11/05/2012

Merck Serono, l'UDC l'a fait, au Conseil d'Etat d'agir !

Echos du parlement - 11 mai 2012

Merck1mai2012.JPGC'est hélas lorsque les catastrophes surviennent que l'être humain réagit, enfin. Sentant que tôt  ou tard, nous serions touchés, tant le groupe socialiste que le groupe UDC, avaient déposés en novembre 2011 des textes demandant à notre gouvernement et à la Confédération d'anticiper, de prévenir plutôt que guérir. Mais voilà, rien ou trop peu a été entrepris. Aujourd'hui le mal est fait et c'est dans l'urgence qu'il faut réagir.

Et réactions il y a eu. Des parlementaires de gauche, des Verts et même UDC (enfin je parle pour moi) ont manifesté leur solidarité en étant présents aux côtés des employés. Puis UDC, PDC, Socialistes ont chacun tentés, à leur manière, de trouver comment, au mieux, pallier aux conséquences, en termes d'emplois, de recherche, et même de reprise de bâtiment et ont déposés des textes devant ce parlement.

Avec ses invites, la résolution du groupe PDC (R692) demandait au Conseil d'Etat

-     de maintenir l'industrie biotech à Genève;

-     de préserver le bâtiment de Merck Serono pour l'industrie et/ou la recherche parce qu'il le vaut bien;

-     à se coordonner avec la Ville, la Confédération et même les privés pour sauver des emplois ;

-     à agir fiscalement pour alléger les jeunes entreprises, pensant sans doute à celles que les employés actuels seraient tentés de créer.

-     à recommander la prolongation de la durée de la procédure de consultation.

 

Avec ses invites, la résolution du groupe Socialiste (R693) demande au Conseil d'Etat, au Conseil fédéral et à la France voisine

-  d'intervenir pour que Merck Serono ne ferme pas

-  à faire de sorte que les droits des travailleurs soient préservés et eux aussi, que la procédure de consultation soit prolongée au-delà du 16 mai

-  à œuvrer afin de développer à Genève un tissu économique durable et diversifié, ce qui est vaste mais de manière générale indispensable pour notre futur à tous.

 

Avec ses invites, la motion du groupe UDC(M2085) conscient des limites de nos finances et de nos moyens cantonaux, se tourne résolument vers la Confédération pour demander à cette dernière,

-      d'établir un plan d'urgence stratégique pour l'emploi dans les domaines de pointe et dans notre région plus spécifiquement.

-      de renforcer notamment financièrement les programmes et pôles de recherche scientifiques actuels, cas ils pourraient accueillir et bénéficier des savoirs des chercheurs et techniciens encore présents sur notre territoire mais que nous perdrons immanquablement si rien n'est entrepris.

 

Ces textes étaient complémentaires, car ils demandent d'intervenir à différents niveaux, ils visent à sauver l'emploi, la recherche et le tissu économique.

Ils méritaient tous d'être soutenus par l'ensemble du parlement et ils l'ont été.  Un parlement qui a compris que l'objectif n'était pas de poursuivre la discussion en commission, mais de renvoyer d'urgence, le tout au Conseil d'Etat.

En effet, les discussions en commission n'auraient servi que nos propres intérêts de parlementaires à mieux comprendre, à mieux saisir les enjeux, et au final  l'urgence. Un renvoi en commission n'aurait servi qu'à nous rendre compte que seul l'Exécutif  peut actionner des leviers que nous n'avons pas en tant que parlement.

Notre rôle le 10 mai, était de donner un signal clair au Conseil d'Etat qui tient en une seule phrase :  A vous d'agir et vite !

Les employés de Merck Serono, n'ont pas le temps d'attendre le fruit de nos discussions futures autour de projet de loi qu'il s'agira de déposer.  De nos intentions futures, l'employé bientôt chômeur n'en a cure. Pour lui le changement de vie c'est maintenant.

A 23h, le 10 mai, le parlement a accepté l'urgence, a soutenu les 2 résolutions PS et PDC et la motion UDC et les a tous renvoyés au Conseil d'Etat.

Ce dernier, dont le seul représentant était Pierre François Unger, a remercié le parlement pour son engagement. Il avait besoin d'un signal fort, et a remercié l'UDC de lui avoir donné ce signal. Car en effet, le seul texte qui dépasse la simple déclaration et qui donne l'obligation au Conseil d'Etat d'agir, c'est une motion et non pas une résolution. Et la seule déposée sur un sujet aussi important venait de l'UDC... Il nous a remercié de l'avoir déposée, a demandé au parlement un soutien unanime. Le parlement l'a donné, au-delà des clivages politiques. C'était une grande première, dans tous les sens du terme. Cela méritait d'être relevé. Et je  suis fière d'avoir œuvré pour que notre parlement agisse, et le fasse dignement et rapidement. Un grand merci !

Au Conseil d'Etat de prendre le relais et de faire tout ce qui est en son possible pour donner un futur aux futurs ex-employés de Merck Serono.

Voir aussi mon blog du 29 avril

Au tour de Proctor et Gamble ?

