20/01/2012

Genève nature, encore une occasion ratée

Les couloirs biologiques sont les routes de la nature, qu'il s'agisse de haies vives ou de cours d'eau naturels. Les espèces les utilisent pour se déplacer en toute sécurité et donc survivre. A Genève,  l'enjeu est grand car ces couloirs verts ou bleus sont discontinus ou menacés.

Le concours du réaménagement de la route de Meyrin à la hauteur du CERN offrait une belle occasion à l'Etat de recréer un corridor biologique le long du Nant d'Avril pour éviter l'isolement grandissant des marais de Mategnin.  Las, une fois de plus, l'aménagement choisi en fait fi de la nature, la traversée en toute sécurité de la route de Meyrin, ce sera pour les humains seulement. .. Lors du réaménagement de cette même route pour  la venue du tram, le corridor biologique avait aussi été oublié alors que l'enjeu était connu et reconnu d'importance.  On nous promet une agglomération verte, mais on oublie l'existant et du coup, on n'y croit plus.

Les slogans ne tromperont plus personne si ce sont toujours les tronçonneuses qui ont le dernier mot. Evitez-nous l'escroquerie  intellectuelle consistant à prôner un projet d'agglomération « verte » sur le papier tout en continuant dans la réalité, à couper les arbres et à oublier la nature pour de nombreuses mauvaises raisons.

 

23/03/2010

Mark Muller fait de la politique, et au diable les grenouilles

Le maintien des couloirs de migration de la faune sauvage est un des grands défis qui attendent l’aménagement concerté du territoire de l’agglomération genevoise.  En effet, la fragmentation du territoire due à l’urbanisation croissante de notre région menace plus que jamais ces corridors de déplacement entre lieux de vie, de reproduction ou de nourrissage. Il en va de la survie des espèces sauvages terrestres et aquatiques.  Grande et petite  faune peinent de plus en plus à se déplacer et même à vivre en toute sécurité (et elles ne sont pas les seules...). Au retour des beaux jours, c’est le massacre : crapauds, grenouilles et hérissons se font écraser par milliers sur nos routes, faons et lapereaux sont débusqués par les chiens non tenus en laisse, oisillons et lézards croqués par nos chats. Pas un endroit de tranquillité pour fonder une famille ou se reposer tout simplement. Si la sève du printemps nous démange, nous fait tourner la tête, d'autres la perdent carrément.

Mark Muller, notre conseiller d’Etat en charge de l’aménagement du territoire et des constructions fait de la politique. Pas celle d’une autorité compétente et respectueuse des lois qu'il est censé incarner. Non, celle qui, fait fi du bon usage des deniers publics, qui se fiche des préavis de services responsables, et qui passe par-dessus sa propre police des constructions. En autorisant au mépris de la loi, l’installation de Canidos (parkings, bruits et lumières nocturnes compris) à Sauverny, en pleine zone agricole, sur un corridor biologique d’importance nationale, pile poil à côté de la réserve naturelle, Mark Muller ne se fiche pas seulement des grenouilles et autres pauvres bêtes. Il se fiche aussi des citoyens qui respectent les procédures, des agriculteurs qui n'utilisent pas n'importe comment la zone agricole, des éducateurs canins qui dans leur immense majorité parviennent sans problème à exercer leur métier sans enfreindre la loi. Se faisant, il perd toute crédibilité par rapport au projet d’agglomération dont il est sensé être le porteur responsable et fiable au niveau cantonal.

Si certains croient encore que tous les crapauds peuvent devenir des princes charmants, moi j'y crois plus du tout !

Voir la Tribune de Genève du 23 mars 2010