03/07/2012

Merck Serono, constat d'impuissance du parlement

Rajout du 3 juillet 2012

Dans le Courrier des lecteurs du 3 juillet, Anne Emery-Torracinta relève et regrette que lors de sa dernière session avant l'été, le Grand Conseil n'ait pas soutenu son ultime résolution destinée à appuyer les employés de Merck-Serono. Elle oublie cependant de mentionner qu'elle n'est pas la seule à avoir déposé des textes dans ce sens. L'UDC soussignée l'a aussi fait, plus d'une fois elle aussi, et de manière encore plus forte, en déposant des motions et non des résolutions. En effet, les résolutions ne sont que des déclarations non contraignantes tandis que les motions demandent au Conseil d'Etat d'agir. Et ce dernier est tenu d'y répondre.  Ces motions de l'UDC ont toutes été renvoyées au Conseil d'Etat et notamment celle « pour un pôle de recherche en biotechnologies », anticipant ce que les employés, ainsi que vous-même, ont également proposé ...par la suite. Dès lors, seul l'Exécutif peut agir. Le  Grand Conseil, ne peut guère faire davantage à son niveau que l'y enjoindre et il l'a fait maintes fois.

Vous n'êtes point devenue Conseillère d'Etat, Mme Torracinta, mais du coup, vous pourrez être d'autant plus attentive, tout comme moi d'ailleurs, à l'action qui sera réellement engagée cet été par notre Conseil d'Etat.

 

Ce qui c'est passé depuis le 11 mai, soit un mois après mon précédent blog sur le sujet

(avec un retro clin d'oeil photographique des plus cyniques...)

MerckBerk.jpg

Les employés ont  réfléchi, discuté ensemble et sont arrivés avec des propos

itions soumises le 5 juin à la direction de Merck Serono. Il proposent lun centre suisse d'expertise en biotechnologies, demandent à la direction de Merck Serono d'investir 100 millions dans un fonds d'innovation et aux pouvoirs publics de s'impliquer via des partenariats entre le nouveau pôle de compétences, l'université, les hôpitaux et l'EPFL.

Parmi ces proposition, il est réjouissant de constater, au passage, qu'elles rejoignent celle de la motion UDC 2085 (accceptée le 10 mai et renvoyée au Conseil d'Etat pour agir), à savoir, renforcer un pôle de compétence en biotechnologies (titre de la motion) à travers un plan d'action concerté entre Conseil d'Etat genevois et Confédération  et en dotant de moyens financiers la recherche y relative et les instituts qui la pratiquaient tels les universités et hautes écoles spécialisées.

Le 6 juin, le Conseil d'Etat a communiqué  sur la création d'une task force composée des autorités fédérales et cantonales, des représentants du personnel de Merck Serono et de leurs syndicats et de membres du milieu académique issus du domaine des sciences de la vie. Les dirigeants de Merck Serono seront également invités à y siéger, même si, lors de discussions préalables, ils ont indiqué ne pas souhaiter y prendre part. Face à un communiqué si laconique, il y a de quoi rester sur sa faim. Un plan d'action, un agenda et des objectifs auraient été les bienvenus car le temps presse. Raison pour laquelle le PS a fait une nouvelle résolution pour demander, ce qui avait déjà été demandé, un mois plus tôt notamment par la motion de l'UDC seul texte contraignant pour le Conseil d'Etat. cf blog du 11 mai ci-dessous).

Le jeudi 7 juin, en votant l'urgence et en renvoyant au Conseil d'Etat 2 nouveaux textes, le Grand Conseil a réitéré son soutien aux employés de Merck Serono (nouvelle résolution socialiste R701) et son souci de voir le Conseil d'Etat plus actif auprès des entreprises (nouvelle motion de l'UDC M2089).

Et depuis? Depuis,rien. Force est de constater notre impuissance de parlementaire.C'est aux exécutifs d'agir et tant le Conseil d'Etat genevois que le Conseiller fédéral Schneider Amman sont loin de communiquer suffisamment sur leur action  face au risque de plus grand licenciement que Genève ait connu.

Mais il n'est jamais pas encore trop tard pour agir. Mes pensées aujourd'hui vont aux employés.

11/05/2012

Merck Serono, l'UDC l'a fait, au Conseil d'Etat d'agir !

Echos du parlement - 11 mai 2012

Merck1mai2012.JPGC'est hélas lorsque les catastrophes surviennent que l'être humain réagit, enfin. Sentant que tôt  ou tard, nous serions touchés, tant le groupe socialiste que le groupe UDC, avaient déposés en novembre 2011 des textes demandant à notre gouvernement et à la Confédération d'anticiper, de prévenir plutôt que guérir. Mais voilà, rien ou trop peu a été entrepris. Aujourd'hui le mal est fait et c'est dans l'urgence qu'il faut réagir.

