16/08/2011

Welcome to Geneva

Tandis que les forces publiques s'efforcent de maintenir l'image de Genève, que les contribuables genevois casquent et paient la facture,  l'ONU appelle à ne plus sortir seul la nuit et les malfrats de toute sorte se frottent les mains. Ils ne risquent pas grand chose et nos prisons jouissent d'une trop bonne réputation dans le milieu.

  • Agressé le 16 juillet, un mois plus tard, aucune arrestation n'a eu lieu. A propos de l'agression d'un jeune américain fils de diplomate le 16 juillet. «C'est un miracle qu'il soit encore vivant si l'on considère le nombre de jeunes (9) qui l'ont agressé. Gratuitement», reconnaît Jean-Philippe Brandt, qui dit tout ignorer de l'identité des agresseurs. Genève comparée au Bronx? Toujours est-il que Roland L'Allier a immédiatement recommandé à tous les employés genevois de l'ONU, surtout les Américains, la plus grande prudence: «C'est un rappel certes malheureux, mais néanmoins nécessaire: personne, nous répétons bien, personne ne doit se déplacer seul tard dans la nuit, au centre de Genève.»" Le Matin Dimanche du 14 août 2011.
  • Libérés provisoirement depuis plus d'un an, deux Jamaïcains devaient comparaître devant la Cour correctionnelle le 9 mai dans le cadre d'une affaire de tentative de meurtre, le duo d'accusés a été reconduits en prison le 4 mai. Ils sont désormais poursuivis également pour viol aggravé contre une femme aux Pâquis. Tribune de Genève du 15 aout 2011.
  • Malgré la gravité des soupçons, on le libère sous caution dans l'attente du procès et il en profite pour commettre un nouveau délit
  • 6 mois pour retrouver un jeune braqueur, 2 jours pour le libérer.
  • Après avoir été entendu, le tireur, âgé de 21 ans, a été relâché. Il sera convoqué ultérieurement par le Ministère public.
  • Des mois de traque au bonneteau, pour délivrer juste quelques amendes (jamais payées)
  • Des dizaines d'enlèvements de campements illégaux, des tonnes de déchets, et tout cela pour recommencer la semaine suivante.
  • 30 bureaux cambriolés au mois de juillet dont ceux des missions diplomatiques dont ceux de l'Inde, de la Somalie, de la Ligue arabe, des mendiants à tous les coins de rue, des parcs souillés , des amas d'imondices, des vols, des agressions, des violences, à quand des pillages ?...

Nos quotidiens relatent jour à près jour, braquages, agressions, cambriolages, bonneteau et campements sauvages qui font courir les forces de l'ordre nuit et jour et pour quel résultat ?

    Les risques encourus en cas de vol, agression, cambriolage, et délits de toutes sortes sont tellement faibles que notre code pénal ne fait plus peur et c'est là le problème principal.

    Sa modification au niveau fédéral a pris tant d'années que les parlementaires d'alors ont laissé aux suivants le "pain sur la planche", et les nouveaux, une fois en place, ont naïvement pensé que les précédents l'avaient terminé et ont voté le texte. A Genève, nous n'avons pas fait mieux, nous avons laissé à un seul député le soin de décortiquer le code et... nous l'avons voté sans en imaginer toutes les conséquences. En tant que députée de milice non spécialisée en la matière, je reconnais volontiers mon erreur, et suis prête, au vu du désastre de nos rues, à me remettre à l'ouvrage. Mais ce que je ne comprends pas c'est que le personnel de l'administration et de la justice, qui baigne dans le sujet, n'a rien vu venir.  J'en suis d'autant plus choquée que ce sont eux qui en paient au quotidien les conséquences. Mais peut être n'ai-je rien compris: arrêter, passer des heures de procédure administrative pour au final relâcher et éventuellement asséner une amende qui ne sera jamais payée, n'a rien de motivant. Du coup on n'arrête plus, résultat: moins de boulot et des prisons  moins pleines, que du bonheur ! Etait-ce la vraie finalité ? Je n'ose l'imaginer, car pendant ce temps, Genève (et pas seulement son image !) se dégrade inexorablement et c'est toute la population (et pas seulement les touristes) qui en pâtit.

    A mes interpellations urgentes du 18 mars 2011 IUE 1166-A,  IUE 1167-A Conséquence  du nouveau code de procédure pénale. La police au bureau, les criminels dans les rues et les citoyens en péril ? le Conseil d'Etat répond qu'il se « laisse entre 6 mois et 1 année pour évaluer les effets du nouveau code procédure pénale et qu'au terme de cette période, il conviendra d'examiner les possibilités permettant d'absorber l'augmentation reconnue du travail administratif (entre 10 et 30%) et d'augmenter les effectifs de police ». Pas un mot pour durcir les peines, seule mesure à même d'être dissuasive.

    Maintenant qu'il ne s'agit plus de simples citoyens mais de fils de diplomate, que l'image de la Genève, ville paisible, est mise à mal au niveau international et que l'inquiétude de la Confédération se concrétise, le problème de la sécurité sera-t-il enfin pris au sérieux par les politiques au pouvoir qui jusqu'à présent niaient le problème ? Durcira-t-on enfin les sanctions ? Aura-t-on enfin le courage de mettre en cause le système au-delà des effets ? Je crains que non, car reconnaître le problème c'est admettre l'échec de notre société.

    Pendant ce temps, après une semaine d'émeutes, le gouvernement britannique prend des mesures sans précédent pour « s'attaquer au lent effondrement moral du pays ». Outre 3000 personne qui auront à comparaître pour pillage, vol ou recel avec de sévères peines, le premier ministre enclenche la suppression des allocations sociales pour les parents d'adolescents émeutiers et l'expulsion de leur logement social s'ils en habitent un (Tribune de Genève du 16 août). Même l'UDC n'a pas osé évoquer une telle mesure, alors qu'en Grande Bretagne,  70% des citoyens y sont favorables !

    « Si les minorités arrivantes ne respectent plus les valeurs civilisationnelles de la majorité locale, alors le chaos se déchaîne, avec ses agressions, ses incendies et ses pillages... Un idéal commun de vivre ensemble reconnu par tous, laïque, mais inspiré par la spiritualité autour de droits mais aussi de devoirs, est indispensable dans tous société, surtout en temps de crise » Ce n'est pas de moi mais d'un abbé, Alain René Arbez.