29/11/2011

"neinsager" ou juste précurseurs ?

Les communes croulent sous les modifications de zones. Il y a celles d'hier, celles d'aujourd'hui et celles de demain (Plan directeur cantonal). Les habitants,  souvent, et les communes, pas toujours, se battent avec les moyens du bord pour se faire entendre mais ce n'est pas facile.

En ville de Genève, à La Chevillarde, il a fallut aller jusqu'au tribunal contre l'Etat pour faire respecter la loi! On ne passe pas impunément de 60% de logements sociaux à 30%, en vidant au passage de sa substance la loi (LGZD). Pic-Vert le dénonçait déjà en septembre 2010, soit il y a plus d'un an !  Le tribunal a confirmé que les PLQ adoptés ont force obligatoires et doivent être respectés tels qu'ils ont été adoptés. L'entrée en vigueur de la nouvelle Loi pour la construction de logements d'utilité publique n'a pas autorité pour les modifier ce que le DCTI contestait.

A Chêne Bougeries,le projet immobilier du chemin Challendin, a été soumis au vote des habitants, le 27 novembre, car le référendum lancé par les associations a abouti. Et les habitants ont suivi en disant non à la destruction de leur cadre de vie. Les habitants seront ils entendus ? J'ai des doutes quand je vois les énormes  moyens déployés par certains pour défendre leur cause qui n'est pas celle des habitants.

A Lancy, les habitants se battent pour être auditionnés par leur commune sur des PLQ qui dessinent des blocs  au dessus de leur maison sans aucune concertation. Et la pétition lancée pouir sauver le plateau de St-Georges du béton a déjà récolté plus de 2000 signatures.

De Vernier à Veyrier, d'Onex à  Thônex, commune et habitants se battent pour préserver leur territoire de toutes les croissances, ou nuisances dans le cas de Vernier, que le canton essaie de leur imposer. Mais le canton (Conseil d'Etat et Grand Conseil) reste sourd et muet à ces appels.

Le Grand Conseil a, en moins de 2 mois, 2 fois déjà été appelé par le Conseil d'Etat a rejeter les recours de communes (Thônex, Chêne Bourg, Grand Saconnex) qui avaient l'outrecuidance de demander par ce biais à être entendues. Comment peut-on en arriver là, où est le dialogue ?

L'objectif est clair, il reste à Mark Muller un peu plus d'un an pour faire passer le plus possible de projets aux coûts démesurés pour la collectivité mais très lucratifs pour certains. Défend-il réellement les intérêts publics ou seulement un intérêt privé ?

Si Pic-Vert et les associations partenaires, tentent avec leurs maigres moyens depuis des mois d'informer population et conseils municipaux des enjeux du Plan directeur cantonal, dans le même temps les milieux immobiliers font de même avec des moyens autrement plus conséquents pour défendre leur gagne pain.

Au parlement des voix s'élèvent depuis longtemps pour dénoncer une fuite en avant faisant fi des habitants, mais faute de majorité, elles ne font pas le poids.

Quand enfin, c'est dans le camp même du magistrat Mark Muller que des voix s'élèvent pour remettre en question la spirale infernale, les médias se réveillent et relaient le message. Non, je n'irai pas dire merci à son propre parti car y a de quoi être fachée d'être une fois de plus affublée du qualificatif de "chantre" et non de  "puissant relais".

"neinsager" ou juste précurseurs ? L'avenir donnera raison à ceux qui prônent pour plus de prudence, plus de bon sens et moins de luxe et de lucre.

 

 

13/07/2011

La Suisse ne peut pas accueillir toute l'Europe

L'euro se casse la figure, les européens (personnes morales et physiques) cachent leurs économies en Suisse. Leurs gouvernements les traquent pour évasion fiscale, les européens se réfugient en Suisse. On ne saurait leur en vouloir, à leur place, nous ferions de même. Mais la Suisse ne peut pas accueillir toute la population européenne sans mettre en péril toute la population du pays, étrangers réfugiés compris ! Car l'Europe toujours plus exsangue, au lieu de régler ses problèmes à l'interne, préfère chercher des noises à autrui et l'argent là où il se trouve, en Suisse.

L'UDC peut se réjouir, enfin tout le monde s'accorde pour reconnaître ce qu'il y a 10 ans elle était seule à prédire: la libre circulation des personnes a entraîné une forte immigration, une pression sur les logements, sur les emplois et sur les salaires. Maigre consolation, car personne n'ose remettre en cause, l'immigration.

Au contraire, à l'exception de l'UDC et d'Ecopop, les politiques s'accordent pour ne surtout pas remettre en question l'immigration. Pour répondre à la pénurie de logements causée par les nouveaux arrivants, parti libéral-radical en tête, propose d'accélerer les déclassements, densifier partout, construire en ville, construire sur la zone villa, construire sur la zone agricole. Et il n'y a guère que les politiciens (bien logés pour pas cher...) pour prétendre que le logement que l'on construit sera pour les genevois. Dernier exemple en date, la villa du 9 rue Amiel, rasée pour accueillir de la PPE de haut standing (1 million de francs le 3 pièces). Pour des genevois ? Certainement pas, car les privilégier dans la construction et dans l'attribution du logement, serait bien sûr discriminatoire.

Parler de préférence nationale est devenu politiquement incorrect. Mais créer 4'000 emplois par année alors que le marché du logement ne le permet pas, et construire toujours plus cher, ça c'est porteur et ça rapporte ! A ce propos lire le blog de mon collègue député Edouard Cuendet

Avenir-Suisse reste persuadé que "les bénéfices de l'immigration dépassent largement les coûts" et propose de densifier l'habitat plutôt que de freiner l'immigration. Sans aucun doute les promoteurs et autres accros à la haute finance y trouveront leur compte mais le genevois "moyen" lui, cherchera encore longtemps ces fameux bénéfices. Il ne trouve plus de logement décent, ou s'en fait éjecter, et aujourd'hui on lui demande gentiment de travailler plus pour gagner moins !

Profitons de l'été dans la zone euro, la rentrée sera rude, très rude...