19/11/2010

Quand le parlement fait le jeu des promotteurs à l'insu de son plein gré

 

Le rapport de de la commission ad hoc du Grand Conseil, terriblement succinct pour un tel changement de politique sur les zones de développement, le manque de curiosité des députés, allié à un mutisme suspect ont de quoi laisser coi !

La « petite » modification acceptée en commission puis en plénière sans broncher, à savoir la modification de l'art 2 al1 lettre b de la loi générale sur les modifications de zones (LGZD)  propose que pour les objets à édifier dans les périmètres de développement de la 5e zone résidentielle l'art 5 ne soiit plus applicable.

Or l'art 5 lettre b de la dite loi stipule que les bâtiments d'habitation destinés à la vente dans ces périmètres répondent, à un besoin prépondérant d'intérêt général. Mais voilà, cet article ne s'appliquera plus.

Les objectifs de la LGZD ne seront donc plus atteints. Comme le rappelle le DCTI lui-même dans le rapport, les objectifs cette loi sont des objectifs sociaux, à savoir de favoriser la mise sur le marché de logements d'intérêt général et non pas de construire de l'habitat groupé ou villas, à des prix exorbitants qu'aucun genevois ne peut se payer.

Que la droite travaille pour la promotion immobilière passe encore, mais que la gauche s'y mette aussi, ne laisse vraiment plus d'espoir pour les genevois sans toit.

 

 

16:10 Publié dans Politique | Tags : constructions | Lien permanent | Commentaires (2)

14/09/2010

Lier emplois et logements, la recette impossible

Un franc suisse stable, une économie florissante, des conditions fiscales attractives, des charges sociales raisonnables, un cadre de vie agréable situé au centre le l'Europe et relié au monde entier.

Notre région n'en finit pas d'attirer quantité d'entreprises et quantité de travailleurs.  Depuis le début de l'année, le nombre de permis frontaliers accordés a augmenté de 300% (440 au premier semestre 2009 contre 1'300 en 2010). Quant à la population résidente, avec près de 6'000 personnes de plus depuis le début de l'année, Genève a accueilli deux fois plus de personnes qu'en 2009 et ce n'est pas fini.

Forcément, la construction de logement (1200 en 2009) n'arrive pas à satisfaire la demande. Les prix des terrains grimpent et ceux du logement aussi.

Ce déséquilibre chronique entre emplois et logements, creuse l'écart entre riches et pauvres et laisse la classe moyenne est exsangue.

Pour financer le filet social de plus en plus nécessaire pour pallier la précarisation de la population, Genève accueille toujours plus (de riches entreprises ou personnes) et maintenir ainsi à flot un canton qui sombrerait autrement bien vite dans la pauvreté.

Le cercle est infernal ! On ne peut pas attendre qu'il s'arrête avec la disparition du dernier mètre carré vert ou la colère grandissante d'une population autochtone laissée pour compte.

En tant que genevoise soucieuse du bien être des habitants du canton et de la préservation de notre milieu naturel, la croissance démographique et ses corollaires : crise du logement et urbanisation, m'interpelle. En tant que députée au Grand Conseil,  je cherche depuis des mois, sans doute comme d'autres,  LA solution.

Au mois de juin, j'avais trouvé ! Lier l'emploi au logement. Ne pas construire d'avantage de bureaux mais davantage de logements. Et pour rattraper le retard faire en sorte que :

-      la moitié des nouveaux logements construits soit destinée aux résidents,  le nombre de nouveaux permis de travail accordés ne pouvant pas dépasser par année  la moitié du nombre de logements créés l'année précédente.

J'étais plutôt fière de mon projet, j'ai vite déchanté.

La législation en vigueur, qu'elle soit cantonale ou fédérale et les accords bilatéraux, ne laissent aucune marge de manœuvre : nous n'avons tout simplement pas le droit de restreindre les permis de travail en fonction de la disponibilité des logements sur notre territoire.

Les accords bilatéraux nous interdisent de lier l'emploi (permis de travail) au logement et nous obligent à accueillir toute personne qui obtiendrait un travail sans se préoccuper de savoir s'il a trouvé un toit et où ce toit se situe.

Dura lex, sed lex