 

 

04/05/2012

Small is beautiful

Le projet d'agglo change de nom au profit du Grand Genève. A voir le taux de criminalité record que nous subissons, il est vrai que l'on se rapproche du Grand Lyon. Ce n'est pas un nom qui changera ce que nous sommes, un petit canton, qui doit savoir raison garder. Evitons de nous méprendre et de nous prendre pour plus grand que nature. Elle nous impose ses limites, à nous de les respecter. Au royaume des chênes, le roseau est roi et notre vaste Léman est un Petit-Lac du côté Grand Genève.

 

10:42 Publié dans Politique | Tags : genève, agglo | Lien permanent | Commentaires (2)

16/03/2012

Ras l'agglo

Le projet d'agglo a pour objectif d'une part de rééquilibrer la répartition des emplois et des logements entre la Genève et la France voisine et d'autre part préparer la région à accueillir encore davantage d'habitants et d'emplois.

Quand on a déjà près de 100'0000 emplois de plus à Genève que d'habitants pour les occuper et déjà plus d'habitants à Genève que de logements pour les accueillir, il faut d'abord résoudre ce déséquilibre-là. Vouloir en même temps  accueillir  200'000 habitants et 100'000 emplois  de plus, c'est amplifier le problème et non le résoudre. Les habitants de la région attendent du projet d'agglo des réponses à leurs conditions de vie d'aujourd'hui.

L'absence de réponse du projet d'agglo sur comment freiner cette croissance exogène pourrit nos relations de bon voisinage en dressant Genevois et Français de la région les uns contre les autres alors même que nous partageons le même territoire.

Nous sommes dans la démocratie la plus directe qu'il soit, mais le peuple ne pourra se prononcer ni sur le projet d'agglo ni sur son application au niveau cantonal, à travers le plan directeur 2030. Ce déni démocratique est à corriger au plus vite et pas juste via des forums ou des processus participatifs innovants, mais tout simplement en utilisant l'outil existant, le vote populaire.

Suite d'une longue liste de blogs sur le même sujet

 

26/02/2012

Les loups ... sont entrés dans Genève ... (Post Lucem Tenebrae)

Bubulle .jpgIl m'arrive à moi, Zébulon, petit hérisson en peluche et néanmoins intéressé par la politique genevoise, de reprendre la parole à Christina Meissner sur ce blog. Cela ne m'arrive pas très souvent, mais en général, c'est quand il y a véritablement raison de s'offusquer (je sais, il paraît que s'indigner est plus tendance, mais bon ...).

Cela m'avais déjà pris entre l'élection du Grand Conseil et l'élection du Conseil d'Etat, j'y dénonçais un risque de retour au temps des passions, vieux démon de la politique genevoise de l'entre-deux guerres dont personne n'a à être fier :

Manifestement, mon appel humoristique à dépassionner le débat n'aura duré que le temps d'une hibernation de hérisson. Les vieux démons (et d'autres ...) se réveillent depuis le début de l'année (au petit matin le 1er janvier, dans le secteur de la Jonction, si mes informations hérissonnes et polissonnes sont correctes. ...).

Vendredi soir, les bornes de la décence et de l'irrespect ont été à nouveau largement dépassées lors des débats parlementaires du Grand Conseil genevois. Au-delà de la tempête dans un verre d'eau créée par le lamentable incident entre Eric Stauffer et Pierre Weiss, une seule et vraie question se pose : comment la République et canton de Piogre a-t-elle réussi à tomber si bas en matière de fonctionnement démocratique ? Et surtout, comment  peut-on espérer la voir remonter la pente ?

Lorsque la haine de l'autre, les insultes et les coups se substituent au respect de son interlocuteur, au débat démocratique et à la nécessaire confrontation des idées, le chaos est proche. C'est une ambiance de fin de règne qui prévalait vendredi soir dans notre parlement, en direct sur le net et sur la télévision

Lamentable spectacle, qui ne redonnera pas confiance au citoyen dans ses institutions et encore moins dans la capacité de ses élus à régler les vrais défis de notre temps. De l'économie au logement, en passant par la sécurité et l'éducation, ce n'est pourtant pas le travail qui manque !

La raison de tout cela ? Peut-être est-elle simplement décrite dans la première strophe d'une ancienne et célèbre chanson de Serge Reggiani : « les loups .... », dont les paroles complètes sont en pied de ce blog. (Pour la chanson originale de Serge Reggiani sur le site de l'INA )

Ah oui ... l'embouteillage est un hasard, toute ressemblance avec une situation connue à Genève ne serait que pure coïncidence ...

