18/01/2010

Dérives bancaires : l'humain au centre ?

L'être humain est-il au centre des préoccupations du système bancaire américain ?

Oui, sans aucun doute à la lecture d'un article du Temps du 15 janvier 2010, mais probablement pas comme vous l'imaginez ...

Après la dérive des subprimes et autres joyeusetés, la dernière innovation du système bancaire américain est la spéculation sur les primes d'assurances vie. Elles sont rachetées de leur vivant aux bénéficiaires (en-dessous de la valeur d'assurance, mais au-dessus de la valeur de rachat auprès de l'assurance qui l'a émise). Ensuite, on minimise le risque en mélangeant le tout (un zeste de sidéens, quelques bons cancers, je vous rajoute un petit risque génétique pour diversifier le tout ...) et on peut proposer un produit dérivé aux investisseurs. Avec un risque mesuré de manière statistique parfaite, basé sur l'espérance de vie des patients ...

Ah, j'oubliais ... le risque, c'est que le patient vive trop longtemps et que le "pauvre" investisseur ne puisse pas maximiser son profit suffisamment vite ... et aussi que ce genre de produit financier devienne concurrent de la recherche et des progrès médicaux, ça pourrait sauver des patients et allonger l'espérance de vie ...

N'est-ce pas beau la déontologie bancaire ? Ah, pardon, excusez-moi, j'ai écrit un gros mot : "déontologie"

Je vous conseille la lecture de l'article complet sur le site du temps, c'est édifiant et choquant ! (attention l'article complet est sur trois pages)

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/4b8da798-0155-11df-85ae-714eb3841259|0

La sagesse populaire l'avait compris depuis longtemps : "l'argent n'a pas d'odeur ". On peut maintenant compléter par "pas même celle de la mort ..."

Par chance, cette pratique n'est pas autorisée chez nous. Mais pour combien de temps ? Une nouveauté américaine met toujours moins de 10 ans pour traverser l'Atlantique nord. Notre tour viendra donc bientôt, à moins que le mot déontologie existe dans le vocabulaire de notre continent, avec une vraie signification.