08/02/2012

Vol au-dessus des lois

La Chine ne veut pas payer la taxe carbone imposée à tous les vols traversant le ciel européen. Craignant les mesures de rétorsion du géant, le nain européen, sans doute, laissera faire, tandis que d'autres, la Suisse en tête des bons élèves, s'y plieront sans broncher, comme toujours et comme dans tant d'autres domaines. Soupir. Ce n'est pas comme ça qu'on sauvera la planète.

En matière de droit de polluer, notre comportement individuel n'a guère à envier à celui du géant. Le traffic aérien à Cointrin atteint des sommets: 13 millions aujourd'hui, 20 millions demain. Quand donc cesserons-nous de nous balader dans les airs pour un rien? Je suis stupéfaite de l'attitude de tant de Verts à vélo qui fustigent l'automobiliste qui a, encore, l'outrecuidance de se rendre au boulot en voiture alors que, pour des vacances, ces mêmes Verts n'hésitent pas à exploser leur quota de CO2 ! On pollue aujourd'hui davantage pour les loisirs que pour les déplacements professionnels, nous avons perdu tout sens des proportions.

J'ai grandi au milieu des avions, l'odeur du kérosène avait un air de famille. Il a depuis pris un goût amer, j'ai repris pied sur terre car les lointains voyages ne me font plus rêver. L'aéroport, ce passage obligé, est aujourd'hui truffé de files d'attente, de fouilles sécuritaires et de boutiques partout pareilles. On nous entasse dans des avions aux menus insipides pour rejoindre des pays en perte d'identité. La mondialisation a tout nivellé mais grâce à elle, j'ai redécouvert le plaisir des voyages de proximité, et mieux encore, de rester chez moi.

Il est vrai que j'ai la chance de vivre en villa et de profiter d'un jardin plein de vie. Ce privilège à un prix, celui épargné durant des années. J'ai choisi d'investir dans la pierre, plutôt que de m'envoler dans les airs.  A l'heure où l'on fustige le propriétaire, il serait bon de penser qu'à entasser des locataires dans des logements sans âme et sans jardin, le corollaire est que celui-ci n'aura en tête que de s'évader par tous les moyens, vers des espaces plus grands, plus verts et plus accueillants qui, forcément, du fait du développement urbain, se trouveront toujours plus loin.

C'est sans doute la raison qui pousse notre cher aéroport à cacher sa vision du territoire à ceux-là même qui s'en préoccupent. S'il leur venait de partager leurs vues, ils pourraient être surpris de leur concordance: on rase les villas situées trop près d'un aéroport toujours plus gourmand et on s'assure de fait, des futurs voyageurs en quête de jours meilleurs situés forcément, ailleurs.

J'affabule ? Mais alors pourquoi l'aéroport cache-t-il son plan directeur ? D'où les questions que j'ai posées le 6 février 2012 sous la forme de 2 interpellations urgentes au Grand Conseil :

Comment aboutir à un plan guide crédible si celui-ci ne tient pas compte du plan directeur de l’aéroport international de Genève ?

L’aéroport international de Genève est-il au-dessus des lois en matière d’aménagement du territoire?

 

 

 

20/04/2010

20 avril, la valse des avions recommence dans le ciel européen

4 jours de calme, de chants d'oiseaux, de joyeux bourdonnements d'abeilles, que du bonheur, j'ose avouer qu'en tant que riveraine, j'ai apprécié cette parenthèse sans avions. Bonheur bien égoïste diront tous ceux qui coincés malgré eux à l'autre bout du monde désespèrent de rentrer chez eux. Pour tous ceux là oui, j'ai eu bien des pensées émues, car personne ne méritait de faire les frais des frasques d'un fumeux volcan. D'un autre côté, j'aimerais bien savoir combien de tonnes de carbone a-t-on ainsi évité de rejeter  ? Ce calcul mériterait d'être fait au moins autant que celui des coûts, sans aucun doute gigantesques, qui accablent nos compagnies d'aviation aujourd'hui. Demain, c'est à nos gouvernements que l'économie demandera des comptes. Et je n'ose imaginer l'énergie que nous dépenserons à rechercher le coupable. Alors que le coupable au final, c'est nous tous autant que nous sommes. Malgré nos belles paroles, nos sommets laborieux, nous ne parvenons toujours pas, de nous-mêmes à mettre un frein à notre frénésie dévoreuse d'énergie. A ce propos, regardez une journée de traffic arérien dans le ciel mondial http://www.youtube.com/watch?v=o4g930pm8Ms&feature=re...

Ce grounding forcé  devrait nous inciter à réfléchir, à saisir l'opportunité de la crise pour prendre des décisions, à changer le cap pointé droit dans le mur. A-t-on véritablement besoin de de tous ces déplacements effrénés ? Nos moyens de communication ne pourraient-ils remplacer plus d'une rencontre à commencer par celle de Mexico, suite pathétique à n'en pas douter du sommet de Copenhague. Et combien sommes-nous à avoir renoncé aux voyages d'agrément à l'autre bout de la planète, ou aux longs week-ends arrosés au kérosène ?

J'aurai tellement aimé qu'on parvienne volontairement à dégager ne serait-ce qu'un jour dans l'année le ciel des avions, la planète aussi sans doute. A défaut de choisir l'agenda de notre propre gré, je crains bien que ce soit elle qui nous impose le sien demain plus encore qu'aujourd'hui.