12/01/2014

Femme encore et toujours

Avortement remboursé par la LAMAL, le peuple s'est déjà clairement prononcé sur le sujet

Pour rappel:

Blog publié le 9 janvier 2014

J'avais publié le blog ci-dessous le 8 mars 2012, jour de la Femme. Alors que le peuple devra se prononcer sur l'initiative contre le remboursement de l'avortement le 9 février, il me parait nécessaire de le republier, pour réaffirmer mon NON clair à cette initiative rétrograde et complètement déconnectée de la réalité. D'aucuns croient qu'il suffirait de prendre une assurance complémentaire pour couvrir les frais. Certes, mais une grossesse non désirée étant par définition non planifiée, il faudrait que cette assurance, comme la pilule du lendemain, soit prise après les faits....

Aucune économie ne sera faite en supprimant le remboursement des IVG par les caisses car les conséquences d'un avortement pratiqué dans la clandestinité sont bien plus coûteuses pour la femme,  et pour la société en général. quant à mettre au monde un enfant non désiré, ce n'est pas la conception que j'ai d'une humanité responsable.

En tant que femme, je voterai NON sans état d'âme

Blog du 8 mars 2012

Quasi 2 ans plus tard, l'initiative a abouti, inutile de préciser que je ne l'ai pas signée. En ce jour de la femme, il m'était nécessaire de réitérer mon opposition à cette mainmise sur le corps des femmes.

Réactions de femmes à propos de l'initiative contre le remboursement des avortements par les caisses maladie. (blog du 31 janvier 2010)

Alors que notre planète croule déjà sous le poids démographique insoutenable que lui impose l'être humain, augmenter le nombre de naissances, de surcroît non désirées, va à l'encontre du bon sens et est indigne d'une société égalitaire et de notre espèce sensée être dotée de raison.

Il faut au contraire décupler les efforts pour l'éducation des femmes (des hommes aussi...), pour un planning familial responsable, pour que  la naissance d'un enfant demeure un choix. Et que ce choix devienne un choix réfléchi au regard de l'empreinte que celui-ci marquera sur notre environnement.

On a beau être au courant des moyens de contraception, les utiliser, personne n'est à l'abri d'un oubli, voire même d'un désir secret d'enfant dans le feu de la passion qui nous rend, un temps, déraisonnable. S'ensuit l'inévitable désarroi émotionnel auquel toute femme, de par sa condition, est seule à faire face. J'ai, comme tant d'autres femmes, fait le choix difficile mais réfléchi de l'avortement. Un choix dont on ne parle pas, même ici, en Occident, de peur d'être fustigée.

Grossesse, voile, niqab ou burqa, n'ont pas fini d'asservir les femmes. Femmes qui ne sont pas loin de rejoindre le rang des criminels. Dans trop de pays, l'homme n'a pas à apprendre à maîtriser ses pulsions, par respect pour lui, la femme doit cacher son visage, sa féminité, sa maternité criminogènes.

Merci à la Suisse de nous laisser ce droit sur notre matrice, sur notre destin, sur notre vie et d'avoir la décence de ne pas nous soumettre à nouveau à la question.

 

Lire aussi l'interview de Béatrice dans le Matin du 31 janvier 2010, dont est extrait le texte ci-dessous. Une femme que je remercie pour son courage et dont les propos, j'espère, mèneront beaucoup de lecteurs à réfléchir avant de signer l'initiative :

"J'avais beau être assez au courant  des moyens de contraception, c'est arrivé quand même. Ca a été très dur à chaque fois, je n'oublierai jamais. J'étais toute seule, les pères ne m'ont jamais accompagnée à l'hôpital, je n'ai rien dit à mes amis. J'avais peur qu'ils me jugent". Que pense-t-elle de l'initiative qui vise à radier les coûts de l'interruption de grossesse de l'assurance de base ? "Lorsque je suis tombée enceinte de ma première fille, à 17 ans, j'étais mal informée, même si j'étais assurée: je croyais que je devrais payer 2000 francs de ma poche pour me faire avorter. J'ai cherché l'argent, le temps a passé et il était trop tard pour interrompre la grossesse. Ma fille est née, je n'ai pas pu travailler, et j'ai touché l'assistance sociale. La plupart de celles qui veulent se faire avorter sont des jeunes femmes seules sans situation, comme je l'étais à l'époque. Vous croyez vraiment que l'on va faire des économies en supprimant le remboursement des IVG par les caisses ?"