29/04/2012

Croissance quand tu nous tiens...

Le nombre d'êtres humains ne cessant de croître, notre société est donc forcéement basée, depuis la nuit des temps,  sur la croissance. Il nous faut sans cesse inventer de nouveaux besoins pour alimenter le système, qui nous alimente nous-mêmes :

La recherche pharmaceutique coûte cher, très cher et quand les chercheurs cherchent, mais ne trouvent plus grand-chose, alors on invente des maladies pour sauver la boîte et avec elles des milliers d'emplois. Il en va ainsi de « maladies » qui ne sont rien d'autres que des processus normaux liés au vieillissement tels le cancer ou l'ostéoporose (réf. émission Cash du 27 avril 2012 sur Fance2). Plus près de chez nous, Merck-Serono compte sur l'Erbitux, un médicament contre le cancer pour sauver l'avenir de ses derniers sites suisses et donc les emplois qui y sont liés.  Le cancer deviendra-t-il un mal nécessaire ?

Le monde merveilleux de l'agro-alimentaire contrôle les semences, pesticides et autres dangereux transgéniques (ref. Le monde selon Monsanto de Marie Monique Robin). En font partie des multinationales comme Syngenta, ou Monsanto qui  ont leur siège en Suisse et font vivre des milliers de familles en Suisse (au détriment des paysans du Sud d'ailleurs). Faut-il empoisonner notre terre  et des auxiliaires aussi précieux que les abeilles pour sauver les emplois de l'agrochimie ?

Et que dire de tous ces produits de consommation courante, du smartphone à l'aspirateur dont on ne cesse d' « inventer » de nouvelles versions. Non que les anciennes soient mauvaises ou irréparables. Mais parce que l'obsolescence programmée est nécessaire pour faire tourner la machine à produire, consommer, jeter, et même recycler.

Cette soif d'infini ne peut se développer durablement mais aucun pays, aucune multinationale et aucun mouvement n'est aujourd'hui assez fort, puissant ou téméraire pour arrêter le cycle infernal de la croissance. Alors pour sauver les entreprises humaines et leurs emplois, on continuera à consommer, quitte à en crever demain.

Si  l'on peut comprendre la difficulté de tels choix, liés à l'emploi, ceux liés au profit, sont justes incompréhensibles et insoutenables. Qu'attend-t-on pour  interdire de jeu,  tous ceux qui sans état d'âme aucun, parient sur le prix des denrées alimentaires pour alimenter leur portefeuille d'actions ?

 

19/07/2010

Un cluster de medtech... les termes sont anglo saxons, les entreprises, appartements et jobs aussi !

Un francs suisse stable, une économie florissante, des conditions fiscales attractives, des charges sociales raisonnables, un cadre de vie agréable situé au centre le l’Europe et relié au monde entier. Notre magnifique région n’est pas prête de perdre l’immense popularité dont elle jouit. Quoi qu’on en dise, nos atermoiements sur les minarets, notre non adhésion à l’Europe, nos projets d’agglo et autres « genevoiseries », le monde s’en fout, seul le business compte.

Un cluster de medtech extrêmement performant, derrière ces mots tirés d’un article de la Julie du 19 juillet, se cache une région, la nôtre, devenue la référence mondiale en matière de technologies biomédicales innovantes. La liste d’attente des entreprises souhaitant s’installer se décline en dizaines, les emplois en centaines et le chiffre d’affaires en milliards. Idem pour les commodities , le trading, etc.

Il ne faut pas se leurrer, si les termes sont anglo-saxons, les entreprises, les appartements et les jobs le seront aussi ! Depuis le début de l’année, le nombre de permis frontaliers accordés a augmenté de 300% (440 au premier semestre 2009 contre 1’300 en 2010). Quant à la population résidente, elle a augmenté durant ce même premier semestre 2 x plus vite qu’en 2009, qui explosait déjà les records et pas à cause des naissances ! Alors, quand le gouvernement dit qu’il veut doubler le nombre de chômeurs placés par l’Etat et construire du logement pour les genevois, c’est un miroir aux alouettes où seuls quelques pigeons se verront plumés de leurs derniers deniers.