17/01/2013

Quand je te tiens par la barbichette à la Bourdonnette

Je n’ai pas été élue pour être à la botte du gouvernement mais pour faire entendre au Grand Conseil la voix de ceux qui habitent Genève depuis longtemps, y vivent modestement mais travaillent, paient leurs impôts, ont économisé pour devenir propriétaire, s’investissent dans et pour la vie de la cité et croient encore que leur ancrage dans le tissu local est un gage qui engage les élus à les respecter.

Aussi, je suis abasourdie par le cynisme de la politique que je découvre durant ma première législature en tant que députée.

Exemple :

En commission d’aménagement, semaine après semaine, des déclassements de zones villas nous sont soumis, et ils sont approuvés par la majorité des partis. Au nom du logement pour nos enfants, il faut construire, densifier, aller de l’avant aveuglément. Les habitants directement touchés sont entendus, poliment, mais leurs arguments n’ébranlent aucunement un parlement acquis à la cause de la croissance et de ses corollaires, la construction et  la densification à tout prix voire au mépris des habitants existants.

La semaine prochaine, nous devrons nous prononcer sur le déclassement (modification de zone) d’un périmètre à Vernier, qui le ferait passer d’en zone villa à zone de développement 4A. Sur cette parcelle, vide de construction, l’objectif est de construire du logement. Ma commune est d’accord, mais a clairement fait savoir que si la densité dépassait celle prévue par convention (0,6) elle s’y opposerait, les 250 voisins aussi. Mais proactifs, ces derniers, saisissant l’opportunité offerte par la nouvelle augmentation des densités permise en zone villas, jusqu’à 0,6, proposent au parlement de ne pas déclasser ce périmètre. La construction du bâtiment de logement qu’ils ne contestent pas et qui ne dépasse pas la densité de 0,6 est compatible avec la zone villa et pourrait commencer tout de suite, il suffirait de déposer la demande d’autorisation de construire

Mais, si le déclassement est voté par le Grand Conseil, un plan localisé de quartier devra être élaboré. C’est ce dernier qui fixera la densité. Comme le parlement votera très prochainement une révision de la loi fixant pour cette zone-là une densité minimum de 1, le conflit est programmé. Il y aura oppositions au déclassement, oppositions au PLQ, et rien de se construira avant longtemps. Les autres partis vont-ils enfin faire preuve de lucidité, et suivre la proposition des habitants et permettre ainsi de construire du logement et d’éviter le conflit ? Ou préfèrent-ils pousser les habitants et les communes à s’opposer et donc prouver ainsi que « de toutes façons, vous voyez bien qu’ils ne veulent pas construire, qu’ils s’opposent à tout, et qu’il ne faut surtout pas leur donner plus de droits ». Vais-je une fois de plus devoir rédiger un rapport de minorité parlementaire ? Comme tous les précédents, il reflètera non seulement la position d’un parti, l’UDC, mais celle d’une majorité d’habitants propriétaires, persuadés que seul un aménagement concerté permettra de débloquer la situation  sans prétériter la qualité de vie.

17/11/2010

Les expatriés (ou expropriés?) de la zone villa

Le supplément IMMOBILIER de la TdG du 16 novembre 2010 apporte une information intéressante. Il s'agit des prix  de l'immobilier en France. Les prix des appartements  neufs dans la zone frontière sont de 50% plus hauts en zone frontière que  la moyenne de ceux des départements français concernés. En ce qui concerne les maisons anciennes et les terrains, les prix doublent en zone frontière. Cela signifie simplement que la politique genevoise qui consiste à déclasser les zones villas en zone suburbaine pour construire des immeubles ne sert qu'à expatrier les contribuables "intéressants" au delà des frontières de la République. Un auto goal donc, mais chacun peut avoir une autre interprétation !

TDG - Immobilier - mardi 16 novembre 2010.pdf

13/08/2010

Pauvre Vernier !

Chez nous, point de riches héritiers, point de banquiers fortunés, seule la poussière pointe à l’horizon…

Notre maire, Thierry Apothéloz, réagissant au triste classement dans lequel Vernier se retrouve la plus pauvre des communes genevoises explique dans la Tribune du 13 août : « 80% de notre territoire est composé d’HLM. C’est la plus forte concentration de tout le canton ». Si on ajoute à ce pourcentage surprenant, le 25% du territoire verniolan composé de zones industrielles, on arrive à 105% de territoire ( ?!) qui ne rapporte rien ou presque, pas étonnant que l’on soit dans une misère noire au niveau financier. Il nous reste cependant un maigre espoir, composé de quelques mini zones villas, qui elles, rapportent fiscalement. Mais ce sont ces dernières que le canton veut déclasser pour en faire, encore, des zones industrielles.

A Vernier, ce n’est pas de déclassement dont on a besoin mais d’un reclassement au niveau fiscal !

Les élus verniolans disent stop aux déclassements et les habitants aussi. Gardons nos rives émeraude du Rhône, nos forêts verdoyantes dont le Bois de la Grille, havre de biodiversité sauvé par miracle. Sauvons aussi nos dernières zones villas pour maintenir nos finances à flot, et, qui sait, peut être aussi, y accueillir un jour un riche entrepreneur. Après avoir choisi notre commune pour ouvrir son grand magasin bleu et jaune, le patron d’Ikea serait bien inspiré de s’installer lui aussi à Vernier.

Christina Meissner, députée verniolane au Grand Conseil