19/02/2010

Pour que vive le cèdre d'Ikea !

A la route de Vernier, les grues s'élancent vers le ciel et les pelleteuses creusent toujours plus profond le trou béant où viendra s'implanter le futur centre d'Ikea. Coincé entre la route et le chantier qui émerge de terre, un bouquet d'arbres a miraculeusement échappé aux tronçonneuses. Parmi eux, un cèdre majestueux déploie sa silhouette imposante et rivalise de hauteur avec les constructions humaines. Dans le chaos du trafic incessant, entre béton et bitume, les planificateurs ont réussi à lui accorder la vie pour notre plus grand bonheur. Nous l'imaginions déjà, immense, souligner d'un vert vivant le bleu métallique du nouveau temple de la consommation. Rêve fou ? Espoir bientôt déçu ? Ne sera-t-il pas bientôt abattu comme tant d'autres pour cause de blocage inacceptable de voie publique ?

Je regarde chaque jour cet arbre et je suis inquiète sur son avenir. J'aime ce cèdre symbole de vie, lien mémorable entre passé et présent, marque immuable dans un paysage changeant. Il résiste aux assauts de l'urbanisation depuis près d'un siècle, et je n'ai pas envie de le voir disparaître en 2010, transformé en étagère ou en bois de chauffage.

Architectes, concepteurs et aménagistes, en cette année mondiale de la biodiversité, conciliez votre discours planificateur à vos actes sur le terrain, faites preuve d'imagination, construisez en intégrant la nature à notre environnement. Plutôt que de nous servir du reverdissement post mortem, préservez un arbre séculaire bien vivant et vigoureux, laissez-nous notre cèdre de bienvenue à Vernier !

Article paru dans le journal Actualités Vernier de février 2010

PS suite à l'article de la tribune de Genève du 19 février "La route de Vernier s'élargira pour Ikea"

"Au début on était inquiet. Mais sur la base des chiffres et avec les mesures envisagées, le surplus de trafic pourra être absorbé"  dixit la direction générale de la mobilité (DGM). Les conceptions de la DGM sont toujours aussi déconnectées de la réalité du terrain. Si le cèdre survit au chantier, il servira au moins à attacher un observateur de la DGM afin qu'il puisse effectuer le suivi de son plan de mesures in vivo. Les automobilistes habitant Vernier qui empruntent la route du Nant d'Avril sont verts de rage, rient jaune et voient rouge.

16:54 Publié dans Nature | Tags : ikea, cèdre, mobilité, vernier | Lien permanent | Commentaires (4)

28/09/2009

CEVA, il est urgent d'écouter les Genevois

Lors de l'assemblée générale de l'UDC, au cours de laquelle le projet était présenté, j'ai été surprise par le nombre de questions qui demeuraient encore sans réponses. J'imagine dès lors que les riverains  s'en posent encore davantage. Pour lever les doutes qui se transforment souvent en opposition, il est indispensable d'aller à la rencontre du public, des riverains, des opposants et de dialoguer.

Sur le site internet du CEVA, les réponses aux questions ne sont pas assez précises, on occulte la part de financement français, on ne précise pas les impacts, ni les compensations. La direction de projet CEVA a, parait-il, traîté un grand nombre de charges liées à l'autorisation fédérale mais ne communique pas réellement sur le contenu de sa réponse à l’Office fédéral des transports. Et le dialogue avec les opposants ne passe-t-il que par avocats interposés ?

Les difficultés qui entravent l'acquisition de terrain  pour un projet d'utilité publique, plaident à elles seules pour ce parcours réservé depuis 100 ans à cette construction ferroviaire. Mais au delà de cette considération pratique, il ne fait aucun doute que la liaison Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse (CEVA) est le maillon qui manque à la colonne centrale reliant les 2 réseaux ferroviaires qui desservent Genève. Mais les Genevois connaissent-ils vraiment l'étendue potentielle de ce réseau ? La ligne du pied du Jura qui relie Bellegarde à Divonne n'est quasi pas utilisée, qui étudie sa  connection au réseau suisse ? La ligne du Tonkin qui  relie  St Gingolph à  Annemasse est en voie d'embroussaillement certain, qui financera sa réhabilitation ? Pourquoi y a-t-il si peu de passagers sur la ligne Eaux-Vives Annemasse actuelle ? Pour nourrir le CEVA de passagers, ce sont ces lignes qu'il faut réhabiliter, connecter ou reconnecter, desservir de manière optimale. Or, des financements et engagements français concrets,  personne ne parle, pas plus que de la construction des parkings d'échange aux gares desservies en France voisine.

Dès lors, toute l'oppositoon au CEVA se focalise sur l'aspect financier, sur un crédit complémentaire, alors que le projet est étudié depuis des années. Une fois de plus, les Genevois se sentent pris en otage : payer les surcoûts (combien encore ?) ou ne rien avoir du tout.

Si l'Etat tient au CEVA,  qu'il prenne en considération toutes les questions que se posent les Genevois.

Il est grand temps qu'un projet aboutisse à Genève.

 

12:16 Publié dans Politique | Tags : ceva, train, mobilité | Lien permanent | Commentaires (2)

Circulation à Genève, l'enfer

On nous promet des trams et des trains pour après demain mais que fait-on pour résoudre le problème aujourd’hui ? Rien si ce n’est entraver le plus possible le trafic motorisé en espérant que la lassitude aidant, les conducteurs finiront par prendre les transports publics.
Une situation tout bonnement scandaleuse pour tous les véhicules utilitaires dont nous avons besoin, et pour tous ceux obligés de circuler en voiture pour cause de transport de marchandises délicates, lourdes ou volumineuses ou de personnes à mobilité réduite.
Reste qu’on pourrait résoudre une bonne partie du problème en réalisant tout de suite des parkings d’échange aux frontières,  desservis par des lignes de bus directes vers le centre ville. Gratuité du parking, bonne fréquence et rapidité du bus suffiraient certainement à persuader les frontaliers de les adopter.
Mais qui financerait ces parkings d’échange et ces lignes de bus ? Les Français ne semblant pas avoir les financements nécessaires malgré la rétrocession fiscale ( ?!), une autre source serait d’augmenter la taxe auto des plaques immatriculées sur Genève MAIS  avec une contrepartie pour les détenteurs, la gratuité des transports publics, par exemple. 
Cette proposition n’est certainement pas parfaite mais ne faudrait-il pas au moins rechercher des solutions plutôt que de laisser pourrir  davantage la situation ?