25/05/2010

Est qui rit, Ouest qui pleure

De retour d’un voyage en Pologne, au demeurant fort instructif, la lecture de rattrapage de la presse m’a écoeurée. L’image qui ressort de la Suisse et de Genève est effrayante. Hélas, il ne s’agit pas juste d’une peinture impressionniste, la réalité est là, sous nos yeux, chaque jour. Nous a-t-elle rendus aveugle ?

Gangs et bande sorganisées se défoulent sur nos biens et nos citoyens, l’incivisme souille les places publiques d’immondices, la mendicité s’organise, l’Islam progresse masquée, et la prison débordée menace d’imploser. En Pologne, on se marre de notre naïveté face à l’Europe, face aux mendiants, face aux profiteurs de tous bords. Les tourments de l’histoire (faut-il réellement en passer par là ?) ont fait comprendre à cet ancien pays de derrière le rideau de fer, qu’une alliance à l’Europe, pouvait rapporter gros. Classé pays pauvre, la Pologne bénéficie pour tout projet, qu’il s’agisse d’environnement, de culture ou d’infrastructures d’une manne européenne très, très, très généreuse. Et tout le monde en profite, à tel point qu’aujourd’hui, l’élève a dépassé le maître. La Pologne a pris 15 ans d’avance et son économie est l’une des plus dynamiques d’Europe : les routes neuves se multiplient, les sites naturels souffrent mais des ponts biologiques sont intégrés aux ouvrages (règlementation européenne aidant), gratte-ciels et architectures futuristes métamorphosent le ciel de Varsovie, les quartiers gris et insalubres disparaissent mais les sites historiques urbains sont préservés et restaurés avec goût et audace, la propriété individuelle connaît une nouvelle jeunesse, les magasins débordent de produits et sont ouverts 7/7 jusqu’à 21h au moins, les WC sont impeccables et modernes, les murs et les rues propres. Cette vision « touristique » n’est sans doute pas celle de toute la Pologne, mais à Genève, nous ne sommes même plus capables de donner le change au visiteur qui ferait d’ailleurs mieux de surveiller ses poches…

En prenant tout ce qui était bon à prendre de l’Europe de l’Ouest, la Pologne a agi en pensant d’abord à son intérêt national. Et elle a eu raison. L’adhésion à l’Europe lui offrait un gain économique net. Pour la Suisse, considérée comme riche, le résultat serait tout autre. Gardons-nous de venir alimenter les caisses sans fond de l’Europe.

13/02/2010

Quand les roses de la Saint Valentin font mourir un lac au Kenya

En achetant une rose, à la St Valentin, on ne pense qu'à l'être aimé, au bonheur du présent. Qui songe au parcours de la rose, à la portée du geste multiplié des millions de fois, au sol africain assoiffé par l'amour que nous portons à l'autre ? La St Valentin, c'est aussi un marché, la plus grande enchère mercantile florale, alimentée par 300 millions de fleurs qui transitent par la Hollande. Quelque soit sa provenance, la rose est achetée aux enchères à Amsterdam et se retrouve sur nos étalages avec la mention "Origine Pays Bas". Avec sa main d'oeuvre bon marché, la floriculture est en plein boom au Kenya, et les fleurs de nos marchés proviennent en grande partie des fermes industrielles de la région du lac Naivasha. A cause des pompages excessifs d'eau pour la culture de fleurs, le lac  a perdu en vingt ans la moitié de son volume d'eau. La population qui ne cesse d'augmenter attirée par l'aubaine économique et s'entasse dans des bidonvilles. Les rejets d'eaux usées, de fertilisants et de pesticides rendent les eaux du lac putrides, les animaux sauvages sont assoiffés, les plantes indigènes étouffées. Dans dix ans, comme hélas tant d'autres lacs africains (Tchad) il n'en restera plus rien. Lac Natron, Naivasha, la ferme au pied de Ngong Hills, qu'il est loin de temps des souvenirs d'Afrique comme le rappelle Caroline Depecker dans le Temps du 13 février 2010.

Pour en savoir plus http://www.infosdelaplanete.org/4401/kenya-les-fleurs-du-...

 

09/10/2009

Mais oui, il y des Julie qui font plaisir à lire

Celle d'aujourd'hui par exemple, qui dans la partie régionale annonce un bouquet de bonnes nouvelles qu'il s'a'gisse de science, d'économie, de  social, de tourisme ou d'environnement : des distributeurs TPG intégrant enfin le parcage et le transport en un seul billet et... rendant la monnaie; un répit pour un resto emblématique de la rue du Rhône, l'Entrecôte; l'apaisement pour les Mouettes si rapides et qu'on aime tant; un guide touristique enfin pratique en ville de Genève; de l'espoir pour les jeunes en rupture de Vernier; des parlementaires qui travaillent, s'entendent et se remercient; la reconnaissance par delà les frontières des produits qui sont la fierté de notre terroir;  de l'aide pour nos dernières perdrix grises; un succès technologique pour Genève en matière de communication sécurisée... Merci à celles et ceux qui ont oeuvré concrètement sur ces actions et, à notre Tribune qui nous offre ainsi l'occasion de lire de bonnes nouvelles du Genevois. Et même si la première partie de la Tribune était nettement moins réjouissante, pour une fois tant pis, "rêvons Genève" sans regarder par delà les frontières cantonales ou plus loin que cette belle journée où le soleil s'est invité pour ne pas nous laisser sombrer dans la déprime automnale comme mon ami Benjamin.