29/02/2012

Le peuple n'élira pas un PLR, un Socialiste ni même un MCG

Le peuple a envie d'élire une personnalité capable de dépasser les clivages politiques pour penser d'abord à Genève, prête  à défendre ses habitants et à répondre à leurs besoins d'emploi, de sécurité, de logement et d'environnement de qualité. Le peuple n'élira pas un promoteur, un avocat, un habitué de la politique ou un novice mais une personne capable de s'identifier à l'autre, de travailler en équipe, de faire avancer les dossiers  dans un esprit non partisan.  Le peuple veut un être charismatique et non pas d'un apparatchik. Mais quelles que soient ses qualités ou sa couleur politique, cet homme ou cette femme devra composer avec 6 autres conseillers d'Etat rodés à l'exercice du pouvoir. Sauront-ils faire preuve d'ouverture et d'empathie ? Rien n'est moins sûr. Les jeux du pouvoir n'aiment pas qu'on brouille leur partie.

 

Un seul « indépendant » gagna des élections partielles, c'était Aloys Werner en 1981. Il dut s'incliner 1 an plus tard, face au pouvoir des alliances partisanes. Mais je ne juge pas de la qualité ou non de ce monsieur mais du jeu des pouvoirs qui mettent en place des personnes portées par des alliances plus que par leur propre charisme. En l'occurence, comme le souligne un commentaire, cet indépendant fut remplacé par Christian Grobet. On peut aimer ou pas son parti, mais ce dernier était doué d'une capacité de travail remarquable, d'une connaissance des dossiers redoutable et  il était capable d'aller à la rencontre de l'autre, de construire avec et non contre l'autre. Des qualités partagées plus tard par un autre conseiller d'Etat, Robert Cramer. Comme quoi, il n'est pas question ici de couleur politique mais de qualités humaines.

 

23/06/2010

La belgitude nous guette

« On ne peut plus continuer comme ça. Le pays est bloqué depuis 3 ans. Les partis traditionnels ne se mettent d’accord sur rien…. Ce que nous voulons, c’est une Belgique qui fonctionne. » De tels propos, on peut les entendre aussi dans les rues de notre pays.

Les membres du Conseil fédéral parlent-ils encore ensemble ? Ont-ils encore une vision politique commune  ou une vision politique tout court ? Et les partis, savent-ils encore faire autre chose que d’attiser le feu ?  La victoire du N-VA, parti autonomiste flamand et les réflexions belges devraient nous faire réfléchir.

Au risque démenti de scission du pays qui depuis trop longtemps s’entredéchire et se cherche une identité nationale (mais qui croit encore aux démentis ?) d’autres opposent une opportunité de mettre enfin tous les politiques face à leurs obligations. Et d’imaginer même une coalition des extrêmes (N-VA et PS) rendue inévitable par le vote sanction du peuple. (mais qui croit encore à la coalition UDC et PS après le fiasco du vote sur l'UBS ?  Voir commentaire ci-dessous)

Ici aussi les politiques, trop occupés à se chercher des noises, oublient que le peuple les a élu afin qu’ils trouvent des solutions aux problèmes de logement, d’emploi, de transport, de sécurité, d’intégration, de qualité de vie, etc. Montrons-nous capables d’écouter l’autre, de communiquer et de travailler ensemble pour le meilleur et non pas pour le pire. Il est urgent d’éviter la belgitude.

 

Le fiasco du vote sur l'UBS

La Confédération se tient à disposition des autorités fiscales américaines pour examiner et traiter de demandes administratives complémentaires « si ces demandes se fondent sur un ensemble de circonstances et de faits équivalents à ceux de l’UBS. » Vous l'avez deviné, cet extrait est tiré de l’accord UBS/Etats-Unis signé par la Suisse. La suite est donc annoncée par les Etats-Unis. Inutile d’être devin pour s’imaginer que bien d’autres pays, ne manqueront pas de s’engouffrer dans la brèche ouverte et acceptée par le Conseil national la semaine passée. Les Etats Unis et l’UBS ont gagné à cause de l’abstention de l’UDC. Le parti du peuple s’inclinant devant la grande finance ? Le parti de l’indépendance de la Suisse, s’inclinant devant une puissance étrangère ? Où est la fière et insoumise UDC qui seule contre tous se battait contre l’adhésion à l’Europe ? On nous prédisait alors un avenir encore bien plus sombre qu’en cas de refus de l’accord avec les Etats-Unis. Mais l’UDC a cru en la Suisse et ne s’est pas laissé impressionner, le peuple l’a suivi et la Suisse a vécu depuis 1992 dans la prospérité.

Aujourd’hui, l’UDC a plié, face aux pressions et à la logique froide de la finance. Elle, le parti du peuple, ne l’a pas écouté et n’a même pas voulu que ce dernier s’exprime.

La droite portera la responsabilité de cet accord et l’UDC avec, à l’exception remarquable de quelques courageux collègues qui ne se sont pas laissés impressionner, qui ont refusé de retourner leur veste face au diktat zurichois, et qui ont voté non avec… les socialistes.