegex.concertationpublique.com

Je l’ai découvert grâce à la Tribune de Genève et je me suis tout de suite connectée pour le tester. J’ai été impressionnée par son contenu et sa structure.  Il permet de connaitre les enjeux, les délibérations et la position des élus, les aménagements et développement territoriaux prévus. Il est très complet, facile à comprendre et à utiliser car il est INTERACTIF. Chacun peut proposer une idée et les autres internautes se prononcer sur cette dernière, des propositions  peuvent aussi être positionnées sur la carte interactive.

Attachée à la concertation, j’apprécie particulièrement que les élus gessiens « sollicitent ainsi l’expertise quotidienne de la population ». Wouaouh. Qu’attend-on pour faire de même à Genève ? Allez donc chercher des infos sur le plan directeur cantonal sur le site de l’aménagement de Genève (www.ge.ch/amenagement/plan-directeur-cantonal-2030)…

L’élu porteur de ce projet gessien, c’est Vincent Scattolin, Vice-président de la Communauté de communes du pays de Gex (CCPG)  chargé de l’aménagement du territoire. Or, professionnellement, il travaille à Genève, au DALE (département de l’aménagement, du logement et de l’énergie). Le lien est donc tout trouvé pour que notre aménagement cantonal utilise cet outil français. Nous avons déjà par le passé utilisé, avec succès, des outils français, je pense aux contrats de rivières. Nous partageons le même territoire, partageons et utilisons les mêmes outils et, on peut rêver, une même vision.

Je ne peux m’empêcher en effet de relever que le Pays de Gex, contrairement à Genève, a pris conscience de ses propres limites et fixe en conséquence pour objectif dans son plan directeur de « se limiter à 120’000 habitants en 2030 ».  Admettre une limite à la croissance devrait être le premier objectif de toute planification territoriale responsable et durable, celle dont tout découle. A Genève, on préfère prétendre que la croissance est inéluctable et qu’il faut s’y préparer via notre plan directeur cantonal « Le canton de Genève est au centre d’une région très attractive, avec une très forte croissance démographique, largement supérieure à la moyenne européenne. L’enjeu est d’accompagner ce développement en garantissant la qualité du cadre de vie et en préservant une bonne dynamique économique ». Or servir la dynamique économique tout en garantissant le cadre de vie, c’est la quadrature du cercle dans lequel nous nous enfermons depuis toujours à Genève et qui a atteint aujourd’hui ses limites...

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05/08/2016

Des routes aux pentes hirsutes, ça hérisse….

En communiquant hâtivement sur la fauche tardive des talus des bords de route, notre Conseiller d’Etat Luc Barthassat a déclenché l’ire de ses amis les agriculteurs. Espérons que lui-même et la biodiversité qu’il défend ne passeront pas sous leurs fourches caudines…

Notre Conseiller d’Etat n’a pourtant rien inventé.  L’action qu’il prône n’es pas nouvelle, elle a pour origine le Groupe talus,  un groupe mythique du siècle passé ( !) aujourd’hui disparu.

talusEn 1996, Pro Natura Genève publiait avec le soutien de l’Etat de Genève, la brochure « Protection de la nature et entretien des talus des bords de routes et des cours d’eau, résultats de 5 années d’action ». Après avoir identifié de nombreux talus comme offrant un refuge  bienvenu pour une flore et une faune menacées à cause de l’usage des engrais et pesticides, un programme de fauche tardive et de suivi biologique sur près de cent sites genevois a été proposé par le Groupe talus de l’association. L’objectif était de permettre à ces espèces devenues rares, comme par exemple les orchidées, de pouvoir s’épanouir à nouveau grâce à une fauche tardive leur permettant de compléter leur cycle annuel.

La raréfaction des espaces naturels liée à l’exigüité du territoire cantonal ne permettait plus, à l’époque déjà, d’ignorer les milieux semi-naturels, même situés au bord d’une route.  

Evidemment, les efforts déployés pour reconquérir le terrain perdu par la nature sur les talus ne pouvaient être isolés. Cette action se combinait à ceux d’une agriculture plus respectueuse de la nature, de particuliers tolérant un coin sauvage dans leurs  jardins et à un entretien extensif des parcs publics ou d’entreprises.

S’il avait fallu plusieurs années pour déployer cette action au niveau cantonal, c’est qu’elle avait été menée de concert avec les services de l’Etat, les communes, les entreprises et les agriculteurs et qu’un suivi scientifique l’avait accompagnée. Une enquête effectuée par la Chambre Genevoise d’Agriculture (AgriGenève) en 1994 avait d’ailleurs montré que seul un des talus fauché tardivement posait problème à l’agriculture. Le chardon des champs s’y était installé grâce aux engrais provenant du champ adjacent. Dans les rares cas où des plantes indésirables apparaissaient, c’était le Groupe Talus de Pro Natura qui intervenait pour des éliminations ponctuelles.

Grâce aux talus, le réseau biologique et le réseau routier interagissaient pour permettre le déplacement des espèces quelle qu’elles soient.  Grâce à des fauches moins fréquentes, il était possible d’alléger la charge de travail et financière induite par un entretien traditionnel. L’agriculture avait aussi compris l’intérêt d’avoir des talus fauchés tardivement, où nombre d’espèces prédatrices alliées lui permettaient d’économiser sur les pesticides. Cette action était donc exemplaire socialement, économiquement et environnementalement.

Feu Jean-Jacques Marteau de la Tribune de Genève nous accompagnait chaque année dans le suivi des talus fauchés tardivement  et ses articles mémorables dans la Julie contribuaient de manière très importante à la sensibilisation de la population encore peu habituée à la vision de talus peuplés d’herbe haute.

Aujourd’hui, plus personne ne s’étonne de voir des talus fauchés tardivement, alors fallait-il vraiment en faire une opération de communication et poser des panneaux partout comme s’il s’agissait d’un évènement exceptionnel et non pas d’une action courante acceptée de tous ?

Christina Meissner, députée, ancienne chargée d’affaires de Pro Natura Genève et co-responsable avec Michel Vauthey du Groupe talus

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