Pour un ajout à l'exhortation

Manifestement l'exhortation faite par le président du parlement au début de chaque séance, n'est plus suffisante pour que les travaux du Grand Conseil se déroulent avec la sérénité et le sérieux voulus : « Mesdames et Messieurs les députés, prenons la résolution de remplir consciencieusement notre mandat et de faire servir nos travaux au bien de la patrie qui nous a confié ses destinées. »

En conséquence, moi, Zébulon, hérisson en peluche sans droit de vote mais culotté quand même, propose que l'exhortation de début de séance soit complétée lors de la prochaine cession par le chant en cœur par tous les députés de la chanson de Reggiani. Moins de 5 minutes qui peuvent faire gagner beaucoup de temps si cela peut servir à la prise de conscience de l'intérêt général.

respect.pngEt pour terminer, je souhaite plein de courage à  toute l'équipe du Respect, elle a encore beaucoup de travail devant elle ... Sa prochaine action pourrait être de fournir un pull ou T-shirt « Le respect, ça change la vie » à chaque député. Je suis sûr que Christina fera une proposition pour que tous les députés le portent lors de la prochaine cession ... Cela les obligera à se regarder différemment et à réfléchir avant de parler et d'agir ...  pour une fois.

Je retourne me mettre en boule ...

Zébulon, hérisson indigné.

 

 

 

Les loups sont entrés dans Paris

 

Les hommes avaient perdu le goût

De vivre, et se foutaient de tout

Leurs mères, leurs frangins, leurs nanas

Pour eux c'était qu'du cinéma

Le ciel redevenait sauvage,

Le béton bouffait l'paysage... alors

 

Les loups, ououh! ououououh!

Les loups étaient loin de Paris

En Croatie, en Germanie

Les loups étaient loin de Paris

J'aimais ton rire, charmante Elvire

Les loups étaient loin de Paris.

 

Mais ça fait cinquante lieues

Dans une nuit à queue leu leu

Dès que ça flaire une ripaille

De morts sur un champ de bataille

Dès que la peur hante les rues

Les loups s'en viennent la nuit venue... alors

 

Les loups, ououh! ououououh!

Les loups ont regardé vers Paris

De Croatie, de Germanie

Les loups ont regardé vers Paris

Tu peux sourire, charmante Elvire

Les loups regardent vers Paris.

 

Et v'là qu'il fit un rude hiver

Cent congestions en fait divers

Volets clos, on claquait des dents

Même dans les beaux arrondissements

Et personne n'osait plus le soir

Affronter la neige des boulevards... alors

 

Des loups ououh! ououououh!

Des loups sont entrés dans Paris

L'un par Issy, l'autre par Ivry

Deux loups sont entrés dans Paris

Ah tu peux rire, charmante Elvire

Deux loups sont entrés dans Paris.

 

Le premier n'avait plus qu'un œil

C'était un vieux mâle de Krivoï

Il installa ses dix femelles

Dans le maigre square de Grenelle

Et nourrit ses deux cents petits

Avec les enfants de Passy... alors

 

Cent loups, ououh! ououououh!

Cent loups sont entrés dans Paris

Soit par Issy, soit par Ivry

Cent loups sont entrés dans Paris

Cessez de rire, charmante Elvire

Cent loups sont entrés dans Paris.

 

Le deuxième n'avait que trois pattes

C'était un loup gris des Carpates

Qu'on appelait Carêm'-Prenant

Il fit faire gras à ses enfants

Et leur offrit six ministères

Et tous les gardiens des fourrières... alors

 

Les loups ououh! ououououh!

Les loups ont envahi Paris

Soit par Issy, soit par Ivry

Les loups ont envahi Paris

Cessez de rire, charmante Elvire

Les loups ont envahi Paris.

 

Attirés par l'odeur du sang

Il en vint des mille et des cents

Faire carouss', liesse et bombance

Dans ce foutu pays de France

Jusqu'à c'que les hommes aient retrouvé

L'amour et la fraternité.... alors

 

Les loups ououh! ououououh!

Les loups sont sortis de Paris

Soit par Issy, soit par Ivry

Les loups sont sortis de Paris

Tu peux sourire, charmante Elvire

Les loups sont sortis de Paris

J'aime ton rire, charmante Elvire

Les loups sont sortis de Paris...

 

14/02/2012

Locations de l'Etat, une vraie saga

Par le biais des journaux, on apprend que l'Etat a signé un bail de 15 ans (!)  avec un minimum de 120 mois avant résiliation pour loger ses services dans le nouvel immeuble SI Saint-Georges Center SA pour 5,2 millions  de francs par an. Au mètre carré le prix du loyer est d'environ 600 francs alors que le loyer moyen dans ce quartier est plutôt de 350 francs. Même les banques approchées ont refusé un tel loyer. L'Etat, magnanime n'a pas hésité à « sauver » le promoteur Thierry Barbier Müller. Celui-là même qui, en 2009, avait financièrement soutenu la campagne électorale du ministre en charge des constructions et de l'immobilier Mark Muller, en lui garantissant un retour sur investissement de 52 millions de francs en 10 ans soit autant que tout ce qu'il paie aujourd'hui par an pour tous ses loyers. L'Etat aurait pu racheter l'immeuble mais il a préféré le louer à un prix surfait !

D'où ma question déposée aujourd'hui au Grand Conseil:

Le Conseil d'Etat, qui a pour objectif de réduire les coûts des locaux loués par l'Etat, peut-il expliquer les conditions invraisemblables qu'il a acceptées au St-Georges Center ?