Et réactions il y a eu. Des parlementaires de gauche, des Verts et même UDC (enfin je parle pour moi) ont manifesté leur solidarité en étant présents aux côtés des employés. Puis UDC, PDC, Socialistes ont chacun tentés, à leur manière, de trouver comment, au mieux, pallier aux conséquences, en termes d'emplois, de recherche, et même de reprise de bâtiment et ont déposés des textes devant ce parlement.

Avec ses invites, la résolution du groupe PDC (R692) demandait au Conseil d'Etat

-     de maintenir l'industrie biotech à Genève;

-     de préserver le bâtiment de Merck Serono pour l'industrie et/ou la recherche parce qu'il le vaut bien;

-     à se coordonner avec la Ville, la Confédération et même les privés pour sauver des emplois ;

-     à agir fiscalement pour alléger les jeunes entreprises, pensant sans doute à celles que les employés actuels seraient tentés de créer.

-     à recommander la prolongation de la durée de la procédure de consultation.

 

Avec ses invites, la résolution du groupe Socialiste (R693) demande au Conseil d'Etat, au Conseil fédéral et à la France voisine

-  d'intervenir pour que Merck Serono ne ferme pas

-  à faire de sorte que les droits des travailleurs soient préservés et eux aussi, que la procédure de consultation soit prolongée au-delà du 16 mai

-  à œuvrer afin de développer à Genève un tissu économique durable et diversifié, ce qui est vaste mais de manière générale indispensable pour notre futur à tous.

 

Avec ses invites, la motion du groupe UDC(M2085) conscient des limites de nos finances et de nos moyens cantonaux, se tourne résolument vers la Confédération pour demander à cette dernière,

-      d'établir un plan d'urgence stratégique pour l'emploi dans les domaines de pointe et dans notre région plus spécifiquement.

-      de renforcer notamment financièrement les programmes et pôles de recherche scientifiques actuels, cas ils pourraient accueillir et bénéficier des savoirs des chercheurs et techniciens encore présents sur notre territoire mais que nous perdrons immanquablement si rien n'est entrepris.

 

Ces textes étaient complémentaires, car ils demandent d'intervenir à différents niveaux, ils visent à sauver l'emploi, la recherche et le tissu économique.

Ils méritaient tous d'être soutenus par l'ensemble du parlement et ils l'ont été.  Un parlement qui a compris que l'objectif n'était pas de poursuivre la discussion en commission, mais de renvoyer d'urgence, le tout au Conseil d'Etat.

En effet, les discussions en commission n'auraient servi que nos propres intérêts de parlementaires à mieux comprendre, à mieux saisir les enjeux, et au final  l'urgence. Un renvoi en commission n'aurait servi qu'à nous rendre compte que seul l'Exécutif  peut actionner des leviers que nous n'avons pas en tant que parlement.

Notre rôle le 10 mai, était de donner un signal clair au Conseil d'Etat qui tient en une seule phrase :  A vous d'agir et vite !

Les employés de Merck Serono, n'ont pas le temps d'attendre le fruit de nos discussions futures autour de projet de loi qu'il s'agira de déposer.  De nos intentions futures, l'employé bientôt chômeur n'en a cure. Pour lui le changement de vie c'est maintenant.

A 23h, le 10 mai, le parlement a accepté l'urgence, a soutenu les 2 résolutions PS et PDC et la motion UDC et les a tous renvoyés au Conseil d'Etat.

Ce dernier, dont le seul représentant était Pierre François Unger, a remercié le parlement pour son engagement. Il avait besoin d'un signal fort, et a remercié l'UDC de lui avoir donné ce signal. Car en effet, le seul texte qui dépasse la simple déclaration et qui donne l'obligation au Conseil d'Etat d'agir, c'est une motion et non pas une résolution. Et la seule déposée sur un sujet aussi important venait de l'UDC... Il nous a remercié de l'avoir déposée, a demandé au parlement un soutien unanime. Le parlement l'a donné, au-delà des clivages politiques. C'était une grande première, dans tous les sens du terme. Cela méritait d'être relevé. Et je  suis fière d'avoir œuvré pour que notre parlement agisse, et le fasse dignement et rapidement. Un grand merci !

Au Conseil d'Etat de prendre le relais et de faire tout ce qui est en son possible pour donner un futur aux futurs ex-employés de Merck Serono.

Voir aussi mon blog du 29 avril

Au tour de Proctor et Gamble ?